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La bibliothèque du docteur Lise

11 avr

La Bibliothèque du Docteur Lise

Mona Thomas

aux éditions Stock, collection La Forêt, 208 pages

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Le docteur Lise , Lise Ménard est medecin  cancérologue. Chaque jour elle soigne, elle annonce des diagnostics, met en œuvre des thérapies, combat le mal. Sa force elle la trouve dans sa bibliothèque, dans ses lectures.

Roman ou  essai, au travers de ces entretiens, on découvre un hommage à l’écrivain et aux soignants.

Présentation éditeur

La bibliothèque du docteur Lise est l’histoire d’une cancérologue, de nos jours, à Paris, qui vivrait moins bien, qui soignerait moins bien sans la compagnie des livres. Pas tout à fait récit, pas tout à fait essai ni roman, ce texte généreux et inventif à l’humour vif met en scène le docteur Lise dans son quotidien hospitalier, face aux malades, aux familles, aux questions graves parfois inconvenantes que posent toutes les étapes de la maladie.
C’est avec l’aide de grands écrivains comme Philip Roth, Thomas Bernhard, Norman Mailer, Céline, Tolstoï, Henry James, Cormac Mac Carthy, Malcolm Lowry, Franz Kafka ou Robert Antelme (pour n’en citer que quelques-uns) que le médecin approche au plus juste l’âme et le corps humain et saisit de l’intérieur les incarnations de la douleur, la peur, la honte, la frustration, la déchéance mais aussi le désir, le sexe et le scandale de la mort. De même, le docteur Lise mesure le point commun entre l’art de soigner et l’art d’écrire : l’absence de jugement, qui fait que chaque patient se doit d’être « considéré comme une personne, voire un personnage, et pas uniquement un malade ».
Mais outre le fait que la littérature aide le docteur Lise à mieux soigner, elle étanche aussi le besoin de poésie et de beauté de cette femme de cinquante ans, cigarette aux lèvres, dissidente à sa façon, que la machine hospitalière pourrait broyer. Peu disposée à se soumettre aux discours dominants que subit la profession et aux conditions de travail parfois irrecevables, le docteur Lise, en brandissant la voix et le souffle des écrivains, donne vie et sens à chacun de ses gestes, et un visage à chacun de ses patients.

Esprit d’hiver

11 avr

Esprit d’hiver

Laura Kasischke, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Laura Tronchet

Aux éditions Bourgois, 296 pages

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Cette histoire m’obsède… elle m’a bousculée, dérangée et bouleversée.

Pour conjurer le sort, après l’avoir refermé sur sa dernière page, je me suis empressée de ramener ce roman à la médiathèque où je l’avais emprunté…
C’est en apparence l’histoire banale d’une mère qui tente de se débrouiller, de faire avec… et d’une enfant adolescente,Tatiana, son enfant, adoptée.
Ce récit c’est l’histoire d’une seule journée, le jour de Noël. La mère s’affaire dans la cuisine autour de la préparation du repas de fête. Dehors, il neige…
Dans cette ambiance feutrée, les souvenirs remontent… Arrivée à la centième page, je n’en pouvais plus, je m’ennuyais. Curieuse de savoir pourquoi ce roman faisait autant parler de lui, je suis allée lire… la fin. Et la surprise, j’ai trouvais un sens à ma lecture, de la cent-unième page jusqu’au point final.

Quatrième de couverture

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable.
Rien n’est plus comme avant. Le blizzard s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…

Et si c’était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s’impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire

« Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre. »
Marine Landrot, Télérama

llustration de couverture :
John Register, The Light in the Mirror , huile sur toile (détail)
Courtesy of Modernism Gallery, San Francisco

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La Liseuse

5 avr

La Liseuse

Paul Fournel

aux éditions P. O. L, 224 pages

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Paul Fournel est membre de l’OuLiPo, l’Ouvroir de Littérature Potentielle, la littérature potentielle selon Queneau étant « la recherche de formes, de structures nouvelles et qui pourront être utilisées par les écrivains de la façon qui leur plaira ». C’est aussi inventer des contraintes nouvelles susceptibles de permettre la production d’œuvres originales… La contrainte oulipienne dans « La disparition » de Georges Perec est l’absence du « e » qui signifierait sans « eux  » ses parents, morts pendant la guerre. Dans « La Liseuse » la contrainte que s’est fixé Paul Fournel est:

« de donner au livre une forme fixe, mesurée au signe près afin que quiconque y entrera pour en changer une lettre en anéantira le projet. Ce texte épouse donc la forme d’une sextine, forme poétique inventée au XIIe siècle par le troubadour Arnaut Daniel. Il en respecte le nombre des six strophes et la rotation des mots à la rime… Les vers sont mesurés. Comme ils servent à compter le destin d’un homme mortel, cette mesure subit une attrition (boule de neige fondante): la première strophe est composée de 7500 signes et blancs, la deuxième de 6500 signes et blancs et ainsi de suite jusqu’à la sixième qui comporte des vers de 2500 signes et blancs. L’ensemble constituant un poème de 180000 signes et blancs ». Extrait de : www.paulfournel.net

Dans ce texte, on découvre le fonctionnement d’une maison d’édition où se côtoient best-sellers pour la sécurité et jeunes auteurs pour lesquels il est important de prendre des risques, engranger de nouveaux talents pour le futur…

On y retrouve le pouvoir de l’argent, des médias, l’art de fabriquer un auteur à succès.
La liseuse côtoie le livre papier, elle devient l’instrument de travail, Gutenberg chez les geeks…

Quatrième de couverture

La stagiaire entre dans le bureau de Robert Dubois, l’éditeur, et lui tend une tablette électronique, une liseuse.
Il la regarde, il la soupèse, l’allume et sa vie bascule. Pour la première fois depuis Gutenberg, le texte et le papier se séparent et c’est comme si son coeur se fendait en deux.

Présentation de l’éditeur (P.O.L.):

Depuis 1452 et la parution de la Bible à 32 lignes de Gutenberg, le texte et le livre ont partie liée : publier un texte c’est faire un livre, lire un livre, c’est lire un texte, acheter un texte, c’est acheter un livre.
Ce récit commence le soir où la petite stagiaire discrète apporte à Robert Dubois le vieil éditeur, encore directeur de la maison qui porte son nom, sa première liseuse. Ce bel objet hightech qui le regarde de son écran noir, lui annonce que sa vie est en train de basculer. Que va devenir son métier maintenant que le texte et le papier se séparent ? Quelque chose couve qui pourrait fort bien être une révolution. Il le sait et cette perspective le fait sourire.
La vie continue pourtant à l’identique, Dubois déjeune avec ses auteurs, voyage chez les libraires, rencontre les représentants, mais il porte sa liseuse sous le bras qui lui parle déjà d’un autre monde. Celui qu’il va aider des gamins à bâtir, celui dont il sait qu’il ne participera pas.
De toute la force de son humour et de son regard désabusé et tendre il regarde changer son monde et veille à garder, intact au fond de lui, ce qui jamais ne changera : le goût de lire.

 

 

 

MADELEINE PROJECT

2 avr

MADELEINE PROJECT

 Un reportage de Claire Beaudoux

aux Éditions du sous-sol, 286 pages

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Au fil de ses tweets, Clara égraine la vie de Madeleine. Toute la vie de la vieille dame est cadenassée dans cette cave. Avec beaucoup d’émotion et de pudeur, sur la pointe des pieds,  le lecteur pénétre  son univers.
Une enquête à suivre sur Twitter @clarabdx, sur Facebook  Madeleine project

Présentation éditeur 

Elle s’appelait Madeleine, elle aurait eu 100 ans en 2015. Je m’appelle Clara, j’ai 31 ans. Nous ne nous sommes jamais connues pourtant nous partageons le même appartement, ou du moins l’avons-nous partagé à différentes époques. Madeleine y avait vécu vingt ans. Elle est morte un an avant que je ne m’y installe, l’appartement avait été entre-temps refait à neuf. Interstice préservé de l’oubli, la cave avait été abandonnée en l’état. J’y ai découvert, après en avoir scié le verrou, rangée, empaquetée dans des cartons, la vie de Madeleine, objets, photographies, lettres. Je m’y suis plongée. En novembre dernier, pendant plusieurs jours, depuis la cave n°16, sur Twitter, j’ai décidé d’en faire l’inventaire, de me perdre dans ce fascinant puzzle de souvenirs, de voyager de petites boîtes en valises emplies de documents, de confondre un temps ma vie et la sienne. A la recherche (non du temps perdu) mais d’un peu de temps vécu, de fragments d’une mémoire traversée par l’Histoire. S’agissait-il de se lancer dans une bataille contre l’oubli ? Pourquoi désormais imprimer tous ces tweets, coucher sur papier l’immatériel ? Pour garder la mémoire de ta mémoire Madeleine ? Pour garder une trace ? Mais que restera-t-il de nous deux ? Voilà plus de deux ans que je veux raconter cette histoire. Alors je vais tenter de le faire ici.

#Madeleineproject, hashtag devenu le temps d’une folle course contre le temps, contre la mort et l’oubli, une formule magique qui convoque la vie comme un coquillage le bruit de l’océan. Clara Beaudoux dresse le portrait d’une anonyme pas à pas, tweet par tweet, un récit suivi par des milliers d’internautes captivés par ce reportage d’un genre nouveau, nommé « feuilleton 2.0 » ou « tweet-documentaire ». Ce livre réunit l’ensemble des tweets de la saison 1 et 2 du Madeleine Project en un recueil-reportage, comme ces « Petites Madeleines » de Marcel Proust « moulées dans la valse rainurée d’une coquille de Saint-Jacques ».

La vie réserve des surprises

2 avr

La vie réserve des surprises

Caroline Boudet

aux éditions Fayard, 270 pages

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Ce récit est le témoignage bouleversant d’une jeune maman, son combat,  ses joies et ses peines, la vérité cash sur ses émotions lors de la venue de Louise.

ce petit être unique et extra-ordinaire avec un chromosome en plus.

Présentation éditeur

« Certains disent qu’une naissance est le plus beau jour de la vie d’une femme. Je dois être sacrément gâtée, alors. Parce que ma fille à moi est née trois fois.
La première fois, comme tout le monde, quand on m’a posé sur le ventre cette petite masse chaude et chevelue, soudain si réelle après neuf mois à n’avoir été qu’une idée, deux bandes roses sur un test positif, trois échographies et des petits coups de pied dans mes côtes.
La deuxième fois, franchement pas comme tout le monde, et dans un bruit de tonnerre, quand la pédiatre de la maternité est entrée dans ma chambre avec l’air caractéristique du médecin qui va t’en filer un bon coup derrière la nuque et aimerait lui aussi être loin, loin de là. Surprise : mon bébé est porteur de trisomie 21.
La troisième fois, quand, après quelques jours de plus que programmé dans l’enfer hospitalier, nous sommes rentrés à la maison avec cet enfant pas comme prévu. Ma fille, Louise, qui a deux bras, deux jambes, de bonnes grosses joues et un chromosome en plus. »
Par ce cri du cœur, la mère de Louise fait le récit émouvant et drôle d’une naissance pas comme les autres et de la découverte d’une enfant qu’on n’attendait pas. C’est l’histoire du chemin parcouru par une jeune femme bien ancrée dans sa supposée normalité, dont la petite fille vient faire exploser les certitudes et les horizons. Une véritable ode à la différence et aux surprises que la vie nous réserve.

L’ Atelier des poisons

29 mar

L’atelier des poisons

Sylvie Gibert

aux éditions Plon, 352 pages

l'atelier des poisons

 

Une intrigue policière, mais pas que… une lecture prenante et un voyage très documenté sur cette époque. Plantons le décor ou plutot les décors, Paris, fin du XIXème, les tous nouveaux boulevards et leurs demeures haussmaniennes, les tripos, Montmartre, la nouvelle venue la fée Electricité, la misère et la bourgeoisie qui se cotoient dans l’envie ou l’indifférence, les débuts du mouvement impressioniste, la position ou le manque de position de la femme. Entre réalisme et naturalisme, le lecteur rencontre brièvement Maupassant, Alphonse Allais, Degas.

Présentation éditeur

Quand le talent d’une jeune peintre intrépide la plonge au coeur d’une intrigue captivante.

Paris, 1880. A l’académie Julian, le premier atelier à ouvrir ses portes aux femmes, la vie n’est pas facile. L’apprentissage du métier de peintre est ardu, long et coûteux. Seules les jeunes filles dotées d’un véritable talent et, surtout, d’une grande force de caractère, parviennent à en surmonter les obstacles.
Du talent, Zélie Murineau n’en manque pas. De la force de caractère non plus. N’a-t-elle pas déjà prouvé qu’elle était prête à tout pour parvenir à ses fins ? Pourtant, lorsque Alexandre d’Arbourg, le commissaire du quartier du Palais-Royal, lui demande de faire le portrait de sa filleule, sa belle assurance est ébranlée : comment ne pas croire que cette commande dissimule d’autres motifs ? Même si elle en connaît les risques, elle n’est pas en mesure de refuser le marché que lui propose le beau commissaire : elle sera donc « ses yeux ».
Des auberges mal famées jusqu’aux salons de la grande bourgeoisie, elle va l’aider à discerner ce que les grands maîtres de la peinture sont les seuls à voir : les vérités qui se cachent derrière les apparences.

Amours

29 mar

Amours

Léonor de Récondo

Aux éditions Sabine Wespieser, 280 p

Prix RTL-Lire 2015

Prix des Libraires 2015

amours

Il y a des lectures comme ça… Je me souviens de chaque instant de celle-ci. Août 2015, j’étais en vacances en Corrèze…

Ma bibliothèque est une boîte à souvenirs…

Bien souvent j’emprunte mes lectures à la médiathèque située à deux pas de chez moi, le choix des bibliothécaires est un bon argument face à la profusion des sorties litteraires. J’emprunte, je lis, je rends et très souvent j’attends. J’attends pour chiner chez les bouquinistes et là, posé sur l’étal, j’achète. J’achète  le souvenir d’ une lecture qui m’a transportée, des odeurs qui l’ont accompagnées, des rires, des pleurs, des moments partagés, des instants de vie qui me reviennent en mémoire dans un souffle léger…

Et là je peux dire: superbe roman! Amours. Deux portraits de femmes servis par une belle écriture. L’aristocrate et la servante, deux visions d’un monde et un vent de liberté qui souffle et ravive les braises de l’amour un peu trop bourgeois de ce début de siècle.

Quatrième de couverture

Nous sommes en 1908. Léonor de Récondo choisit le huis clos d’une maison bourgeoise, dans un bourg cossu du Cher, pour laisser s’épanouir le sentiment amoureux le plus pur – et le plus inattendu. Victoire est mariée depuis cinq ans avec Anselme de Boisvaillant. Rien ne destinait cette jeune fille de son temps, précipitée dans un mariage arrangé avec un notaire, à prendre en mains sa destinée. Sa détermination se montre pourtant sans faille lorsque la petite bonne de dix-sept ans, Céleste, tombe enceinte : cet enfant sera celui du couple, l’héritier Boisvaillant tant espéré.

Comme elle l’a déjà fait dans le passé, la maison aux murs épais s’apprête à enfouir le secret de famille. Mais Victoire n’a pas la fibre maternelle, et le nourrisson dépérit dans le couffin glissé sous le piano dont elle martèle inlassablement les touches.

Céleste, mue par son instinct, décide de porter secours à l’enfant à qui elle a donné le jour. Quand une nuit Victoire s’éveille seule, ses pas la conduisent vers la chambre sous les combles…

Les barrières sociales et les convenances explosent alors, laissant la place à la ferveur d’un sentiment qui balayera tout.

 

 

 

Les prophètes du fjord de l’Éternité

24 mar

Les prophètes du fjord de l’ Éternité
Kim Leine traduit du danois par Alain Gnaedig
Aux editions Gallimard, collection Du monde entier, 550 pages

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Ce roman est dense, foisonnant, une saga très documentée servie par une écriture fluide pour une histoire difficile en milieu hostile.
Je me suis attachée au personnage de Morten Falck divaguant d’un fjord a l’autre à la recherche de la liberté, ressassant en permanence une phrase de Rousseau que Kristine (sa sœur) avait citée « L’homme est né libre et partout il est dans les fers! »
Morten Pedersen aurait aimé être médecin, mais son père qui détient les cordons de sa bourse exige de lui qu’il soit pasteur, soit… Après de longues années d’études le voilà au bout du bout du monde… Il côtoie les sauvages en quête de devenir et la colonie danoise raciste et corrompue de ce comptoir ravitaillé une fois l’an.
C’est une course effrénée entre évangélisation et respect des coutumes, la vie mise à nue dans ce coin de terre isolé.

Présentation éditeur
Morten Perdersen Falck a vingt-six ans lorsqu’il arrive à Copenhague pour étudier la théologie. Il loge chez un imprimeur où il découvre la sensualité et l’attraction des corps au contact de la fille aînée de la famille. Passionné de dessin et d’anatomie, il suit également des cours de sciences naturelles jusqu’à son prêche d’examen qui lui permet d’obtenir son diplôme. Il est alors repéré par l’évêque du Groenland qui le pousse à accepter un poste de pasteur dans la colonie danoise. Il embarque finalement en 1787.
La traversée est longue et éprouvante mais Morten Falck finit par rencontrer les habitants de Sukkertoppen, colons ou autochtones, dans cette petite station isolée de la côte ouest du Groenland. Les relations avec la couronne danoise et la mission évangélique sont tendues, surtout dans le fjord de l’Éternité où deux Groenlandais baptisés, Hababuk et sa femme, ont pris la tête d’une communauté dissidente. Les prophètes, adeptes d’un christianisme primitif, gênent autant qu’ils attirent Morten Falck…
Alors que la maladie et les propres contradictions du pasteur le dévorent un peu plus chaque jour, il essaie de poursuivre sa mission quel qu’en soit le prix, guidé par son esprit humaniste et la lecture de Rousseau. Kim Leine nous plonge dans son quotidien, dans un monde où les peuples malmènent les institutions et la foi, où les colons échouent face à la nature. Il redessine avec subtilité ce Groenland qui a fasciné, pendant des siècles, nos plus grands explorateurs.

 

Rockwell Kent, artiste américain (1882-1971)

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Annabel

16 mar

Annabel

Kathleen Winter, traduit de l’anglais (américain) par Claudine Vivier

aux éditions Christian Bourgois, 460 pages

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Un billet posté récemment sur FB DEFI LECTURE 2017 , une lecture déjà ancienne mais encore tellement présente. L´ hermaphrodisme humain, la lourde décision qui incombe aux parents, definir le sexe de l’enfant tant attendu. Le père trappeur souhaitait un garçon, la maman une fille. Avec le couple une seule autre personne est au courant. Cet enfant est donc né Wayne…

Près d´ 1 enfant sur 2000 naîtrait hermaphrodite. http://www.swissinfo.ch/fre/le-combat-des-hermaphrodites-contre-les-op%C3%A9rations-forc%C3%A9es/7568582

Présentation éditeur

En 1968 au Canada, un enfant voit le jour dans un village reculé de la région du Labrador. Ni garçon ni fille, il est les deux à la fois. Seules trois personnes partagent ce secret : les parents de l’enfant et Thomasina, une voisine de confiance. Ces adultes prennent la difficile décision de faire opérer l’enfant et de l’élever comme un garçon, prénommé Wayne. Mais tandis que ce dernier grandit, son moi caché – une fille appelée Annabel – ne disparaît jamais complètement…

 

« Bien plus que des questions de chromosomes, Annabel traite de la propension des humains à la cruauté, au mépris et à l’ignorance, tout autant qu’à la tolérance, à la générosité, à la force. La réussite de Winter ici est tout aussi miraculeuse que la naissance de Wayne. » Christine Fischer, The Globe and Mail

 

« Remarquable. Un texte profondément émouvant en même temps qu’un puissant cri de ralliement. » The Times

Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary

14 mar

Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary

Philippe Doumenc

Actes Sud, 190 pages

contre-enquete sur la mort d'emme bovary

 

Et si ce n’était pas un suicide…? Philippe Doumenc reprend et décortique les derniers jours de la belle pour échafauder sa théorie, une véritable enquête littéraire. Tous les protagonistes sont auditionnés, chacun retrouve un rôle dans ce nouveau scénario.

Une enquête policière menée avec justesse et le style d’écriture dépoussièrent et accordent une deuxième vie aux personnages du roman et à Flaubert lui-même.

…La foule maintenant avait quitté l’église et marchait dans la neige. Des femmes en coiffe, des hommes en grosse blouse bleue et foulard rouge ou noir se joignaient au cortège. Le bedeau referma la porte, les chants s’élevèrent, la procession se dirigea vers le cimetière.

Un instant, au coin de la rue, vêtu d’une sorte de houppelande, un jeune homme passa, apparition assez splendide si l’on peut dire. Sa haute taille, ses yeux clairs, ses longues moustaches blondes évoquaient quelque passé de guerrier viking, un ancêtre de ces villageois de Basse-Normandie. D’où diable sortait ce personnage ?

« Qui est-ce ? demanda Remi.

- Jamais je ne l’ai vu, dit Tuvache.

-Moi je sais qui c’est, fit Delévoye. C’est Gustave, l’un des deux fils du professeur Achille Flaubert, le professeur à la faculté de médecine de Rouen. Il se croit doué pour les gazettes, il veut écrire des romans, cette idée! Que fait-il ici, est-il à la recherche d’un sujet? Un goujon, la gueule toujours ouverte pour gober ce qui se passe à portée et le régurgiter à sa manière. Du monde à éviter. »

Présentation éditeur
Elle s’appelle Emma Bovary et son histoire est célèbre. Amoureuse de l’amour, elle a vécu d’illusions, trompé son mari et ruiné son ménage. Dans un geste de désespoir, elle se tue en absorbant une forte dose d’arsenic – c’est du moins ce que prétend Flaubert. Or c’est un fait reconnu que l’arsenic, en une seule prise, n’est presque jamais mortel…
Voici ce qui s’est réellement passé : au chevet de la jeune femme, deux médecins ont été appelés. L’un relève des traces discrètes de contusions ; l’autre pourra témoigner des derniers mots chuchotés par Emma : “Assassinée, pas suicidée.” Deux policiers de Rouen sont dépêchés àYonville afin d’élucider l’affaire. Et voilà bientôt plusieurs suspects : un mari cocu, un prêteur sur gages, deux femmes de caractère, un cynique libertin, un pharmacien concupiscent…
Dans le décor médiocre et petit-bourgeois où Emma suffoquait d’ennui, Philippe Doumenc orchestre une contre-enquête brillante et talentueuse qui nous révèle enfin ce que Flaubert lui-même feignait d’ignorer.
Philippe Doumenc, qui a fait carrière dans l’aviation longcourrier, vit à Paris. Il est l’auteur de trois autres romans – Les Comptoirs du Sud (Seuil, prix Renaudot, 1989), En haut à gauche du paradis (Seuil, 1992), Les Amants de Tonnégrande (Seuil, 2003) – et d’un recueil de récits : Un tigre dans la soute (Actes Sud, 2008). 

L’art dans les premières de couverture

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La Somnolente

Friedrich von Amerling (1803-1887)

DEFI LECTURE 2017.

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