Archives des tags : Littérature scandinave

Un mirage finlandais

27 mai

Un mirage finlandais

Kjell Westö, traduit du suédois (Finlande) par Jean-Baptiste Coursaud

Aux éditions Autrement

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Coup de projecteur sur la Finlande.

Les années 30, sur fond de vengeance, nous en apprenons un peu plus sur ce pays tiraillé entre la Russie communiste et l’Allemagne nazie.

Quatrième de couverture

« Le Club du mercredi avait commencé, des gloussements virils lui parvinrent dès qu’elle monta l’escalier en pierre. Matilda distingua la voix de Thune, celle de Grönroos, et d’autres aussi. Elle se figea. »
Matilda est une sténodactylo hors pair. Elle travaille à Helsinki pour l’avocat Claes Thune. Ce soir de mars 1938, le Club du mercredi – un groupe de gentlemen qui se retrouvent chaque mois pour refaire le monde – est réuni dans le cabinet de son patron. Soudain, Matilda reconnaît la voix d’un homme qu’elle aurait préféré oublier… La vengeance n’est-elle pas un plat qui se mange froid ?
Kjell Westö signe un remarquable roman à suspense avec, en toile de fond, une Finlande méconnue, écartelée entre l’Union soviétique et l’Allemagne.
« Une réussite spectaculaire. » Svenska Dagbladet
« Un coup de maître ! » Neue Zürcher Zeitung
Grand Prix de littérature du Conseil nordique 2014

L’art dans la première de couverture

Catherine Abel est une artiste peintre australienne née en 1966. Son travail, d’inspiration art déco est un hommage à la féminité.

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Les prophètes du fjord de l’Éternité

24 mar

Les prophètes du fjord de l’ Éternité
Kim Leine traduit du danois par Alain Gnaedig
Aux editions Gallimard, collection Du monde entier, 550 pages

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Ce roman est dense, foisonnant, une saga très documentée servie par une écriture fluide pour une histoire difficile en milieu hostile.
Je me suis attachée au personnage de Morten Falck divaguant d’un fjord a l’autre à la recherche de la liberté, ressassant en permanence une phrase de Rousseau que Kristine (sa sœur) avait citée « L’homme est né libre et partout il est dans les fers! »
Morten Pedersen aurait aimé être médecin, mais son père qui détient les cordons de sa bourse exige de lui qu’il soit pasteur, soit… Après de longues années d’études le voilà au bout du bout du monde… Il côtoie les sauvages en quête de devenir et la colonie danoise raciste et corrompue de ce comptoir ravitaillé une fois l’an.
C’est une course effrénée entre évangélisation et respect des coutumes, la vie mise à nue dans ce coin de terre isolé.

Présentation éditeur
Morten Perdersen Falck a vingt-six ans lorsqu’il arrive à Copenhague pour étudier la théologie. Il loge chez un imprimeur où il découvre la sensualité et l’attraction des corps au contact de la fille aînée de la famille. Passionné de dessin et d’anatomie, il suit également des cours de sciences naturelles jusqu’à son prêche d’examen qui lui permet d’obtenir son diplôme. Il est alors repéré par l’évêque du Groenland qui le pousse à accepter un poste de pasteur dans la colonie danoise. Il embarque finalement en 1787.
La traversée est longue et éprouvante mais Morten Falck finit par rencontrer les habitants de Sukkertoppen, colons ou autochtones, dans cette petite station isolée de la côte ouest du Groenland. Les relations avec la couronne danoise et la mission évangélique sont tendues, surtout dans le fjord de l’Éternité où deux Groenlandais baptisés, Hababuk et sa femme, ont pris la tête d’une communauté dissidente. Les prophètes, adeptes d’un christianisme primitif, gênent autant qu’ils attirent Morten Falck…
Alors que la maladie et les propres contradictions du pasteur le dévorent un peu plus chaque jour, il essaie de poursuivre sa mission quel qu’en soit le prix, guidé par son esprit humaniste et la lecture de Rousseau. Kim Leine nous plonge dans son quotidien, dans un monde où les peuples malmènent les institutions et la foi, où les colons échouent face à la nature. Il redessine avec subtilité ce Groenland qui a fasciné, pendant des siècles, nos plus grands explorateurs.

 

Rockwell Kent, artiste américain (1882-1971)

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Les Oiseaux

8 août

Les Oiseaux

Tarjei Vesaas, traduit du norvégien et présenté par Régis Boyer, illustration de couverture de Gilles Chapacou

collection de l’atelier Furtif, aux éditions Plein Chant, 266 pages

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quatrième de couverture

Il est des choses qu’il vaut mieux ne pas approfondir ou dont mieux vaut ne pas parler. Mattis le sent obscurément,tel le fait que l’on a donné son nom et celui de sa soeur Hege aux trembles morts émergeant des sapins proches de leur maison. Ou encore que les gens l’appellent ahuri, quand ils ne se doutent pas qu’il les entend, et rechignent à lui confier un travail quelconque. Lui non plus n’aime pas en demander. il sait trop quel désarroi le saisit presque aussitôt. Mattis préfère rêver dans la forêt, écrire dans la boue un message d’amitié à un oiseau. Tout lui est signe et présage: cette bécasse qui survole son logis et qu’un chasseur tue par sa faute, ce tremble que foudroie l’orage et qui représente lui ou Hege… Que Hege meure ou cesse de s’occuper de Mattis, comment vivrait-il? L’idée chemine dans son esprit et l’obsède quand, devenu passeur sur le lac, il amène chez eux Jörgen le bûcheron. Petite âme à demi éveillée, coeur d’oiseau qui se débat dans les brumes où s’enveloppe pour lui le monde réel, Mattis en vient à forger son propre destin et c’est ce qui rend si poignante cette histoire d’un simple où Tarjei Vesaas transcrit l’inexprimable enfoui au fond des êtres.

L’auteur

Issu d’une famille de paysans norvégiens, Tarjei Vesaas est né en 1897. Après l’école primaire, il travaille avec son père mais commence très tôt à écrire. Il publie son premier roman à 26 ans. Des bourses lui permettent de voyager à l’étranger. Quand il revient en Norvège, c’est pour vivre dans son district natal et se consacrer à son oeuvre littéraire. Du romantisme, après une période réaliste, il a évolué vers le symbolisme. Les oiseaux appartiennent à cette dernière période. Disparu en 1970, Tarjei Vesaas est considéré comme l’un des plus grands écrivains norvégiens.

 

 

La bibliothèque des cœurs cabossés

29 juil

La Bibliothèque des cœurs cabossés
KATARINA BIVALD
Traduit du suédois par Carine Bruy
Aux éditions Denoël, 496 pages, emprunt médiathèque

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Présentation de l’éditeur
Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l’Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine.
Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l’aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance.
Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel…

En deux mots: Romance – Bibliographie

Sara, jeune suédoise est invitée chez feu Amy, vieille dame de l’Iowa, toutes deux passionnées de romans. Tout le village est réuni chez la défunte pour un dernier hommage lorsque Sara débarque avec sa valise et treize romans…
Après « 84, Charing Cross Road », « Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » ce roman est un bel hommage aux livres et aux lecteurs. La bibliographie est impressionnante, une liste de quelques auteurs cités
« Millenium » de Stieg Larson, « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » de Harper Lee, « Une jeune fille démodée » de Louisa May Alcott, « Les quatre filles du docteur March », Terry Pratchett,  » Gagner l’autre rive » de Ulla Carin Linqvist, Liza Marklund, « Hamilton » de Jan Guillou, Camilla Läckberg, « Péché mortel » de Laurie Breton, « La couleur des sentiments » de Kathryn Stockett, Jane Austen « Dewey le chat de bibliothèque », « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » de Nicholas Evans, « Beignets de tomates vertes » de Fanny Flagg, Marian Keyse, « Eragon », « 84, Charing Cross Road » de Helen Hanff, « Bridget Johns » de Helen Fielding,

Bonita Avenue

29 juil

Bonita Avenue
de Peter Buwald, traduit du Néerlandais (Pays-Bas) par Arlette Ounanian
aux éditions Actes Sud, 508 pages

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Quatrième de couverture
Recteur d’une des plus grandes universités des Pays-Bas, Sigérius est un homme bien sous tous rapports, grand mathématicien et grand sportif, ancien champion de judo. À cinquante ans, il est pressenti pour devenir ministre de l’Éducation et entrer dans le cercle étroit du pouvoir. Chef heureux d’une famille recomposée, Sigérius a élevé les deux filles de sa seconde épouse. L’aînée, Joni, est une jeune femme brillante dont il est fier.
Compagne d’un photographe prénommé Aaron, Joni a mis au point un système pour booster en secret son ascension sociale. Mais c’est compter sans la libido paternelle : chaque nuit, Sigérius rejoint sur le Web quelques créatures de rêve. Ainsi découvre-t-il une beauté ravageuse, dont l’élégance suggestive lui rappelle étrangement… sa fille Joni.
Après vérification, la belle alanguie sur l’écran de ses nuits est bien Joni, laquelle évolue sur un site pornographique dont elle est l’unique propriétaire, une entreprise qui nourrit l’ambition dévorante de la jeune femme.
Ce premier roman est digne des plus grands textes de la littérature noire d’aujourd’hui. Milieu du sexe et puissance planétaire du Web, violence extrême de l’image et destruction de toute morale : l’histoire de cette jeune femme d’affaires met en scène de façon grandiose la perversité de notre époque. Dans un monde où personne n’est ce qu’il paraît être, où le scintillement des écrans cache un magma de pulsions et de vice, l’irruption de la vérité provoque une monstrueuse explosion qui propulse les individus sur l’orbite de destins incontrôlés.

L’auteur
Peter Buwald est né en 1971. Après avoir été journaliste et rédacteur dans une maison d’édition, il se consacre aujourd’hui à l’écriture. Bonita Avenue a remporté un immense succès aux Pays-Bas. Il est en cours de traduction dans de nombreux pays européens ainsi qu’aux Etats-Unis.

Le cantique de l’apocalypse joyeuse

22 juin

Le cantique de l’apocalypse joyeuse, de Arto Paasilinna aux éditions Denoël & d’ailleurs, 320 pages.

le cantique de l'apocalypse joyeuse

Quatrième de couverture
Planète Terre, XXIe siècle. La fin du monde approche, le chaos est partout. Alors que l’économie s’éffondre, le pétrole vient à manquer, les communications sont coupées, les villes croulent sous les déchets et la famine s’étend, aggravée par l’explosion d’une centrale nucléaire russe. Des hordes de miséreux sillonent les continents. La troisième guerre mondiale est sur le point d’éclater… Pourtant, quelque part au fin fons des forêts du Kainuu, dans l’est de la Finlande, un étrange havre de paix et de prospérité demeure. C’est là que, quelques années plus tôt, au seuil de la mort, un vieux communiste militant, grand bouffeur de curés, a chargé son petit-fils Eemeli Toropainen de construire sur ses terres, pour le rachat de son âme, une église en bois copiée sur un modèle du XVIIIe siècle. Autour d’elle, une communauté de joyeux et délirants Finlandais s’est peu à peu formée : ensemble ils revisitent les techniques de subsitance de leurs ancêtres et la vie en autarcie, loin du monde en déconfiture.
Avec l’humour qu’on lui connaît, Arto Paasillinna plaide pour un certain retour au bon sens paysan, à une vie plus simple et plus proche de la nature, loin des diktats de la société de consommation.

Les mots stavkirke ou stavkyrkje sont formés des mots « pieu » (stav) et « église » (kirke ou kyrkje), en raison des grands pieux enfoncés dans le sol et supportant la structure de l’édifice.Borgund

Borgund, Finlande

L’église de Borgund, la plus ancienne des églises en bois de la Finlande, construite vers 1150.
En savoir plus sur http://www.larousse.fr/encyclopedie/images/Borgund_Finlande/1313712#YypWuiuZejvoBTIH.99

En Mer

22 juin

En Mer, de Toine Heijmans, aux éditions Christian Bourgois, 168 pages.Traduit du néerlandais par Danielle Losman

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Quatrième de couverture
Las du quotidien de sa vie de bureau, Donald décide de partir naviguer seul pendant trois mois en mer du Nord. Maria, sa fille de sept ans, le rejoint pour la dernière étape qui doit les ramener du Danemark aux Pays-Bas, où ils retrouveront sa femme.
Mer étale, complicité entre le père et la fille: la traversée s’annonce idyllique. Mais rapidement, les nuages noirs se profilent à l’horizon, et Donald semble de plus en plus tourmenté. Jusqu’à cette nuit cauchemardesque où Maria disparaît du bateau alors que la tempête éclate…

L’auteur
Toine Heijmans est né en 1969 à Nimègue, dans l’Est des Pays-Bas. Pendant ses études d’histoire à l’Université de Nimègue, il a travaillé pour des quotidiens locaux. En 1995, il a rejoint la rédaction du journal De Volkskrant, à Amsterdam. Il est également l’auteur de trois ouvrages de non-fiction : La Vie Vinex, sur un nouveau quartier résidentiel d’Amsterdam, Die Asielmachine, qui se compose de témoignages de demandeurs d’asile aux Pays-bas et Respect !, sur le jeune milieu du rap en Europe. En mer est son premier roman.

Les mille et une gaffes de l’ange gardien Ariel Auvinen

19 mai

LES MILLE ET UNE GAFFES DE L’ANGE GARDIEN ARIEL AUVINEN
Arto Paasilinna ; traduit du finnois par Anne Colin du Terrail
Edité par Denoël. Paris , 2014, 209 pages

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Quatrième de couverture
On l’ignore, mais chaque année, dans l’église de Kerimäki en Finlande, a lieu un séminaire de formation des anges gardiens. Cinq cents d’entre eux y sont réunis et, en moins d’une semaine, l’ange Gabriel et ses assistants ont la lourde tâche de leur apprendre à protéger un mortel et à le guider sur le droit chemin.
Parmi les célestes apprentis se trouve Ariel Auvinen, ange aussi zélé que maladroit. Après sa formation théorique, Ariel est passé aux exercices pratiques. Pas très concluant : après avoir guidé sa protégée, une vieille dame un peu bigote, vers le bar local où elle s’est consciencieusement saoulée, il s’est essayé aux acrobaties aériennes, mais avec des ailes de dix mètres d’envergure ce n’est pas gagné !
On lui confie toutefois un mortel : Aaro Korhonen, homme en tous points respectable et capable de s’occuper seul de ses affaires. Même un ange aussi maladroit qu’Ariel Auvinen ne parviendra sans doute pas à semer la pagaille dans sa vie, et encore moins à l’exposer aux tentations du démon. C’est du moins ce que croit l’ange Gabriel…

Mon avis en deux mots : Ange – Démon
Sur une douzaine d’anges, dix se prénomment Gabriel, deux se prénomment Pierre. Mais au sein de cette joyeuse communauté batifolant et piaffant dans les cieux finnois, une seule de ces créatures ailées se nomme Ariel Auvinen ! L’ange Ariel Auvinen est un véritable cataclysme, une météorite dans un champ de blé balayé par le vent estival…son apprentissage est laborieux et sème la panique aux quatre coins du globe.
Avec une bonne dose d’humour, le lecteur participe à un road trip à bord de rutilants… corbillards. Arto Paasilinna ne manque pas d’imagination pour enchaîner les situations loufoques.
Un bon moment de lecture assuré !

Le Peigne de Cléopâtre

20 mar

Le peigne de Cléopâtre

Aux éditions Gaïa.
Roman traduit du suédois par Esther Sermage et Ophélie Alegre, 318 pages

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Quatrième de couverture
Mari, Anna et Fredrik, trois amis de longue date, ont monté une société au doux nom du Peigne de Cléopâtre. Leur créneau : résoudre les problèmes des gens. Chacun apporte ses compétences, qui en jardinage, qui en déco d’intérieur ou en comptabilité… et la PME se développe avec succès.
Chacun patauge quelque peu dans sa propre existence, en quête d’identité ou d’âme soeur, et trouve un réconfort non négligeable dans l’idée de venir en aide à autrui.
Jusqu’au jour où une vieille dame se présente avec une étrange requête : elle souhaite que Le peigne de Cléopâtre élimine son mari.
Difficile de résister à un filon qui promet d’être lucratif, et les candidats se bousculent bientôt au portillon.

L’auteure
Maria Ernestamest suédoise, elle vit à Stockholm. Éclectique, elle a multiplié les expériences artistiques: chanteuse, danseuse, mannequin, comédienne, journaliste et auteur. L’écriture s’est imposée naturellement comme son moyen d’expression privilégié.
Le Peigne de Cléopâtre est son troisième roman traduit en français, après Toujours avec toi (2010) et Les oreilles de Buster (2011), prix Page des Libraires et Prix des lecteurs de l’Armitière.

Mon avis
De la belle ouvrage Madame!
C’est une belle histoire d’amitié avec suffisamment d’intrigue pour captiver le lecteur.
il faut dire que cette histoire est peu banale.
Trois amis créent leur société de service en tout genre, mais respectable, jusque là rien de particulier, juste un concept innovant. Des petits travaux de routine sont exécutés par les trois compères, Mari, Anna et Fredrik.
Tout est dans leurs cordes, jusqu’au jour où… Une vieille dame débarque dans le café qui abrite leur QG, elle a une demande étrange. Anna la connaît bien cette vieille dame, Elsa, qui est harcelée et molestée par son mari, Anna voit tout de la fenêtre de son appartement. La joyeuse bande d’amis hésite, le meurtre, requête de cette adorable mamie n’est pas au menu des services, ni de leurs compétences. Elsa leur propose une somme rondelette pour ce travail, une belle enveloppe qui arrangerait bien les affaires de chacun. Mais ils ont une conscience professionnelle et ils hésitent… Pourtant ce serait si facile, le bonhomme est âgé, malade du cœur, alcoolique et méchant…
Finalement, lequel des trois a accepté l’offre? Le doute s’insinue, personne n’a eu une vie banale, alors tout est possible.
Avec ce roman, on ne sombre pas dans la monotonie. Une intrigue, plusieurs petits secrets et un soupçon d’humour sont les ingrédients de la recette.
La lecture est facile, les personnages émouvants et tellement sincères, afin presque.
J’ai passé un très bon moment et je recommande vivement cet ouvrage

D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds

21 fév

D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds

Jón Kalman Stefansson

Chronique familiale [Fiskarnir hafa enga fætur]
Trad. de l’islandais par Éric Boury
Collection Du monde entier, Gallimard, 448 pages
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«Elle est plus belle que tout ce qu’il a pu voir et rêver jusque-là, à cet instant, il ne se souvient de rien qui puisse soutenir la comparaison, sans doute devrait-il couper court à tout ça, faire preuve d’un peu de courage et de virilité, pourtant il ne fait rien, comme s’il se débattait avec un ennemi plus grand que lui, plus fort aussi, c’est insupportable, il serre à nouveau les poings, récitant inconsciemment son poème d’amour. Elle s’en rend compte et lui dit, si je dénoue mes cheveux, alors tu sauras que je suis nue sous ma robe, alors tu sauras que je t’aime.» Ari regarde le diplôme d’honneur décerné à son grand-père, le célèbre capitaine et armateur Oddur, alors que son avion entame sa descente vers l’aéroport de Keflavík. Son père lui a fait parvenir un colis plein de souvenirs qui le poussent à quitter sa maison d’édition danoise pour rentrer en Islande. Mais s’il ne le sait pas encore, c’est vers sa mémoire qu’Ari se dirige, la mémoire de ses grands-parents et de leur vie de pêcheurs du Norðfjörður, de son enfance à Keflavík, dans cette ville «qui n’existe pas», et vers le souvenir de sa mère décédée. Jón Kalman Stefánsson entremêle trois époques et trois générations qui condensent un siècle d’histoire islandaise. Lorsque Ari atterrit, il foule la terre de ses ancêtres mais aussi de ses propres enfants, une terre que Stefánsson peuple de personnages merveilleux, de figures marquées par le sel marin autant que par la lyre. Ari l’ancien poète bien sûr, mais aussi sa grand-mère Margrét, que certains déclareront démente au moment où d’autres céderont devant ses cheveux dénoués. Et c’est précisément à ce croisement de la folie et de l’érotisme que la plume de Jón Kalman Stefánsson nous saisit, avec simplicité, de toute sa beauté.
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