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Cette nuit, je l’ai vue

18 jan

Cette nuit, je l’ai vue

Drago Jančar

Traduit par Andrée Lück-Gaye, 224 pages

Prix du meilleur livre étranger 2014

 

cette nuit je l'ai vue

Quatrième de couverture

Veronika Zarnik est de ces femmes troublantes, insaisissables, de celles que l’on n’oublie pas. Sensuelle, excentrique, éprise de liberté, impudente et imprudente, elle forme avec Leo, son mari, un couple bourgeois peu conventionnel aux heures sombres de la Seconde Guerre mondiale, tant leur indépendance d’esprit, leur refus des contraintes imposées par l’Histoire et leur douce folie contrastent avec le tragique de l’époque.

Une nuit de janvier 1944, le couple disparaît dans de mystérieuses circonstances, laissant leur entourage en proie aux doutes. Qui était vraiment Veronika ? Quelle fut vraiment sa vie ? Que cachait-elle ?

Cinq proches du couple tentent alors de cerner l’énigmatique jeune femme et délivrent, par fragments, les nombreuses facettes de sa personnalité, et ainsi reconstruisent son histoire, celle de son mari et celle de la Slovénie. Une oeuvre polyphonique magistrale !

ILS EN PARLENT…

« Il nous livre là un roman magnifique, rédigé d’une plume délicate faisant contraster la dureté de la guerre et une écriture aussi foisonnante que poétique. »

« Les Coups de cœur Payot ». Le Nouvelliste.

« Cette nuit je l’ai vue est un puzzle qui rassemble le crépuscule et l’aurore. Chaque personnage a son timbre unique, ses accentuations différentes. Jančar entend ce qu’il écrit, raison pour laquelle il compte parmi les auteurs les plus marquants d’aujourd’hui. »

Transfuge.

« Continûment servi par une traduction inspirée, le texte aux infinies nuances de Drago Jančar s’élève à ces hauteurs d’où rayonnent les chefs d’œuvre, qui éclairent les convulsions de l’Histoire. »

Jean-Claude Lebrun. L’Humanité.

 

L’auteur

Drago Jancar est né en 1948 à Maribor, dans une Slovénie alors englobée dans la « République fédérative socialiste de Yougoslavie ». Son père a été interné en camp de concentration pour faits de résistance contre l’occupant nazi. Dès ses études de droit, Jancar, rédacteur d’un journal étudiant, s’attire des difficultés de la part du régime. En 1974, il est condamné à un an de prison pour « propagande en faveur de l’ennemi ». Entre 1978 et 1980, il travaille à Ljubljana pour des studios cinématographiques mais, là encore, se heurte à la censure.

En 1981, il entre comme secrétaire aux éditions Slovenska Matica où il travaille aujourd’hui encore comme éditeur. Il se lie d’amitié avec le grand écrivain slovénophone de Trieste Boris Pahor auquel il rendra hommage en 1990 dans son essai L’homme qui a dit non. Ce n’est qu’après la mort de Tito en 1980 qu’il peut donner libre cours à son œuvre de romancier, nouvelliste et dramaturge.

En 1987 Drago Jancar est l’un des signataires du manifeste des intellectuels pour une Slovénie démocratique et indépendante. De 1987 à 1991, il prend une part de plus en plus active à la démocratisation de son pays en tant que Président du PEN Club de Slovénie. Durant la guerre de Bosnie, il apporte publiquement son soutien aux Bosniaques et se rend à Sarajevo assiégée pour apporter des aides. Dans son « Rapport succinct sur une ville longtemps assiégée », il s’interroge sur le rôle des intellectuels dans les conflits ethniques ou nationaux. Il polémique sur ce sujet avec l’écrivain autrichien Peter Handke.

« Sismologue d’une histoire chaotique », Jancar choisit le plus souvent pour personnages des êtres marginalisés et écrasés par la société et pour lieux des espaces clos tels que prisons, casernes ou hôpitaux psychiatriques. Il se garde pourtant de verser dans la compassion ou la protestation. La distance et l’ironie sont la marque de son style.

Il a obtenu en 1993 le plus prestigieux des prix littéraires slovènes, le prix Preseren, pour l’ensemble de son œuvre. Il a également reçu en 1994 le Prix européen de la nouvelle, en 1997 le Prix autrichien Jean Améry et en 2003 le Prix Herder. Ses récits et essais son traduits en plus de vingt langues. Son théâtre a été représenté dans de nombreux pays et est régulièrement joué en Slovénie.

 

Extrait

Ce matin, vers huit heures, en revenant de ma promenade à Luitpoldpark – si on peut appeler promenade un déplacement avec une canne- , j’ai trouvé dans ma boîte une lettre curieuse qui m’a brutalement ramené à l’époque où je servais dans les montagnes de Slovénie. Un parfait inconnu, un nommé Franc Gorisek, me demande si j’ai des renseignements sur un couple, Veronika et Léo Zarnik, disparu pendant la guerre. Cela m’a mis de mauvaise humeur, quels renseignements devrais-je avoir?

 

Mon avis

Cinq personnes, proches de Veronika se rappellent cette jeune femme pétillante. Mais que lui est-il arrivé cette nuit là? Chacun tente de se rapprocher de la vérité sans vouloir vraiment la connaître ou la reconnaître, entre nazisme et communisme aux heures les plus sombres de cette période tourmentée.

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