Archives des tags : roman au cœur du roman

HHhH roman

15 juin

HHhH

Laurent Binet

Aux éditions Grasset, 448 pages

image

 

«HHhH» maintenant je sais exactement où sont placées les majuscules de cet acronyme de «Himmler Hirn heisst Heydrich» le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich!
Reinhard(t) Heydrich, la bête blonde, le nazi responsable de la solution finale, les chambres à gaz. Ce récit est une enquête minutieuse, un long travail d’archivage de l’ascension jusqu’à la chute de ce démon… Une lecture intense!

Présentation éditeur

Deux parachutistes tchécoslovaques envoyés par Londres sont chargés d’assassiner Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo, chef des services secrets nazis, planificateur de la solution finale, protecteur de Bohème-Moravie, surnommé « le bourreau », « la bête blonde », « l’homme le plus dangereux du IIIe Reich ». Après des mois de préparation, il est finalement abattu dans sa Mercedes. Il s’ensuit une folle traque qui se termine dans une église du centre de Prague. HHhH est un acronyme inventé par les SS qui signifie en allemand : « le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich » (Himmlers Hirn heisst Heydrich). L’essentiel de l’histoire se situe entre 1938 et 1942. Le récit est structuré comme un entonnoir : des chapitres courts relatent différents épisodes en divers lieux et à diverses époques, qui tous convergent vers Prague où s’est déroulé l’attentat. Tous les personnages de ce livre ont réellement existé ou existent encore. L’auteur a rapporté les faits le plus fidèlement possible mais a dû résister à la tentation de romancer. Comment raconter l’Histoire ? Cette question conduit parfois l’auteur à se mettre en scène pour rendre compte de ses conditions d’écriture, de ses recherches, de ses hésitations. La vérité historique se révèle à la fois une obession névrotique et une quête sans fin.

La bibliothèque du docteur Lise

11 avr

La Bibliothèque du Docteur Lise

Mona Thomas

aux éditions Stock, collection La Forêt, 208 pages

image

 

Le docteur Lise , Lise Ménard est medecin  cancérologue. Chaque jour elle soigne, elle annonce des diagnostics, met en œuvre des thérapies, combat le mal. Sa force elle la trouve dans sa bibliothèque, dans ses lectures.

Roman ou  essai, au travers de ces entretiens, on découvre un hommage à l’écrivain et aux soignants.

Présentation éditeur

La bibliothèque du docteur Lise est l’histoire d’une cancérologue, de nos jours, à Paris, qui vivrait moins bien, qui soignerait moins bien sans la compagnie des livres. Pas tout à fait récit, pas tout à fait essai ni roman, ce texte généreux et inventif à l’humour vif met en scène le docteur Lise dans son quotidien hospitalier, face aux malades, aux familles, aux questions graves parfois inconvenantes que posent toutes les étapes de la maladie.
C’est avec l’aide de grands écrivains comme Philip Roth, Thomas Bernhard, Norman Mailer, Céline, Tolstoï, Henry James, Cormac Mac Carthy, Malcolm Lowry, Franz Kafka ou Robert Antelme (pour n’en citer que quelques-uns) que le médecin approche au plus juste l’âme et le corps humain et saisit de l’intérieur les incarnations de la douleur, la peur, la honte, la frustration, la déchéance mais aussi le désir, le sexe et le scandale de la mort. De même, le docteur Lise mesure le point commun entre l’art de soigner et l’art d’écrire : l’absence de jugement, qui fait que chaque patient se doit d’être « considéré comme une personne, voire un personnage, et pas uniquement un malade ».
Mais outre le fait que la littérature aide le docteur Lise à mieux soigner, elle étanche aussi le besoin de poésie et de beauté de cette femme de cinquante ans, cigarette aux lèvres, dissidente à sa façon, que la machine hospitalière pourrait broyer. Peu disposée à se soumettre aux discours dominants que subit la profession et aux conditions de travail parfois irrecevables, le docteur Lise, en brandissant la voix et le souffle des écrivains, donne vie et sens à chacun de ses gestes, et un visage à chacun de ses patients.

La Liseuse

5 avr

La Liseuse

Paul Fournel

aux éditions P. O. L, 224 pages

image

 

Paul Fournel est membre de l’OuLiPo, l’Ouvroir de Littérature Potentielle, la littérature potentielle selon Queneau étant « la recherche de formes, de structures nouvelles et qui pourront être utilisées par les écrivains de la façon qui leur plaira ». C’est aussi inventer des contraintes nouvelles susceptibles de permettre la production d’œuvres originales… La contrainte oulipienne dans « La disparition » de Georges Perec est l’absence du « e » qui signifierait sans « eux  » ses parents, morts pendant la guerre. Dans « La Liseuse » la contrainte que s’est fixé Paul Fournel est:

« de donner au livre une forme fixe, mesurée au signe près afin que quiconque y entrera pour en changer une lettre en anéantira le projet. Ce texte épouse donc la forme d’une sextine, forme poétique inventée au XIIe siècle par le troubadour Arnaut Daniel. Il en respecte le nombre des six strophes et la rotation des mots à la rime… Les vers sont mesurés. Comme ils servent à compter le destin d’un homme mortel, cette mesure subit une attrition (boule de neige fondante): la première strophe est composée de 7500 signes et blancs, la deuxième de 6500 signes et blancs et ainsi de suite jusqu’à la sixième qui comporte des vers de 2500 signes et blancs. L’ensemble constituant un poème de 180000 signes et blancs ». Extrait de : www.paulfournel.net

Dans ce texte, on découvre le fonctionnement d’une maison d’édition où se côtoient best-sellers pour la sécurité et jeunes auteurs pour lesquels il est important de prendre des risques, engranger de nouveaux talents pour le futur…

On y retrouve le pouvoir de l’argent, des médias, l’art de fabriquer un auteur à succès.
La liseuse côtoie le livre papier, elle devient l’instrument de travail, Gutenberg chez les geeks…

Quatrième de couverture

La stagiaire entre dans le bureau de Robert Dubois, l’éditeur, et lui tend une tablette électronique, une liseuse.
Il la regarde, il la soupèse, l’allume et sa vie bascule. Pour la première fois depuis Gutenberg, le texte et le papier se séparent et c’est comme si son coeur se fendait en deux.

Présentation de l’éditeur (P.O.L.):

Depuis 1452 et la parution de la Bible à 32 lignes de Gutenberg, le texte et le livre ont partie liée : publier un texte c’est faire un livre, lire un livre, c’est lire un texte, acheter un texte, c’est acheter un livre.
Ce récit commence le soir où la petite stagiaire discrète apporte à Robert Dubois le vieil éditeur, encore directeur de la maison qui porte son nom, sa première liseuse. Ce bel objet hightech qui le regarde de son écran noir, lui annonce que sa vie est en train de basculer. Que va devenir son métier maintenant que le texte et le papier se séparent ? Quelque chose couve qui pourrait fort bien être une révolution. Il le sait et cette perspective le fait sourire.
La vie continue pourtant à l’identique, Dubois déjeune avec ses auteurs, voyage chez les libraires, rencontre les représentants, mais il porte sa liseuse sous le bras qui lui parle déjà d’un autre monde. Celui qu’il va aider des gamins à bâtir, celui dont il sait qu’il ne participera pas.
De toute la force de son humour et de son regard désabusé et tendre il regarde changer son monde et veille à garder, intact au fond de lui, ce qui jamais ne changera : le goût de lire.

 

 

 

Quel trésor!

31 mar

Quel trésor!

Gaspard-Marie Janvier

aux éditions Points, 360 pages

image

Les Hébrides vous connaissez? David Blair, l’héritier d’ une maison d’éditions écossaise au bord de la faillite découvre dans un vieux dossier une vieille carte. Serait-ce l’originale de la carte dessinée par R. L. Stevenson pour « L’ île au trésor »? Alors que les experts débattent, Blair s’échappe vers l’archipel des Hébrides et embarque pour une fabuleuse chasse au trésor…

DEFI LECTURE 2017, catégorie 59: lire un roman contenant une carte 22/80

Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary

14 mar

Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary

Philippe Doumenc

Actes Sud, 190 pages

contre-enquete sur la mort d'emme bovary

 

Et si ce n’était pas un suicide…? Philippe Doumenc reprend et décortique les derniers jours de la belle pour échafauder sa théorie, une véritable enquête littéraire. Tous les protagonistes sont auditionnés, chacun retrouve un rôle dans ce nouveau scénario.

Une enquête policière menée avec justesse et le style d’écriture dépoussièrent et accordent une deuxième vie aux personnages du roman et à Flaubert lui-même.

…La foule maintenant avait quitté l’église et marchait dans la neige. Des femmes en coiffe, des hommes en grosse blouse bleue et foulard rouge ou noir se joignaient au cortège. Le bedeau referma la porte, les chants s’élevèrent, la procession se dirigea vers le cimetière.

Un instant, au coin de la rue, vêtu d’une sorte de houppelande, un jeune homme passa, apparition assez splendide si l’on peut dire. Sa haute taille, ses yeux clairs, ses longues moustaches blondes évoquaient quelque passé de guerrier viking, un ancêtre de ces villageois de Basse-Normandie. D’où diable sortait ce personnage ?

« Qui est-ce ? demanda Remi.

- Jamais je ne l’ai vu, dit Tuvache.

-Moi je sais qui c’est, fit Delévoye. C’est Gustave, l’un des deux fils du professeur Achille Flaubert, le professeur à la faculté de médecine de Rouen. Il se croit doué pour les gazettes, il veut écrire des romans, cette idée! Que fait-il ici, est-il à la recherche d’un sujet? Un goujon, la gueule toujours ouverte pour gober ce qui se passe à portée et le régurgiter à sa manière. Du monde à éviter. »

Présentation éditeur
Elle s’appelle Emma Bovary et son histoire est célèbre. Amoureuse de l’amour, elle a vécu d’illusions, trompé son mari et ruiné son ménage. Dans un geste de désespoir, elle se tue en absorbant une forte dose d’arsenic – c’est du moins ce que prétend Flaubert. Or c’est un fait reconnu que l’arsenic, en une seule prise, n’est presque jamais mortel…
Voici ce qui s’est réellement passé : au chevet de la jeune femme, deux médecins ont été appelés. L’un relève des traces discrètes de contusions ; l’autre pourra témoigner des derniers mots chuchotés par Emma : “Assassinée, pas suicidée.” Deux policiers de Rouen sont dépêchés àYonville afin d’élucider l’affaire. Et voilà bientôt plusieurs suspects : un mari cocu, un prêteur sur gages, deux femmes de caractère, un cynique libertin, un pharmacien concupiscent…
Dans le décor médiocre et petit-bourgeois où Emma suffoquait d’ennui, Philippe Doumenc orchestre une contre-enquête brillante et talentueuse qui nous révèle enfin ce que Flaubert lui-même feignait d’ignorer.
Philippe Doumenc, qui a fait carrière dans l’aviation longcourrier, vit à Paris. Il est l’auteur de trois autres romans – Les Comptoirs du Sud (Seuil, prix Renaudot, 1989), En haut à gauche du paradis (Seuil, 1992), Les Amants de Tonnégrande (Seuil, 2003) – et d’un recueil de récits : Un tigre dans la soute (Actes Sud, 2008). 

L’art dans les premières de couverture

image

La Somnolente

Friedrich von Amerling (1803-1887)

DEFI LECTURE 2017.

La bibliothèque des cœurs cabossés

29 juil

La Bibliothèque des cœurs cabossés
KATARINA BIVALD
Traduit du suédois par Carine Bruy
Aux éditions Denoël, 496 pages, emprunt médiathèque

image

Présentation de l’éditeur
Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l’Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine.
Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l’aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance.
Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel…

En deux mots: Romance – Bibliographie

Sara, jeune suédoise est invitée chez feu Amy, vieille dame de l’Iowa, toutes deux passionnées de romans. Tout le village est réuni chez la défunte pour un dernier hommage lorsque Sara débarque avec sa valise et treize romans…
Après « 84, Charing Cross Road », « Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » ce roman est un bel hommage aux livres et aux lecteurs. La bibliographie est impressionnante, une liste de quelques auteurs cités
« Millenium » de Stieg Larson, « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » de Harper Lee, « Une jeune fille démodée » de Louisa May Alcott, « Les quatre filles du docteur March », Terry Pratchett,  » Gagner l’autre rive » de Ulla Carin Linqvist, Liza Marklund, « Hamilton » de Jan Guillou, Camilla Läckberg, « Péché mortel » de Laurie Breton, « La couleur des sentiments » de Kathryn Stockett, Jane Austen « Dewey le chat de bibliothèque », « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » de Nicholas Evans, « Beignets de tomates vertes » de Fanny Flagg, Marian Keyse, « Eragon », « 84, Charing Cross Road » de Helen Hanff, « Bridget Johns » de Helen Fielding,

Le mystère Henri Pick

9 juil

Le mystère Henri Pick de David Foenkinos

Aux éditions Gallimard, collection Blanche, 295 pages, version ebook emprunt médiathèque.

image

 

Quatrième de couverture

En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses… Aurait-il eu une vie secrète? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination? Récit d’une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu’un roman peut bouleverser l’existence de ses lecteurs.

Mon avis

Certes, c’est astucieux… la bibliothèque des livres refusés ou comment fabriquer un best-seller. Ce récit est surprenant, développant le sens (de la) critique.

Soixante-neuf tiroirs

20 mar

Soixante-neuf tiroirs de Goran Petrovic
aux éditions du rocher, collection Motifs, 450 pages

image

Quatrième de couverture

Lire n’est pas une activité innocente.
C’est aussi vivre dangereusement, comme le montrent les aventures extraordinnaires des personnages de ce roman, lecteurs passionnés qui mènent une double vie et qui se rencontrent entre leur réalité quotidiennes et leurs lectures.
Ainsi, Adam se plongeant littéralement dans un texte, s’aperçoit vite qu’il n’est pas seul. D’autres lecteurs le hante, parmi lesquels une vieille dame excentrique, un ancien agent d’une section très spéciale des services secrets, une jeune fille au parfum câlin.
Ecrite par l’un des meilleurs écrivains serbes contemporains, l’histoire surprenante qui tisse ce roman est un éloge ludique des grands espaces de lectures sans lesquels certains d’entre nous ne sauraient respirer.

Traduit du serbe par Gojko Lukic et Gabriel Iaculli.

Mon avis
C’est un roman surprenant et original, soixante-neuf paragraphes pour inciter le lecteur, le personnage de l’histoire qui, s’il en possède les capacités, entre à l’intérieur du roman (ou du journal) et croise d’autres lecteurs, déambule dans un jardin, s’installe à une terrasse, prend possession du décor. Ainsi, en plein hiver, il peut se retrouver sur une plage ensoleillée et une fois sa lecture terminée, de retour dans son fauteuil secouer ses chaussures pleines de sable… constater des petits changements dans sa tenue.

C’est une lecture agréable, les personnages de ce roman oscillent entre présent et plaisir de la rencontre imaginaire.

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus