Archives des tags : Littérature japonaise

Les délices de Tokyo

11 mai

Les délices de Tokyo

Durian Sukegaw, traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako

aux éditions Albin Michel, 239 pages

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Ce roman débute par une histoire culinaire toute simple. Sentarô est le gérant d’une échoppe dans laquelle il prépare chaque jour, sans conviction, des dorayaki, une spécialité nippone sucrée à base de an, une pâte de haricots.

Par une belle journée de printemps, lors de la pleine floraison des cerisiers, une vieille dame, Tokue, se présente et lui propose de confectionner « la pâte de haricots » qui attirera la clientèle… Tokue maîtrise l´art de la pâtisserie. Une profonde amitié nait  de ces échanges. Tokue se confie sur son existence au sein d’une communauté isolée par une épaisse haie de houx, la marginalisation d’une petite partie de la population…

Un moment de lecture intense.

Ce roman, sous le même titre, a été adapté au cinéma et primé à Cannes en 2015.

 

Tatsuro Kiuchi est un illustrateur japonais né à Tokyo en 1966

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Le restaurant de l’amour retrouvé

20 mar

Le restaurant de l’amour retrouvé de Ito Ogawa

Traduit par Myriam Dartois-Ako
aux éditions Philippe Picquier,
254 pages

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Présentation de l’éditeur
Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d’un chagrin d’amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière. Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.
Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de la jeune Rinco, dont l’épice secrète est l’amour.
Sortie en septembre 2013

Mon avis

Cette lecture a été pour moi un vrai régal. La finesse du texte, des phrases courtes, une narratrice touchante par sa verve qui n’a d’égale que son imagination culinaire.
Rinco ouvre un restaurant peu ordinaire… Elle cuisine pour son ou ses hôtes, une seule table, des mets qui leurs ressemblent. Elle reçoit ses convives pour un entretien préalable et à partir de leur conversation, elle va établir son menu.
Sa mère et sa truie Hermès, le souvenir de sa grand-mère, son ex qui a vidé l’appartement avant de disparaître, son enfance dans ce village isolé, tous ces ingrédients composent son imaginaire culinaire.

Extrait
De la paume des mes mains fraîchement lavées, j’ai délicatement effleuré les aliments. Puis, comme on berce une vie nouvelle à peine éclose, un par un, je les ai pris entre mes mains, les ai portés jusqu’à mon visage et, les yeux clos, j’ai parlé avec eux pendant quelques secondes.
ce n’était pas quelque chose que l’on m’avait appris et je ne savait d’ailleurs pas exactement quand j’avais commencé à le faire, mais avant de cuisiner, je suivais toujours le même rituel. J’approchais mon visage, mon nez, des aliments, j’écoutais leur « voix ». Je les humais, les soupesais, leur demandais comment ils voulaient être cuisinés.

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