Archives des tags : Coup de cœur

Limon

27 fév

Limon, de Didier Desbrugeres, aux éditions Gaïa, 224 pages

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Quatrième de couverture

Des médailles militaires oubliées au fond d’un tiroir, ou des douilles d’obus ouvragées sur le manteau d’une cheminée, des boîtes à chaussures emplies de lettres et de visages de jeunes soldats sur lesquels on ne sait plus mettre un nom. Voilà l’écho, souvent, de la Grande Guerre.
Limon, ce sont des nouvelles qui viennent porter notre regard sur le conflit de 1914-1918 sous un éclairage diffracté, comme à travers un verre brisé, pour rendre hommage à ces hommes et ces femmes précipités dans un conflit qui n’était pas le leur.
Loin des faits d’armes et des actions héroïques, se pencher sur le quotidien, sur le front et à l’arrière, et sentir les cicatrices toujours vives, plus profondes que les sillons qui tentent depuis de les recouvrir.

Mon avis
5 nouvelles dont une donnera le titre a ce recueil.
- Connaissez-vous les  » Anges Noirs »? C’est le nom que l’on donnait aux veuves qui allaient annoncer la terrible nouvelle, la mort d’un mari ou d’un fils. Ces veuves ont peu à peu remplacé le maire qui ne pouvait plus supporter cette tâche….

- Mort au champs du déshonneur est une nouvelle dérangeante, un soldat se retrouve sous les feux de son supérieur antisémite, une mort orchestrée.

- Limon, cette nouvelle est consacrée à la vie, au quotidien du soldat embourbé dans les tranchées, mais aussi à celles et ceux qui espèrent son retour.

- L’appel, des années plus tard, un industriel allemand, au volant de son bolide veut rejoindre Paris. Il traverse la Lorraine, sur l’autoroute approche de Verdun et là se souvient du boulet de canon…

- Une question se pose, que ressentent les habitants d’aujourd’hui qui vivent à proximité d’un de ces cimetières, du Chemin des Dames?
La dernière nouvelle, Rémanence, comme pour clore l’histoire traite du sujet. Un homme s’identifie à tous ces soldats, négligeant les vivants pour malgré lui, vivre et faire revivre cette période douloureuse.

C’est un bel hommage, difficile mais nécessaire.

❤️

 

Toute la lumière que nous ne pouvons voir

23 fév

Anthony Doerr, traduction de Valerie Malfoy

Éditions  Albin Michel, 624 pages.

Prix Pulitzer 2015

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Véritable phénomène d’édition aux États-Unis, salué par l’ensemble de la presse comme le meilleur roman de l’année, le livre d’Anthony Doerr possède la puissance et le souffle des chefs-d’œuvre. Magnifiquement écrit, captivant de bout en bout, il nous entraîne, du Paris de l’Occupation à l’effervescence de la Libération, dans le sillage de deux héros dont la guerre va bouleverser l’existence : Marie-Laure, une jeune aveugle, réfugiée avec son père à Saint-Malo, et Werner, un orphelin, véritable génie des transmissions électromagnétiques, dont les talents sont exploités par la Wehrmacht pour briser la Résistance.

En entrecroisant avec une maîtrise éblouissante le destin de ces deux personnages, ennemis malgré eux, dans le décor crépusculaire d’une ville pilonnée par les bombes, Anthony Doerr dessine une fresque d’une beauté envoûtante. Bien plus qu’un roman sur la guerre, Toute la lumière que nous ne pouvons voir est une réflexion profonde sur le destin et la condition humaine. La preuve que même les heures les plus sombres ne pourront parvenir à détruire la beauté du monde.

« La force physique et émotionnelle d’un chef-d’œuvre. » Library Journal 

❤️

D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds

21 fév

D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds

Jón Kalman Stefansson

Chronique familiale [Fiskarnir hafa enga fætur]
Trad. de l’islandais par Éric Boury
Collection Du monde entier, Gallimard, 448 pages
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«Elle est plus belle que tout ce qu’il a pu voir et rêver jusque-là, à cet instant, il ne se souvient de rien qui puisse soutenir la comparaison, sans doute devrait-il couper court à tout ça, faire preuve d’un peu de courage et de virilité, pourtant il ne fait rien, comme s’il se débattait avec un ennemi plus grand que lui, plus fort aussi, c’est insupportable, il serre à nouveau les poings, récitant inconsciemment son poème d’amour. Elle s’en rend compte et lui dit, si je dénoue mes cheveux, alors tu sauras que je suis nue sous ma robe, alors tu sauras que je t’aime.» Ari regarde le diplôme d’honneur décerné à son grand-père, le célèbre capitaine et armateur Oddur, alors que son avion entame sa descente vers l’aéroport de Keflavík. Son père lui a fait parvenir un colis plein de souvenirs qui le poussent à quitter sa maison d’édition danoise pour rentrer en Islande. Mais s’il ne le sait pas encore, c’est vers sa mémoire qu’Ari se dirige, la mémoire de ses grands-parents et de leur vie de pêcheurs du Norðfjörður, de son enfance à Keflavík, dans cette ville «qui n’existe pas», et vers le souvenir de sa mère décédée. Jón Kalman Stefánsson entremêle trois époques et trois générations qui condensent un siècle d’histoire islandaise. Lorsque Ari atterrit, il foule la terre de ses ancêtres mais aussi de ses propres enfants, une terre que Stefánsson peuple de personnages merveilleux, de figures marquées par le sel marin autant que par la lyre. Ari l’ancien poète bien sûr, mais aussi sa grand-mère Margrét, que certains déclareront démente au moment où d’autres céderont devant ses cheveux dénoués. Et c’est précisément à ce croisement de la folie et de l’érotisme que la plume de Jón Kalman Stefánsson nous saisit, avec simplicité, de toute sa beauté.
❤️

Le Tabac Tresniek

6 fév

Le Tabac Tresniek

Robert Seethaler, traduit de l’allemand (Autriche) par Élisabeth Landes

Aux éditions Sabine Wespeiser, 256 pages.

le tabac tresniek

Quatrième de couverture

En août 1937, le jeune Franz Huchel quitte ses montagnes de Haute-Autriche pour venir travailler à Vienne avec Otto Tresniek, buraliste unijambiste, bienveillant et caustique, qui ne plaisante pas avec l’éthique de la profession. Au Tabac Tresniek, se mêlent classes populaires et bourgeoisie juive de la Vienne des années trente.

Si les rumeurs de la montée du national-socialisme et la lecture assidue de la presse font rapidement l’éducation politique du montagnard mal dégrossi, sa connaissance des femmes, elle, demeure très lacunaire. Ne sachant à quel saint se vouer avec Anezka, la jeune artiste de cabaret dont il est éperdument amoureux, il va chercher conseil auprès du « docteur des fous », Sigmund Freud en personne, client du tabac et grand fumeur de havanes, qui habite à deux pas. Bien qu’âgé et tourmenté par son cancer de la mâchoire, le professeur va finir par céder à l’intérêt tenace que lui témoigne ce garçon du peuple, vif et curieux.

Mais les temps ne sont guère propices aux purs et, dès mars 1938, l’Anschluss va mettre un terme brutal à l’apprentissage de Franz et à sa prestigieuse amitié. Otto Tresniek, peu disposé à boycotter sa clientèle juive, s’attire les foudres de la Gestapo, tandis que Freud se résigne à émigrer en Angleterre.

Par la grâce d’une langue jubilatoire, d’une intrigue où la tension ne se relâche pas, et de personnages forts et attachants, voici un roman qui se lit d’un trait. L’humour viennois d’Otto Tresniek et de Freud est la politesse du désespoir dans une société déboussolée où ils ne trouvent plus leur place. Pas plus que leur protégé, plein de vie et de poésie, qui tentera pourtant, fidèle à leur enseignement, de nager à contre-courant.

 

En 2 mots: Coup de Cœur

Franzl est un jeune homme en devenir. Ce printemps 1938 il découvre l’amour et la haine. Ce jeune buraliste fera la connaissance du docteur des fous Sigmund Freud qui l’accompagne dans le dur apprentissage de sa vie d’homme. Sur un conseil de psychanalyste il écrit ses rêves et les scotche sur la vitrine de son magasin, un sentiment de révolte est né dans Vienne qui vit au son des bottes.

Un roman passionnant.

Une vie entière

6 fév

Une vie entière

Robert Setthaler

Roman traduit de l’allemand (Autriche) par Élisabeth Landes

Sabine Wespieser éditeur, 160 pages

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Résumé éditeur

Bien souvent dans le restant de sa vie, Andreas Egger repensera à ce matin de février dix-neuf cent trente-trois où il a découvert le chevrier Jean des Cornes agonisant sur sa paillasse. Dans une hotte arrimée à son dos, il l’a porté au village, sur un sentier de montagne de plus de trois kilomètres enfoui sous la neige. Pour se remettre d’aplomb après cette course hallucinée, il fait halte à l’auberge : quand le corsage de Marie, la jeune femme qui lui sert son schnaps, effleure son bras, une petite douleur l’envahit tout entier.
Andreas Egger a déjà trente-cinq ans alors, et il a construit sa vie tout seul : orphelin, il a été recueilli à quatre ans par une brute dont les coups l’ont rendu boiteux. Malgré cela, comme il le dit à Marie au moment de lui demander sa main : un homme doit « élever son regard, pour voir plus loin que son petit bout de terre, le plus loin possible. »
Aussi prend-il part à l’aventure des téléphériques, qui vont ouvrir sa vallée à la modernité, avant d’être envoyé sur le front de l’Est, dans les montagnes du Caucase. À son retour, « le maire n’est plus nazi, à la place des croix gammées les géraniums ornent de nouveau les fenêtres des maisons » et les étables vidées de leurs bêtes abritent les skis des touristes.
Pris par la force visuelle de certaines scènes – la déclaration d’amour à Marie est un morceau d’anthologie –, et par une langue sobre et rythmée où chaque mot est pesé, on ne lâche pas ce saisissant portrait d’un homme ordinaire, devenu bouleversant parce qu’il ne se donne d’autre choix que d’avancer.
Date de parution : Octobre 2015

Les autres titres du même auteur :

Le Tabac Tresniek

La Source

26 jan

La Source
ANNE-MARIE GARAT
Actes Sud Littérature, Domaine Français, 384 pages,

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Présentation éditeurs, www.actes-sud.fr

Venue au Mauduit, petit village de Franche-Comté, au motif officiel d’obtenir de la mairie l’autorisation, pour ses étudiants en sociologie, de consulter les archives communales de cette si banale petite bourgade française, la narratrice, hantée par la sombre énigme de son propre passé familial, ignore qu’elle va y faire une rencontre décisive en la personne de Lottie, solide et intimidante nonagénaire, désormais seule occupante de la vaste demeure des Ardenne, construction aussi baroque qu’extravagante édifiée sur des terres de mauvaise assise dans un méandre de la rivière qui coule en contrebas du bourg.
Soir après soir, la vieille dame qui, faute d’hôtel au village, accepte de loger la visiteuse, dévide pour elle l’histoire du domaine où elle est entrée comme bonne d’enfant à l’orée du xxe siècle. Mais faut-il la croire sur parole, elle qui dit n’être que la récitante des fantômes qui ont jadis habité ces murs, ou sont partis vers l’Afrique, le Tonkin ou les forêts du Yukon ? Et que faire du récit de cette conteuse acharnée qui, sans avoir jamais quitté sa campagne, rêve peut-être à haute voix quelque exotique roman de la filiation dont elle contraint la narratrice à devenir la dépositaire ?
Où les histoires prennent-elles source et où vont-elles une fois racontées ? La narratrice, écoutant la vieille Lottie, devine-t-elle en quoi celle-ci va éclairer son propre destin ? Car les récits ni les contes ne sont d’inoffensives machines et leurs puissants sortilèges s’entendent à recomposer jusqu’à la matière même du temps.

“Au départ serait le domaine des Ardenne, une maison d’ombre bâtie sur de mauvaises terres au fond d’un vallon, près d’une rivière. La très vieille Lottie y accueillerait un soir ma narratrice, mais cela ne commence pas là. Au départ, ce serait un jour d’août 1904 où Lottie enfant a vu, comme un signal du monde parallèle, passer sur le chemin une créature à deux têtes, et des nuages, pareils à ceux d’une lointaine vallée du Klondike.
Mais faut-il croire sur parole cette récitante, randonneuse de pages et arpenteuse d’Atlas, qui dévore les livres de la bibliothèque ; sait-elle où naissent les histoires ? Au long des veillées près de sa cheminée, sa visiteuse l’écoute. Peutêtre est-elle venue chercher quelqu’un d’oublié dans les archives et au cimetière du bourg, son père ou un jeune homme assassiné, mais il est déjà trop tard : les fantômes du passé et de l’avenir rappliquent, leur destin s’intrique au sien car, dit Lottie, même écrit sur du vent, c’est le récit qui l’emporte.
Pourtant, rien ne coule de source ni dans le bon sens, comme le feraient croire la petite nymphe en bronze d’un encrier, la photo enneigée d’une cabane en rondins ou le camée volé à une morte aux yeux exorbités : non, cela ne commence pas là. Plutôt en Afrique ou au Tonkin, au fond d’un coffre à jouets, dans un conte des forêts, inventé par amour d’une orpheline ; ou dans les lettres d’un infirme par sa faute, qui se fit prospecteur de la langue inconnue en laquelle les hommes se parlent…
Des uns aux autres, j’écoute voyager le récit mais est-ce une fin ou un commencement ?’’
A.-M. G

Jacob, Jacob

21 jan

Jacob, Jacob
Valérie Zenatti
Editions de L’Olivier, 168 pages

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Roman familial, Valérie Zenatti nous fait partager l’intime de la tribu Melki.
Jacob nous guide dans les rues de Constantine, l’insouciance des enfants, les parfums de la Méditerranée mais aussi la précarité dans laquelle vivent les les familles. Puis survient la guerre et la découverte de cette terre si souvent rêvée. Le décor et l’ambiance change, se fait plus sombre.
Souvent les phrases sont longues, la lecture haletante, interprétation de la jeunesse de Jacob.
Un superbe roman !

Présentation éditeur
« Le goût du citron glacé envahit le palais de Jacob, affole la mémoire nichée dans ses papilles, il s’interroge encore, comment les autres font-ils pour dormir. Lui n’y arrive pas, malgré l’entraînement qui fait exploser sa poitrine trop pleine d’un air brûlant qu’elle ne parvient pas à réguler, déchire ses muscles raides, rétifs à la perspective de se tendre encore et se tendant quand même. »

Jacob, un jeune Juif de Constantine, est enrôlé en juin 1944 pour libérer la France. De sa guerre, les siens ignorent tout. Ces gens très modestes, pauvres et frustes, attendent avec impatience le retour de celui qui est leur fierté, un valeureux. Ils ignorent aussi que l’accélération de l’Histoire ne va pas tarder à entraîner leur propre déracinement.

L’écriture lumineuse de Valérie Zenatti, sa vitalité, son empathie pour ses personnages, donnent à ce roman une densité et une force particulières

Chut, roman

21 jan

Chut
Charly Delwart
Editions Seuil, Fiction et Cie, 176 pages

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Présentation éditeur
Dans la Grèce plongée au cœur de la crise, une jeune fille de quatorze ans décide d’arrêter de parler et se met à écrire sur les murs d’Athènes, au milieu des inscriptions qui se multiplient dans la ville pour dénoncer le système qui a conduit à l’effondrement. Ses slogans a? elle sont tournés vers l’après, car elle est de la génération qui devra reconstruire, croire. Ses parents se séparent, sa sœur ne veut rien savoir, son frère s’est exile?, son entourage est perplexe. Mais elle tient bon.

Charly Delwart est né à Bruxelles en 1975. Il vit entre la Belgique et la France où il travaille dans le cinéma. Il a écrit trois livres : Circuit (Seuil, 2007 et Labor« Espace Nord » 2014), L’Homme de profil même de face (Seuil, 2010) et Citoyen Park (Seuil, 2012).

Mon avis
Dimitra s’insurge, décrit et écrit le quotidien dans ses cahiers et sur les murs de la ville. C’est une immersion dans la crise grecque, le quotidien de tout un peuple qui s’indigne. Coûte que coûte, Dimitra doit se construire alors que son univers s’écroule, pour garder la tête haute elle s’éveille a la politique, elle disperse ses petites phrases…
Un roman sur l’adolescence, une crise sur fond de crise. Un instant de lecture touchant.

 

Profanes

18 jan

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Profanes
JEANNE BENAMEUR, aux éditions Actes Sud, 270 pages

Présentation éditeur
Ancien chirurgien du coeur, il y a longtemps qu’Octave Lassalle ne sauve plus de vies. À quatre-vingt-dix ans, bien qu’il n’ait encore besoin de personne, Octave anticipe : il se compose une “équipe”. Comme autour d’une table d’opération – mais cette fois-ci, c’est sa propre peau qu’il sauve. Il organise le découpage de ses jours et de ses nuits en quatre temps, confiés à quatre “accompagnateurs” choisis avec soin. Chacun est porteur d’un élan de vie aussi fort que le sien, aussi fort retenu par des ombres et des blessures anciennes. Et chaque blessure est un écho.
Dans le geste ambitieux d’ouvrir le temps, cette improbable communauté tissée d’invisibles liens autour d’indicibles pertes acquiert, dans l’être ensemble, l’élan qu’il faut pour continuer. Et dans le frottement de sa vie à d’autres vies, l’ex-docteur Lassalle va trouver un chemin.
Jeanne Benameur bâtit un édifice à la vie à la mort, un roman qui affirme un engagement farouche. Dans un monde où la complexité perd du terrain au bénéfice du manichéisme, elle investit l’inépuisable et passionnant territoire du doute. Contre une galopante toute-puissance du dogme, Profanes fait le choix déterminé de la seule foi qui vaille : celle de l’homme en l’homme.

«Le profane étymologiquement est celui qui reste devant le temple, qui n’entre pas. C’est ainsi que je me sens. Et je ne peux pas échapper à la question. À quoi arrime-t-on sa vie pour avancer, jour après jour ?

La route que choisit Octave Lassalle, c’est les autres. Trop seul dans sa grande maison depuis tant d’années, il décide de s’entourer. Quand la famille fait défaut, quand la religion n’est pas de mise, il reste l’humanité. Et la seule carte du monde qui vaille, c’est celle, mouvante, des hommes et des femmes sur terre.

Le roman est tissé de ces vies qui se cherchent et se touchent, des vies trébuchantes, traversées d’élans et de doutes qui trouvent parfois, magnifiquement, la justesse.

C’est du frottement de ces vies imparfaites qu’Octave Lassalle cherche à être enseigné, retournant ainsi les Évangiles. C’est de ces points de contact improbables qu’il attend les seules épiphanies possibles. Des épiphanies profanes. Humbles.

Chacun des cinq personnages du roman a connu un moment dans son existence où la foi en quoi que ce soit de transcendant s’est brisée. Chacun des cinq va peu à peu reconstruire une route, sans dogme ni religion, pour retrouver la foi dans l’être humain, ici et maintenant.

J’ai écrit ce roman, comme Hélène, la femme peintre, en passant par les ombres de chacun pour qu’ils apparaissent peu à peu, dans la lumière.

Dans les temps troublés que nous traversons, où les dogmes s’affrontent, n’offrant de refuge que dans la séparation, j’ai voulu que Profanes soit le roman de ceux qui osent la seule liberté à laquelle je crois : celle, périlleuse, de la confiance. Cette confiance qui donne force pour vivre. Jusqu’au bout.»
Jeanne Benameur

Mon avis
Le lecteur est dans l’expectative. Il pénètre dans cette grande maison par la petite porte, chaque personnage cherche sa place, un balai savamment orchestré par ce vieux monsieur qu’est Octave Lassalle. Le passé et les émotions enfouies ressurgissent peu à peu.
Un très bon moment de lecture

À la recherche de la reine blanche

18 jan

 

À la recherche de la reine blanche
[Et Eventyr]
JONAS T. BENGTSSON, traduit du danois par Alexis Fouillet
aux éditions Denoël, collection Denoël et d’ailleurs, 528 pages

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Présentation éditeur

À six ans, Peter ne va pas à l’école. Son père et lui déménagent sans cesse et vivent en marge de la société. Que fuient-ils, de qui se cachent-ils? Chaque soir, en guise de réponse, son père lui raconte les aventures d’un roi et d’un prince qui, comme eux, n’ont plus de maison et voyagent à travers le monde pour tuer une reine blanche.
Peter admire ce père un peu magique qui exerce tous les métiers, tantôt ébéniste, éclairagiste ou jardinier. Inconscient du danger, il l’accompagne comme un jeu, une vie sur mesure qui pourrait durer toujours…

Odyssée tragique et tendre, À la recherche de la reine blanche nous parle de survie, d’amour et de transmission.

Mon avis
Peter dessine, il remplit des cahiers entiers des instants de vie et d’intimité. Lui et son père n’ont pas de véritable maison, leurs seuls biens sont quelques sacs plastiques, leur maître mot la fuite. Lui et son père déménagent souvent, trop souvent.
Ses cahiers sont ses souvenirs et seules traces de son passé de bohème, alors que l’image du père s’efface peu à peu. Jeune adulte c’est par la peinture qu’il essaie de renouer avec ce passé devenu trop envahissant.
Une très belle histoire sur l’amour filiale, la transmission. Ce père si fragile a pour seule ambition de transmettre à son fils cette nécessiter de vivre libre, de devenir l’adulte qu’il souhaite être

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