Archives des tags : L’art dans les premières de couverture

La jeune fille à la perle

9 mar

La jeune fille à la perle

Tracy Chevalier, traduit de l’anglais Marie-Odile Fortier-Masek

aux éditions Quai Voltaire, 271 pages

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Dans ce roman très documenté, Griet adolescente protestante est placée dans la famille Vermeer. Son travail, après le ménage, lessivage et repassage consiste à dépoussiérer avec minutie l’atelier du peintre.

Nous sommes à Delft en 1660, les tableaux du maître fascinent Griet. Ombres, lumières et couleurs. Les pigments, ocre, garance, lapis-lazuli, ivoire, jaune d’œuf sont les textures qu’elle apprend à manipuler.

Griet, servante douce et un peu espiègle prend vie sous les traits de La Jeune fille à la Perle et sous la plume de Tracy Chevalier.

Quatrième de couverture

La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l’âge d’or de la peinture hollandaise. La ville est aussi prospère que rigide. Griet s’occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s’efforçant d’amadouer l’épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune étant très jalouse de ses prérogatives.
Au fil du temps, la douceur de la jeune fille, sa vivacité, sa sensibilité émeuvent le maître. Il l’introduit dans son univers. À mesure que s’affirme leur intimité, la tension et la suspicion règnent dans la maisonnée, le scandale se propage dans la ville.
Tracy Chevalier s’est inspirée d’un des plus célèbres et mystérieux tableaux de Vermeer, La Jeune Fille à la perle, pour écrire ce roman envoûtant sur la corruption de l’innocence. C’est l’histoire d’un cœur simple sacrifié au bûcher du génie.

Les tableaux de Vermeer abordés dans ce roman

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Portrait de Mme Van Ruijven

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La laitière sous les traits de Tanneke

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La fille du boulanger Jeune fille à l’aiguière

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La leçon de musique, M. Van Ruijven, sa sœur et sa nièce

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Portrait de Griet, La jeune fille à la perle

Deux remords de Claude Monet

9 fév

Deux remords de Claude Monet

Michel Bernard

Aux éditions La Table Ronde, collection Vermillon, 224 pages

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Biographie romancée, on y découvre l’artiste entre amour et tourments, ses débuts difficiles.
Un moment de lecture très prenant pour mieux comprendre l’artiste et son œuvre, ses motivations, le sens qu’il a voulu donner à sa peinture.
Michel Bernard écrit avec simplicité. Ses deux biographies, la musique « Les forêts de Ravel » et la peinture avec « Deux remords de Claude Monet » sont un enchantement.

Présentation éditeur, site Gallimard.fr

«Lorsque Claude Monet, quelques mois avant sa disparition, confirma à l’État le don des Nymphéas, pour qu’ils soient installés à l’Orangerie selon ses indications, il y mit une ultime condition : l’achat un tableau peint soixante ans auparavant, Femmes au jardin, pour qu’il soit exposé au Louvre. À cette exigence et au choix de ce tableau, il ne donna aucun motif. Deux remords de Claude Monetraconte l’histoire d’amour et de mort qui, du flanc méditerranéen des Cévennes au bord de la Manche, de Londres aux Pays-Bas, de l’Île-de-France à la Normandie, entre le siège de Paris en 1870 et la tragédie de la Grande Guerre, hanta le peintre jusqu’au bout.»
Michel Bernard.

Les oeuvres illustrant ce roman

Le déjeuner sur l’herbe

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Camille, ou La Femme à la robe verte

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Camille sur son lit de mort

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Femmes au jardin

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La Capeline Rouge, portrait de Camille Monet

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Les soupers assassins du Régent

24 oct

Les soupers assassins du Régent 

Michele Barrière, aux éditions Agnes Vienot

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Présentation éditeur

À la mort de Louis XIV, la Cour regagne Paris et renoue avec les plaisirs. Les Comédiens Italiens sont de retour, les élégantes portent les premières robes à panier, le vin mousseux de Champagne – la nouvelle boisson à la mode – coule à flots au Palais-Royal. Des marchands de vin parisiens, ne jurant que par le bourgogne, déclarent la guerre au vin  » saute-bouchon « . Ont-ils commandité l’assassinat de Frère Oudart, soi-disant détenteur du secret de dom Pérignon, dans une cave près d’Épernay ? Sont-ils responsables de l’empoisonnement d’une jeune comédienne ? À moins que le poison n’ait été destiné au Régent sur qui se concentrent des haines tenaces. Baptiste, fournisseur du Palais-Royal en vin de Champagne, et sa soeur Alixe, cuisinière attitrée du Régent, vont être témoins de ces drames et, bien malgré eux, mêlés aux événements politiques de cette fin 1718. La guerre avec l’Espagne se profile et les conspirations se multiplient pour éliminer Philippe u d’Orléans. Malgré les dangers entourant ses fameux petits soupers, il ne renoncerait pour rien au monde aux délicieux mets inspirés par le cuisinier royal, François Massialot et préparés par Alixe. Saura-t-elle le protéger de ses ennemis ? Cinquième tome des aventures de la famille Savoisy,  » Les Soupers assassins du Régent  » plongent le lecteur au coeur de ces huit années de l’histoire de France annonçant les Lumières. Marivaux écrit ses premières pièces de théâtre, Voltaire entre et sort de prison, John Law lance le papier monnaie, Watteau peint ses  » Fêtes galantes  » Champagne !

Mon avis

Polar culinaire à consommer sans modération, naissance des bulles de champagne et quelques autres sucreries ! Quelques recettes d’époque en fin de roman.

Les Oiseaux

8 août

Les Oiseaux

Tarjei Vesaas, traduit du norvégien et présenté par Régis Boyer, illustration de couverture de Gilles Chapacou

collection de l’atelier Furtif, aux éditions Plein Chant, 266 pages

les oiseaux

quatrième de couverture

Il est des choses qu’il vaut mieux ne pas approfondir ou dont mieux vaut ne pas parler. Mattis le sent obscurément,tel le fait que l’on a donné son nom et celui de sa soeur Hege aux trembles morts émergeant des sapins proches de leur maison. Ou encore que les gens l’appellent ahuri, quand ils ne se doutent pas qu’il les entend, et rechignent à lui confier un travail quelconque. Lui non plus n’aime pas en demander. il sait trop quel désarroi le saisit presque aussitôt. Mattis préfère rêver dans la forêt, écrire dans la boue un message d’amitié à un oiseau. Tout lui est signe et présage: cette bécasse qui survole son logis et qu’un chasseur tue par sa faute, ce tremble que foudroie l’orage et qui représente lui ou Hege… Que Hege meure ou cesse de s’occuper de Mattis, comment vivrait-il? L’idée chemine dans son esprit et l’obsède quand, devenu passeur sur le lac, il amène chez eux Jörgen le bûcheron. Petite âme à demi éveillée, coeur d’oiseau qui se débat dans les brumes où s’enveloppe pour lui le monde réel, Mattis en vient à forger son propre destin et c’est ce qui rend si poignante cette histoire d’un simple où Tarjei Vesaas transcrit l’inexprimable enfoui au fond des êtres.

L’auteur

Issu d’une famille de paysans norvégiens, Tarjei Vesaas est né en 1897. Après l’école primaire, il travaille avec son père mais commence très tôt à écrire. Il publie son premier roman à 26 ans. Des bourses lui permettent de voyager à l’étranger. Quand il revient en Norvège, c’est pour vivre dans son district natal et se consacrer à son oeuvre littéraire. Du romantisme, après une période réaliste, il a évolué vers le symbolisme. Les oiseaux appartiennent à cette dernière période. Disparu en 1970, Tarjei Vesaas est considéré comme l’un des plus grands écrivains norvégiens.

 

 

Laver les ombres

5 août

Laver les ombres

Jeanne Benameur

Actes Sud, 158 pages

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Quatrième de couverture

Lea danse, jetée à corps perdu dans la perfection du mouvement ; la maîtrise du moindre muscle est sa nécessité absolue. Lea aime, mais elle est un champ de mines, incapable de s’abandonner à Bruno, peintre de l’immobile. En pleine tempête, elle part vers l’océan retrouver sa mère dans la maison de l’enfance.
Il faut bien en avoir le coeur net.
C’est à Naples, pendant la guerre, qu’un “bel ami” français promet le mariage à une jeune fille de seize ans et vend son corps dans une maison close. C’est en France qu’il faudra taire la douleur, aimer l’enfant inespérée, vivre un semblant d’apaisement au bord du précipice.
En tableaux qui alternent présent et passé, peu à peu se dénouent les entraves dont le corps maternel porte les stigmates.
Dans une langue retenue et vibrante, Jeanne Benameur chorégraphie les mystères de la transmission et la fervente assomption des mots qui délivrent.
Jeanne Benameur vit entre Paris et La Rochelle. Elle consacre l’essentiel de son temps à la littérature et à sa transmission. Elle a publié des romans aux éditions Denoël, dont Présent ? (2006), Les Reliques (2005), Les Mains libres (2004), Ça t’apprendra à vivre (2003) et Les Demeurées (2000). Elle écrit également pour la jeunesse, essentiellement chez Thierry Magnier.

Mon avis

Des mots, des mots simples, des images épurées pour conter l’histoire de ces deux femmes, la mère, la fille. Deux corps qui cherchent leurs vibrations, leurs résonances au monde.

Il faut trouver le souffle pour lire les mots, les imaginer vibrer, danser pour s’impreigner de l’intimité de ces deux histoires parallèles jusqu’à la reconstruction du lien.

Une lecture dans l’émotion du geste.

La première de couverture

Paul-Élie Ranson, peintre et cartonnier de tapisseries.

Né le 29 mars 1861 à Limoges, de Louis Casimir Ranson, négociant et de Jeanne Emilie Maquart.

Mort à Paris en 1909

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Et pour aller plus loin

« L’enfance (ou les plages du temps) » – Spectacle de Karine Saporta d’après le roman de Jeanne Benameur « Laver les ombres »

Spectacle chorégraphique et littéraire.

Avec la participation exceptionnelle de Thérèse Clerc et de la Maison des Babayagas de Montreuil – Théâtre Berthelot – Montreuil les 9 et 10 avril 2015 à 20h 30 et le 11 avril 2015 à 17h00

 

Issu d’une rencontre entre la romancière Jeanne Benameur et la chorégraphe Karine Saporta, le spectacle « L’enfance (ou les plages du temps) » met en scène la révélation d’une mère à sa fille. L’objet en est un secret longuement gardé.
Dans ce spectacle construit comme un thriller psychologique, l’oeuvre littéraire et l’oeuvre chorégraphique se répondent avec une grande intensité. Karine, la chorégraphe et Léa, l’héroïne de « Laver les ombres » finissent par se confondre authentiquement. C’est cette identification de l’une à l’autre qui crée le vertige… la magie envoûtante d’une mise en scène indéfinissable.

Moura la mémoire incendiée

3 août

Moura la mémoire incendiée

Alexandra Lapierre, roman, éditions Flammarion, 736 pages

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Présentation éditeur

Adorée par ceux qu’elle aima, honnie par ceux qui la jugèrent insaisissable, Moura a bien existé. Dans les tourmentes de la révolution bolchevique, d’une guerre à l’autre, Moura a traversé mille mondes. Aristocrate d’origine russe, elle s’est appelée Maria Zakrevskaïa, Madame Benckendorff, la Baronne Budberg… Elle a été la passion d’un agent secret britannique, la muse de Maxime Gorki, la compagne de H.G. Wells et l’égérie de l’intelligentsia londonienne. Elle a côtoyé tous les grands du XXe siècle, le Tsar, Staline, Churchill, de Gaulle.

Les uns chantèrent son courage, sa chaleur et sa fidélité. Les autres dénoncèrent ses mensonges. Tous s’entendirent néanmoins sur un point : Moura incarna la Vie. La vie à tout prix.

Sur les traces de son héroïne, Alexandra Lapierre a fouillé les bibliothèques du monde entier durant trois ans. Elle s’est glissée dans les contradictions de son personnage pour brosser un magnifique portrait de femme. Son talent romanesque, son regard à la fois lucide et bienveillant font revivre une multitude de figures captivantes, qui viennent éclairer des pans de la grande Histoire.

Mon avis

Installée dans la vie de Moura, je n’ai pu la quitter qu’à regret à la dernière page, en refermer ce livre. Sans aucun doute, cette femme va m’accompagner quelques temps… Quel destin incroyable !

L’auteure nous transporte dans un tourbillon, les deux guerres, la révolution russe.

Une lecture intense et, très prenante.

Un très, très gros coup de cœur ! Merci !

La première de couverture

La première de couverture est un détail de l’oeuvre de Gustav Klimt « Jeune femme au manchon », une huile sur toile peinte en 1916-1917

jeune femme au manchon

Gustav Klimt, né le 14 juillet 1862 à Baumgarten près de Vienne, mort le 6 février 1918 à Vienne, est un peintre symbolisteautrichien, et l’un des membres les plus en vue du mouvement Art nouveau et de la Sécession de Vienne. Peintre de compositions à personnages, sujets allégoriques, figures, nus, portraits, paysages, dessinateur, décorateur, peintre de cartons de tapisseries, cartons de mosaïquescéramistelithographe. (wikipedia)

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Rosiers sous les arbres, atribué au musée d’Orsay en 1980, huile sur toile.

Le portrait de femme est un travail récurent dans l’oeuvre de Klimt:

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Mais pas que…

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Les heures silencieuses

5 juin

Les heures silencieuses, Gaelle Josse

Aux éditions Autrement, 135 pages

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Delft, novembre 1667. Magdalena Van Beyeren se confie à son journal intime. Mariée très jeune, elle a dû renoncer à ses rêves d’aventure sur les bateaux de son père, administrateur de la Compagnie des Indes orientales. Là n’est pas la place d’une femme… L’évocation de son enfance, de sa vie d’épouse et de mère va lui permettre l’aveu d’un lourd secret et de ses désirs interdits. Inspiré par un tableau d’Emmanuel De Witte, ce premier roman lumineux, coup de coeur des lecteurs et de la presse, dessine le beau portrait d’une femme droite et courageuse dans le peu d’espace qui lui est accordé.

« À l’heure où mes jours se ternissent comme un miroir perd son tain, le besoin de m’alléger de ce qui m’encombre devient plus fort que tout. Je garde l’espoir, naïf peut-être, qu’un tel aveu sera comme l’amputation d’un membre inguérissable qui, pour douloureuse qu’elle soit, permet de sauver le reste du corps. »
Tout paraît à sa juste place dans la vie de Magdalena, épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes orientales à Delft. Rigoureuse, maîtresse d’elle-même, elle aurait pu succéder à son père. Mais le commerce est réservé aux hommes. Sa place est au foyer. Magdalena doit se limiter à cet espace intérieur, où elle a souhaité se faire représenter à son épinette, de dos. Un décor à secrets, que son journal intime dévoile. Déceptions, souvenirs, drames familiaux, mais aussi joies, et désirs interdits…
Dans le silence de l’heure, derrière le précaire rempart de l’ordre et de la mesure, Magdalena transcrit les vacillements de son coeur, explorant les replis les plus secrets de l’âme.

Mon avis

XXVIIe siècle

Comme un prélude de son autre roman « L’ombre de nos vies », Gaelle Josse invite le lecteur pour un voyage à l’intérieur d’un tableau du peintre flamand Emmanuel De Witte; l’héroïne Magdalena étant le modèle de ce tableau. Nous sommes en 1667, aux Pays-Bas, en plein coeur de l’hiver. Magdalena se livre sur les pages de son journal intime.

Un très beau portrait de femme, d’un autre siècle.

Emmanuel De Witte

Cet article est extrait de l’ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre néerlandais (Alkmaar v. 1617  –  Amsterdam 1691 ou 1692).

Élève d’Evert Van Aelst à Delft, Emmanuel de Witte débuta comme peintre de portraits. En 1636, il est inscrit à la gilde de Saint-Luc d’Alkmaar ; il séjourne à Rotterdam en 1639-40, puis à Delft de 1641 à 1650, où il peint un tableau à sujet mythologique, Vertumne et Pomone (1644, Rotterdam, B. V. B.), dont le paysage fait penser à ceux de Poelenburgh. Il subit pendant cette période l’influence de G. Houckgest et de H. Van Vliet. En 1652-53, il est à Amsterdam, en 1654-55 à Delft, puis il s’installe à Amsterdam en 1656. Rien n’est venu confirmer l’affirmation de Houbraken selon laquelle il aurait eu un caractère difficile ; et, de même, il ne se serait pas suicidé.

Si l’on met à part quelques scènes de genre, telles que l’admirable Intérieur au clavecin (1667, Rotterdam, B. V. B.) — qui évoque d’une façon précise l’art de Pieter De Hooch et dont le lumière, à la fois calme et forte, s’irise d’une poésie vermérienne — et divers Marchés aux poissons à Amsterdam (Londres, N. G. ; 1672, Rotterdam, B. V. B. ; Rijksmuseum ; Moscou, musée Pouchkine), Emmanuel de Witte apparaît comme un peintre spécialisé dans les vues d’intérieur d’édifices religieux. Ses motifs sont tantôt des églises gothiques — indifféremment catholiques ou protestantes —, traitées d’ailleurs avec assez de fantaisie pour que les éléments en soient empruntés à plusieurs édifices ou à plusieurs styles, comme dans l’Intérieur d’église du musée de La Fère (citons les deux Intérieurs d’église du Rijksmuseum, la Nieuwe Kerk d’Amsterdam, 1656, Rotterdam, B. V. B. et Rijksmuseum ; l’Intérieur d’église, 1668, Mauritshuis), tantôt des synagogues (Intérieur de la synagogue portugaise d’Amsterdam, Rijksmuseum) ou bien encore l’admirable Intérieur de la Nieuwe Kerk à Delft (1656, musée de Lille), chef-d’œuvre de luminosité et de contrastes où la tache rouge du manteau du visiteur du premier plan se détache sur le blanc des colonnes, caressées par une lumière subtile. Son iconographie est intéressante et s’oppose très fortement à celle de Pieter Saenredam. Il aime peindre les édifices religieux pendant les services ou, en tout cas, animés par des personnages : c’est qu’il est aussi un excellent peintre de figures et qu’il sait à merveille les insérer dans ses architectures. De Witte excelle également à rendre la lumière venant du dehors et à évoquer une atmosphère de calme et de silence que ne troublent pas, bien au contraire, de discrètes allusions à la réalité quotidienne : petits détails anecdotiques comme la présence de chiens ou de personnages conversant dans des églises conçues comme des intérieurs avec de subtils jeux de lumière sur les carrelages blancs et noirs. La qualité en quelque sorte moelleuse de sa lumière reste à peu près sans égale dans la peinture néerlandaise d’église, qui n’évite pas toujours la froideur de la minutie ni la sécheresse des mises en perspective d’un Saenredam et plus encore d’un Houckgeest ou d’un Van Vliet. À ce titre, de Witte doit être rattaché, dans l’école de Delft, au courant illustré par Fabritius, et, par sa poésie, surtout dans des toiles comme celles de Moscou et de Rotterdam (Intérieur au clavecin), mérite d’être nommé en face de Vermeer.
En savoir plus sur http://www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/Witte/154952#H6Xsd9HjbDYWoi5m.99

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Intérieur avec une femme jouant du virginal, huile sur toile, 97,5 x 109,7 cm, (1660 – 1667), Musée des Beaux Arts de Montréal,restauré avec le soutien de la fondation BNPParibas

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Intérieur d’église, huile sur toile, 55 x 44 cm, vers 1669, Musée du Louvre, Richelieu 2ème étage, Hollande deuxième moitié du XVIIe siècle, salle 38

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Intérieur de la Nieuwe Kerk de Delft, avec vue de la tombe de Guillaume le Taciturne, huile sur toile, 97 × 85 cm, (1656), Palais des beaux-arts de Lille

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Intérieur d’église gothique, huile sur toile, 63,5 x 49,5 cm, (1679), Musée des beaux-arts de Strasbourg

l’épouse hollandaise

5 juin

l’épouse hollandaise, Eric McCormack, traduit de l’anglais (Canada) par Sabine Porte

Aux éditions Christian Bourgois, collection Fictives, 330 pages

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Quatrième de couverture

Thomas Vanderlinden raconte l’histoire remarquable de sa mère, Rachel, et des deux hommes avec lesquels elle a partagé sa vie. Tous deux s’appelaient Rowland Vanderlinden. Le premier, parti en voyage, n’est jamais revenu. Le second Rowland, un homme que Rachel a accepté sans poser aucune question, était un mystère. Qui était-il ? et qu’est-il arrivé au premier Rowland Vanderlinden ? Déterminé à percer les secrets des deux hommes, Thomas part à la recherche du premier Rowland, et le retrouve finalement sur une île isolée au milieu de l’océan Pacifique. Le premier Rowland raconte alors à Thomas ses nombreuses mésaventures et peu à peu Thomas apprend à le respecter. Il découvre aussi la véritable identité de l’autre Rowland Vanderlinden, un homme avec qui sa mère vécut heureuse de nombreuses années, bien qu’il fut loin d’être la personne qu’il incarnait.
Le lecteur ne peut que se laisser envoûter par cette étrange épopée vibrante d’échos de Conrad et Borges où McCormack dévoile autant qu’il dissimule, et qui est tout à la fois un roman d’aventure jubilatoire, un énigmatique portrait de femme, entre apparente résignation et vraie liberté, une plongée au cœur du mystère de chaque être.

Mon avis

Rachel a une telle confiance en son époux qu’elle accepte la chose la plus incroyable qui soit, le substitut de l’être aimé… roman étonnant qui entraine le lecteur dans un voyage culturel, confrontant deux mondes presque irréels.

Illustration de couverture : Reliquaire korwar, fin XVIIe siècle
Baie de Geelvink, Irian Jaya
Musée du quai Branly
Dépôt du Muséum national d’Histoire naturelle – musée de l’homme

 

 

 

L’ombre de nos nuits

18 mai

L’ombre de nos nuits.

Gaëlle Josse

Aux éditions Noir sur Blanc Notabilia, 196 pages

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Présentation de l’éditeur
Deux récits se dessinent dans L’ombre de nos nuits, avec au centre un tableau de Georges de La Tour. En 1639, plongé dans les tourments de la guerre de Trente Ans en Lorraine, le peintre crée son Saint Sébastien soigné par Irène. De nos jours, une femme, dont nous ne saurons pas le nom, déambule dans un musée et se trouve saisie par la tendresse et la compassion qui se dégagent de l’attitude d’Irène dans la toile. Elle va alors revivre son histoire avec un homme qu’elle a aimé, jusque dans tous ses errements, et lui adresser enfin les mots qu’elle n’a jamais pu lui dire. Que cherche-t-on qui se dérobe constamment derrière le désir et la passion ?
En croisant ces histoires qui se chevauchent et se complètent dans l’entrelacement de deux époques, Gaëlle Josse met au cœur de son roman l’aveuglement amoureux et ses jeux d’ombre qui varient à l’infini.

Après le succès du Dernier gardien d’Ellis Island, prix de littérature de l’Union européenne 2015, Gaëlle Josse poursuit avec ce cinquième roman son exploration des mystères que recèle le cœur.

Mon avis

Une jeune femme, en attendant son train entre dans un musée, contemple un tableau… Le lecteur entre dans le tableau, devient le peintre, son apprenti ou le modèle. Un autre chapitre et c’est la jeune femme qui revit sa plus belle expérience amoureuse.

Ces deux histoires se croisent, se nourrissent l’une de l’autre.

Un très bon moment de lecture…❤️

Trois fois dès l’aube

12 mai

Trois fois dès l’aube.

Alessandro Baricco, traduit de l’italien par Lise Caillat

Aux éditions Gallimard, collection « du monde entier », 120 pages

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Présentation éditeur

Deux personnages se rencontrent à trois reprises.
Un homme commence à parler avec une femme dans le hall de son hôtel et, quand celle-ci a un malaise, il l’héberge dans sa chambre. Leur conversation se poursuit, l’homme s’ouvre à elle mais mal lui en prend.
Un portier d’hôtel aide une jeune cliente à s’enfuir afin d’échapper à son compagnon, un individu violent et dangereux. Plus âgé qu’elle, il lui révèle qu’il a passé treize ans en prison à la suite d’un meurtre.
Malcolm, le personnage de la première rencontre, est encore enfant quand ses parents meurent dans l’incendie de leur maison. Pour le soustraire aux suites de ce drame et l’emmener dans un endroit sûr, une inspectrice de police le conduit chez un de ses amis.
Trois histoires nocturnes qui se concluent à l’aube et qui marquent, chacune à sa façon, un nouveau départ. Trois facettes qu’Alessandro Baricco rassemble en un récit hypnotique et puissant, non dépourvu d’élégance et même de sensualité.

Mon avis ❤️

Recueil de trois nouvelles, trois rencontres, à l’heure où la ville s’éveille, trois destins qui basculent.

La simplicité du quotidien, l’exactitude des sentiment, la finesse de l’écriture.

À propos de la première de couverture, la photo est signée Richard Tuschmann.

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Richard Tuschman a créé cette incroyable série de photographies composites intitulée Hopper meditations et inspirée par le travail du peintre américain Edward Hopper.

Tuschman crée en premier lieu des dioramas de petites tailles, qu’il peint et photographie dans son studio. Lorsqu’il photographie les dioramas, il shoote toujours avec de petits mannequins fictifs, qui servent de repères pour les modèles vivants et l’éclairage. Les modèles sont ensuite photographiés sur un fond clair et les deux images sont assemblées par ordinateur sur Photoshop. Il réalise ainsi des images à la texture douce qui évoquent l’éclairage naturel et contemplatif des peintures à l’huile de Hopper.

Source : www.journal-du-design.fr

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