Archives des tags : à chaque époque un regard de femme

NEVERHOME

13 fév

NEVERHOME

Laird Hunt, traduit de l’américain par Anne-Laure Tissut

Aux éditions Actes Sud, 260 pages.

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Constance Thompson, femme de l’Indiana éprise de liberté s’engage dans l’armée de l’Union. Dans le couple qu’elle forme avec Bartholomew, l’un des deux doit s’engager pour défendre la République, il ne peut pas en être autrement. Son époux étant plus faible physiquement, c’est donc elle qui, poitrine bandée, revêtira l’uniforme sous le nom de Ash Thompson. Ash n’est pas un jeune homme fragile, bien au contraire, fin tireur endurant et agile il se fera remarquer par ses compagnons pour avoir sauver l’honneur d’une jeune femme et sera surnommé Gallant Ash à qui l’on dédiera un refrain entonné par les troupes. La vie est rude et le combat terrible, cependant Constance/Ash n’abandonnera pas, elle ne l’a pas encore décidé…
Ce récit sur la guerre de Sécession place le lecteur dans l’intimité de cette jeune combattante, ses angoisses et ses attentes, la difficulté du quotidien, tenaillée par la faim, guidée par la peur, peur de la mort, peur de la vie, peur d’être démasquée… Une lecture intense.

Présentation éditeur
Dans la ferme de l’Indiana qui l’a vue grandir, Constance jouit enfin, auprès de son compagnon, d’un bonheur tranquille. Mais lorsque la guerre de Sécession éclate et que Bartholomew est appelé à rejoindre les rangs de l’armée de l’Union, c’est elle qui, travestie en homme, prend sans hésitation, sous le nom d’Ash Thompson, la place de cet époux que sa santé fragile rend inapte à une guerre qu’elle considère comme impensable de ne pas mener.
Ayant perdu la trace de son régiment après une bataille féroce où elle a été blessée, Constance, la rebelle, dépouillée de son uniforme, reprend, au sein de paysages dévastés, le chemin de la ferme, guidée par l’amour infini qu’elle porte à son bien-aimé mais profondément hantée par la violence et l’étrangeté des aventures qui ont marqué sa périlleuse initiation à l’univers impitoyable des champs de bataille et à leurs sordides coulisses.
Abondant en rencontres aux frontières du réel avec les monstres que la guerre fait des hommes et des lieux, ce roman magistral, largement salué par la presse américaine, propose, à travers le parcours de son androgyne et farouche protagoniste immergée dans les ténèbres du chaos, une impressionnante méditation en forme d’épopée sur la fragilité des certitudes et l’inconstance de toute réalité.

Grand Prix Américaine 2015

DEFI LECTURE 2017

10/80, catégorie 1: un livre de votre maison d’édition favorite.

Un paquebot dans les arbres

3 jan

Un paquebot dans les arbres, de Valentine Goby

Aux éditions Actes Sud, 272 pages

Un paquebot dans les arbres

Présentation éditeur

Au milieu des années 1950, Mathilde sort à peine de l’enfance quand la tuberculose envoie son père et, plus tard, sa mère au sanatorium d’Aincourt. Cafetiers de La Roche-Guyon, ils ont été le coeur battant de ce village des boucles de la Seine, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant est ruiné par les soins tandis que le placement des enfants fait voler la famille en éclats, l’entraînant dans la spirale de la dépossession. En ce début des Trente Glorieuses au nom parfois trompeur, la Sécurité sociale protège presque exclusivement les salariés, et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui par insouciance, méconnaissance ou dénuement tardent à solliciter la médecine.
À l’âge où les reflets changeants du fleuve, la conquête des bois et l’insatiable désir d’être aimée par son père auraient pu être ses seules obsessions, Mathilde lutte sans relâche pour réunir cette famille en détresse, et préserver la dignité de ses parents, retirés dans ce sanatorium – modèle architectural des années 1930 –, ce grand paquebot blanc niché au milieu des arbres.

“Un désastre architectural m’offre le contexte de ce roman, une rencontre avec une femme incroyable en fait un chant d’amour. Le bâtiment est le jadis splendide sanatorium d’Aincourt, tombé en ruine au milieu de la forêt, dont la mémoire disparaît sous les gravats. L’histoire d’amour est celle d’une fille pour son père et pour sa famille, au début des années 1960.
La famille dont je parle tient un café au centre de La Roche-Guyon, et Paul Blanc est le centre du café. Il est la figure solaire qui attire tous les regards – joueur d’harmonica, clown, confident, ami fantasque et généreux jusqu’à l’inconscience – y compris celui de sa fille Mathilde, garçon manqué qui ne recule devant rien pour éblouir son père. Elle est la reine du royaume de La Roche, son fleuve, ses douves, ses ronciers, ses bois. Autour de Paul Blanc tournent deux autres enfants pareillement aimantés, et une épouse solide comme le roc. Nulle tragédie ne semble pouvoir venir à bout d’un tel amour, le plus grand amour, Mathilde en est sûre… pas même la tuberculose, qui fait une entrée fracassante dans leur existence et emporte tout, santé, travail, logement, les disloque entre services sociaux et sanatorium.
Mathilde devient le centre de ce corps éclaté. J’ai voulu, encore une fois, mettre en lumière l’extraordinaire capacité de résistance des plus éprouvés. Dans la France des Trente Glorieuses, de la Sécurité sociale et des antibiotiques, qui à certains donnent l’illusion de l’immortalité, la maladie reste, comme le dit Jean-Paul Sartre évoquant la peste, une exagération des rapports de classe. À force de volonté, d’abnégation et d’une audace qui frise le scandale, Mathilde tente de redonner dignité à ceux qu’elle aime. Mineure émancipée, rebelle à tout compromis liberticide (protection sociale contre docilité), elle porte les siens à bout de bras et incarne cette fille puissante et combative que commande l’étymologie de son prénom. Elle refuse la fatalité, la spirale de la dépossession, elle est l’enchanteresse, qui rallume les feux éteints et cherche sans cesse la joie.
Un tel projet ne va pas sans sacrifices. Mathilde a neuf ans au début de l’histoire, à peine dix-neuf au coeur de la tragédie. L’adolescente bouillonnante de vie s’abîme dans la mission qu’elle s’est donnée, écrasée de responsabilités qui ne sont pas de son âge. Ce sont des présences merveilleuses, parfois inattendues qui la relèvent et la sauvent : Jeanne la simplette du village qui ne craint pas les bacilles, Jacques le petit frère mélancolique, Walid le Marocain qui incarne une promesse d’évasion ; et surtout la directrice du lycée de Mantes-la-Jolie, qui lui ouvre les portes d’un monde plus vaste à travers les journaux, une langue et une géographie nouvelles, et notamment l’évocation de la guerre d’Algérie où résonnent singulièrement les mots « indépendance » et « liberté ».
Le « paquebot », c’est l’autre nom donné aux sanatoriums construits dans les années 1930, qui ressemblaient à de vastes navires avec leurs terrasses exposées plein sud et leur architecture massive. Cette évocation d’un bateau voguant sur un océan de verdure, de préférence à celle du sana en retrait du monde, dit à sa façon le désir de Mathilde de se hisser vers la lumière, en capitaine de vaisseau.”V. G.

Mon avis

Mon tout premier livre de l’année 2017, une réussite!

Aprés « Sept jours » et « Kinderzimmer », ce nouveau roman de Valentine Goby laissera lui aussi son empreinte… je me suis transporté, pas si loin que ça, dans les années 50/60, au sein d’une famille entre espoirs et illusions. Ma lecture a été bercée par les chansons de l’époque, le p’tit bal…

Encore un témoignage bouleversant, un moment de lecture très particulier. Valentine Goby nous fait partager l’intimité d’une famille, ses déboires et ses luttes. Le lecteur découvre ou redécouvre toute une époque, les années 1950/60, entre insouciance, précarité pour certains et insécurité pour d’autres. ❤ (️Emprunt ebook)

Ta deuxième vie commen ce quand tu sais que tu n’en a qu’une

24 oct

Ta deuxième vie commence quand tu sais que tu n’en as qu’une

Raphaëlle Giordano

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Présentation éditeur

- Vous souffrez probablement d’une forme de routinite aiguë.

- Une quoi ?
- Une routinite aiguë. C’est une affection de l’âme qui touche de plus en plus de gens dans le monde, surtout en Occident. Les symptômes sont presque toujours les mêmes : baisse de motivation, morosité chronique, perte de repères et de sens, difficulté à être heureux malgré une opulence de biens matériels, désenchantement, lassitude…
- Mais… Comment vous savez tout ça ?
- Je suis routinologue.
- Routino-quoi ?

Camille, trente-huit ans et quart, a tout, semble-t-il, pour être heureuse. Alors pourquoi a-t-elle l’impression que le bonheur lui a glissé entre les doigts ? Tout ce qu’elle veut, c’est retrouver le chemin de la joie et de l’épanouissement. Quand Claude, routinologue, lui propose un accompagnement original pour l’y aider, elle n’hésite pas longtemps : elle fonce. A travers des expériences étonnantes, créatives et riches de sens, elle va, pas à pas, transformer sa vie et repartir à la conquête de ses rêves…

Le grand marin

24 oct

Le Grand Marin

Catherine Poulain, aux éditions de L’ Olivier, 384 pages

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Présentation éditeur

Une femme rêvait de partir.
De prendre le large.
Après un long voyage, elle arrive à Kodiak (Alaska). Tout de suite, elle sait : à bord d’un de ces bateaux qui s’en vont pêcher la morue noire, le crabe et le flétan, il y a une place pour elle. Dormir à même le sol, supporter l’humidité permanente et le sel qui ronge la peau, la fatigue, la peur, les blessures…
C’est la découverte d’une existence âpre et rude, un apprentissage effrayant qui se doit de passer par le sang. Et puis, il y a les hommes. À terre, elle partage leur vie, en camarade.
Traîne dans les bars.
En attendant de rembarquer.
C’est alors qu’elle rencontre le Grand Marin.

L’auteur

Catherine Poulain commence à voyager très jeune. Elle a été, au gré de ses voyages, employée dans une conserverie de poissons en Islande et sur les chantiers navals aux U.S.A., travailleuse agricole au Canada, barmaid à Hong-Kong, et a pêché pendant dix ans en Alaska. Elle vit aujourd’hui entre les Alpes de Haute-Provence et le Médoc, où elle est respectivement bergère et ouvrière viticole. Le Grand Marin est son premier roman.

L ´ Amérique dans tous ses États : état d’ Alaska

Laver les ombres

5 août

Laver les ombres

Jeanne Benameur

Actes Sud, 158 pages

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Quatrième de couverture

Lea danse, jetée à corps perdu dans la perfection du mouvement ; la maîtrise du moindre muscle est sa nécessité absolue. Lea aime, mais elle est un champ de mines, incapable de s’abandonner à Bruno, peintre de l’immobile. En pleine tempête, elle part vers l’océan retrouver sa mère dans la maison de l’enfance.
Il faut bien en avoir le coeur net.
C’est à Naples, pendant la guerre, qu’un “bel ami” français promet le mariage à une jeune fille de seize ans et vend son corps dans une maison close. C’est en France qu’il faudra taire la douleur, aimer l’enfant inespérée, vivre un semblant d’apaisement au bord du précipice.
En tableaux qui alternent présent et passé, peu à peu se dénouent les entraves dont le corps maternel porte les stigmates.
Dans une langue retenue et vibrante, Jeanne Benameur chorégraphie les mystères de la transmission et la fervente assomption des mots qui délivrent.
Jeanne Benameur vit entre Paris et La Rochelle. Elle consacre l’essentiel de son temps à la littérature et à sa transmission. Elle a publié des romans aux éditions Denoël, dont Présent ? (2006), Les Reliques (2005), Les Mains libres (2004), Ça t’apprendra à vivre (2003) et Les Demeurées (2000). Elle écrit également pour la jeunesse, essentiellement chez Thierry Magnier.

Mon avis

Des mots, des mots simples, des images épurées pour conter l’histoire de ces deux femmes, la mère, la fille. Deux corps qui cherchent leurs vibrations, leurs résonances au monde.

Il faut trouver le souffle pour lire les mots, les imaginer vibrer, danser pour s’impreigner de l’intimité de ces deux histoires parallèles jusqu’à la reconstruction du lien.

Une lecture dans l’émotion du geste.

La première de couverture

Paul-Élie Ranson, peintre et cartonnier de tapisseries.

Né le 29 mars 1861 à Limoges, de Louis Casimir Ranson, négociant et de Jeanne Emilie Maquart.

Mort à Paris en 1909

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Et pour aller plus loin

« L’enfance (ou les plages du temps) » – Spectacle de Karine Saporta d’après le roman de Jeanne Benameur « Laver les ombres »

Spectacle chorégraphique et littéraire.

Avec la participation exceptionnelle de Thérèse Clerc et de la Maison des Babayagas de Montreuil – Théâtre Berthelot – Montreuil les 9 et 10 avril 2015 à 20h 30 et le 11 avril 2015 à 17h00

 

Issu d’une rencontre entre la romancière Jeanne Benameur et la chorégraphe Karine Saporta, le spectacle « L’enfance (ou les plages du temps) » met en scène la révélation d’une mère à sa fille. L’objet en est un secret longuement gardé.
Dans ce spectacle construit comme un thriller psychologique, l’oeuvre littéraire et l’oeuvre chorégraphique se répondent avec une grande intensité. Karine, la chorégraphe et Léa, l’héroïne de « Laver les ombres » finissent par se confondre authentiquement. C’est cette identification de l’une à l’autre qui crée le vertige… la magie envoûtante d’une mise en scène indéfinissable.

Moura la mémoire incendiée

3 août

Moura la mémoire incendiée

Alexandra Lapierre, roman, éditions Flammarion, 736 pages

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Présentation éditeur

Adorée par ceux qu’elle aima, honnie par ceux qui la jugèrent insaisissable, Moura a bien existé. Dans les tourmentes de la révolution bolchevique, d’une guerre à l’autre, Moura a traversé mille mondes. Aristocrate d’origine russe, elle s’est appelée Maria Zakrevskaïa, Madame Benckendorff, la Baronne Budberg… Elle a été la passion d’un agent secret britannique, la muse de Maxime Gorki, la compagne de H.G. Wells et l’égérie de l’intelligentsia londonienne. Elle a côtoyé tous les grands du XXe siècle, le Tsar, Staline, Churchill, de Gaulle.

Les uns chantèrent son courage, sa chaleur et sa fidélité. Les autres dénoncèrent ses mensonges. Tous s’entendirent néanmoins sur un point : Moura incarna la Vie. La vie à tout prix.

Sur les traces de son héroïne, Alexandra Lapierre a fouillé les bibliothèques du monde entier durant trois ans. Elle s’est glissée dans les contradictions de son personnage pour brosser un magnifique portrait de femme. Son talent romanesque, son regard à la fois lucide et bienveillant font revivre une multitude de figures captivantes, qui viennent éclairer des pans de la grande Histoire.

Mon avis

Installée dans la vie de Moura, je n’ai pu la quitter qu’à regret à la dernière page, en refermer ce livre. Sans aucun doute, cette femme va m’accompagner quelques temps… Quel destin incroyable !

L’auteure nous transporte dans un tourbillon, les deux guerres, la révolution russe.

Une lecture intense et, très prenante.

Un très, très gros coup de cœur ! Merci !

La première de couverture

La première de couverture est un détail de l’oeuvre de Gustav Klimt « Jeune femme au manchon », une huile sur toile peinte en 1916-1917

jeune femme au manchon

Gustav Klimt, né le 14 juillet 1862 à Baumgarten près de Vienne, mort le 6 février 1918 à Vienne, est un peintre symbolisteautrichien, et l’un des membres les plus en vue du mouvement Art nouveau et de la Sécession de Vienne. Peintre de compositions à personnages, sujets allégoriques, figures, nus, portraits, paysages, dessinateur, décorateur, peintre de cartons de tapisseries, cartons de mosaïquescéramistelithographe. (wikipedia)

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Rosiers sous les arbres, atribué au musée d’Orsay en 1980, huile sur toile.

Le portrait de femme est un travail récurent dans l’oeuvre de Klimt:

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Mais pas que…

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Le chagrin des vivants

1 août

Le chagrin des vivants de Anna Hope, traduit de l’anglais par Elodie Leplat

aux éditions Gallimard, collection « du monde entier », 400 pages

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Présentation éditeur

Durant les cinq premiers jours de novembre 1920, l’Angleterre attend l’arrivée du Soldat inconnu, rapatrié depuis la France. Alors que le pays est en deuil et que tant d’hommes ont disparu, cette cérémonie d’hommage est bien plus qu’un simple symbole, elle recueille la peine d’une nation entière.
À Londres, trois femmes vont vivre ces journées à leur manière. Evelyn, dont le fiancé a été tué et qui travaille au bureau des pensions de l’armée ; Ada, qui ne cesse d’apercevoir son fils pourtant tombé au front ; et Hettie, qui accompagne tous les soirs d’anciens soldats sur la piste du Hammer-smith Palais pour six pence la danse.
Dans une ville peuplée d’hommes incapables de retrouver leur place au sein d’une société qui ne les comprend pas, rongés par les horreurs vécues, souvent mutiques, ces femmes cherchent l’équilibre entre la mémoire et la vie. Et lorsque les langues se délient, les cœurs s’apaisent.

«Les magnifiques portraits de trois Londoniennes aux prises avec les spectres des absents, dans la paix meurtrie de l’après Première Guerre mondiale.»
Gilles Heuré, Télérama

«Le chagrin des vivants ausculte avec justesse l’âme endolorie des survivants et des survivantes que le souvenir des morts empêche de vivre.»
Astrid de Larminat, Le Figaro Littéraire

«Empreinte de la gravité du deuil, mais fouettée par l’urgence de recommencer à vivre, la prose habitée d’Anna Hope épouse les battements de coeur, la fumée des cigarettes, les notes de jazz qui réveillent les corps.»
Jeanne de Ménibus, Elle

«La prose d’Anna Hope est si subtile et son intrigue si bien menée qu’il est difficile de croire qu’il s’agit d’un premier roman.»
The Guardian

«Hope transcende le thème de la haute société et s’attache à des femmes de différentes classes sociales, toutes liées par leur réticence à dire adieu au monde que la guerre a fait voler en éclat.»
The New York Times

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Du-monde-entier/Le-chagrin-des-vivants

Mon avis

Un roman très émouvant qui balaie d’un oeil nouveau cette période difficile.

Dimanche 7 novembre 1920, J – 5, Albert, une petite ville de la Somme, le décompte journalier jusqu’au dernier hommage… l’hommage ultime aux morts de la Der des der. Le portrait de trois femmes dans ces instants douloureux, ces cinq jours qui vont les conduire jusqu’au cénotaphe, qui deviendra la dernière demeure de ce soldat, inconnu, The Unknown Warrior, leurs derniers cris, leurs dernières larmes afin de pouvoir faire leur deuil après ces années d’errance, le chagrin des vivants, simplement garder la trace de ces vies détruites et pouvoir se reconstruire.

 

 

Les heures silencieuses

5 juin

Les heures silencieuses, Gaelle Josse

Aux éditions Autrement, 135 pages

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Delft, novembre 1667. Magdalena Van Beyeren se confie à son journal intime. Mariée très jeune, elle a dû renoncer à ses rêves d’aventure sur les bateaux de son père, administrateur de la Compagnie des Indes orientales. Là n’est pas la place d’une femme… L’évocation de son enfance, de sa vie d’épouse et de mère va lui permettre l’aveu d’un lourd secret et de ses désirs interdits. Inspiré par un tableau d’Emmanuel De Witte, ce premier roman lumineux, coup de coeur des lecteurs et de la presse, dessine le beau portrait d’une femme droite et courageuse dans le peu d’espace qui lui est accordé.

« À l’heure où mes jours se ternissent comme un miroir perd son tain, le besoin de m’alléger de ce qui m’encombre devient plus fort que tout. Je garde l’espoir, naïf peut-être, qu’un tel aveu sera comme l’amputation d’un membre inguérissable qui, pour douloureuse qu’elle soit, permet de sauver le reste du corps. »
Tout paraît à sa juste place dans la vie de Magdalena, épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes orientales à Delft. Rigoureuse, maîtresse d’elle-même, elle aurait pu succéder à son père. Mais le commerce est réservé aux hommes. Sa place est au foyer. Magdalena doit se limiter à cet espace intérieur, où elle a souhaité se faire représenter à son épinette, de dos. Un décor à secrets, que son journal intime dévoile. Déceptions, souvenirs, drames familiaux, mais aussi joies, et désirs interdits…
Dans le silence de l’heure, derrière le précaire rempart de l’ordre et de la mesure, Magdalena transcrit les vacillements de son coeur, explorant les replis les plus secrets de l’âme.

Mon avis

XXVIIe siècle

Comme un prélude de son autre roman « L’ombre de nos vies », Gaelle Josse invite le lecteur pour un voyage à l’intérieur d’un tableau du peintre flamand Emmanuel De Witte; l’héroïne Magdalena étant le modèle de ce tableau. Nous sommes en 1667, aux Pays-Bas, en plein coeur de l’hiver. Magdalena se livre sur les pages de son journal intime.

Un très beau portrait de femme, d’un autre siècle.

Emmanuel De Witte

Cet article est extrait de l’ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre néerlandais (Alkmaar v. 1617  –  Amsterdam 1691 ou 1692).

Élève d’Evert Van Aelst à Delft, Emmanuel de Witte débuta comme peintre de portraits. En 1636, il est inscrit à la gilde de Saint-Luc d’Alkmaar ; il séjourne à Rotterdam en 1639-40, puis à Delft de 1641 à 1650, où il peint un tableau à sujet mythologique, Vertumne et Pomone (1644, Rotterdam, B. V. B.), dont le paysage fait penser à ceux de Poelenburgh. Il subit pendant cette période l’influence de G. Houckgest et de H. Van Vliet. En 1652-53, il est à Amsterdam, en 1654-55 à Delft, puis il s’installe à Amsterdam en 1656. Rien n’est venu confirmer l’affirmation de Houbraken selon laquelle il aurait eu un caractère difficile ; et, de même, il ne se serait pas suicidé.

Si l’on met à part quelques scènes de genre, telles que l’admirable Intérieur au clavecin (1667, Rotterdam, B. V. B.) — qui évoque d’une façon précise l’art de Pieter De Hooch et dont le lumière, à la fois calme et forte, s’irise d’une poésie vermérienne — et divers Marchés aux poissons à Amsterdam (Londres, N. G. ; 1672, Rotterdam, B. V. B. ; Rijksmuseum ; Moscou, musée Pouchkine), Emmanuel de Witte apparaît comme un peintre spécialisé dans les vues d’intérieur d’édifices religieux. Ses motifs sont tantôt des églises gothiques — indifféremment catholiques ou protestantes —, traitées d’ailleurs avec assez de fantaisie pour que les éléments en soient empruntés à plusieurs édifices ou à plusieurs styles, comme dans l’Intérieur d’église du musée de La Fère (citons les deux Intérieurs d’église du Rijksmuseum, la Nieuwe Kerk d’Amsterdam, 1656, Rotterdam, B. V. B. et Rijksmuseum ; l’Intérieur d’église, 1668, Mauritshuis), tantôt des synagogues (Intérieur de la synagogue portugaise d’Amsterdam, Rijksmuseum) ou bien encore l’admirable Intérieur de la Nieuwe Kerk à Delft (1656, musée de Lille), chef-d’œuvre de luminosité et de contrastes où la tache rouge du manteau du visiteur du premier plan se détache sur le blanc des colonnes, caressées par une lumière subtile. Son iconographie est intéressante et s’oppose très fortement à celle de Pieter Saenredam. Il aime peindre les édifices religieux pendant les services ou, en tout cas, animés par des personnages : c’est qu’il est aussi un excellent peintre de figures et qu’il sait à merveille les insérer dans ses architectures. De Witte excelle également à rendre la lumière venant du dehors et à évoquer une atmosphère de calme et de silence que ne troublent pas, bien au contraire, de discrètes allusions à la réalité quotidienne : petits détails anecdotiques comme la présence de chiens ou de personnages conversant dans des églises conçues comme des intérieurs avec de subtils jeux de lumière sur les carrelages blancs et noirs. La qualité en quelque sorte moelleuse de sa lumière reste à peu près sans égale dans la peinture néerlandaise d’église, qui n’évite pas toujours la froideur de la minutie ni la sécheresse des mises en perspective d’un Saenredam et plus encore d’un Houckgeest ou d’un Van Vliet. À ce titre, de Witte doit être rattaché, dans l’école de Delft, au courant illustré par Fabritius, et, par sa poésie, surtout dans des toiles comme celles de Moscou et de Rotterdam (Intérieur au clavecin), mérite d’être nommé en face de Vermeer.
En savoir plus sur http://www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/Witte/154952#H6Xsd9HjbDYWoi5m.99

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Intérieur avec une femme jouant du virginal, huile sur toile, 97,5 x 109,7 cm, (1660 – 1667), Musée des Beaux Arts de Montréal,restauré avec le soutien de la fondation BNPParibas

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Intérieur d’église, huile sur toile, 55 x 44 cm, vers 1669, Musée du Louvre, Richelieu 2ème étage, Hollande deuxième moitié du XVIIe siècle, salle 38

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Intérieur de la Nieuwe Kerk de Delft, avec vue de la tombe de Guillaume le Taciturne, huile sur toile, 97 × 85 cm, (1656), Palais des beaux-arts de Lille

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Intérieur d’église gothique, huile sur toile, 63,5 x 49,5 cm, (1679), Musée des beaux-arts de Strasbourg

l’épouse hollandaise

5 juin

l’épouse hollandaise, Eric McCormack, traduit de l’anglais (Canada) par Sabine Porte

Aux éditions Christian Bourgois, collection Fictives, 330 pages

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Quatrième de couverture

Thomas Vanderlinden raconte l’histoire remarquable de sa mère, Rachel, et des deux hommes avec lesquels elle a partagé sa vie. Tous deux s’appelaient Rowland Vanderlinden. Le premier, parti en voyage, n’est jamais revenu. Le second Rowland, un homme que Rachel a accepté sans poser aucune question, était un mystère. Qui était-il ? et qu’est-il arrivé au premier Rowland Vanderlinden ? Déterminé à percer les secrets des deux hommes, Thomas part à la recherche du premier Rowland, et le retrouve finalement sur une île isolée au milieu de l’océan Pacifique. Le premier Rowland raconte alors à Thomas ses nombreuses mésaventures et peu à peu Thomas apprend à le respecter. Il découvre aussi la véritable identité de l’autre Rowland Vanderlinden, un homme avec qui sa mère vécut heureuse de nombreuses années, bien qu’il fut loin d’être la personne qu’il incarnait.
Le lecteur ne peut que se laisser envoûter par cette étrange épopée vibrante d’échos de Conrad et Borges où McCormack dévoile autant qu’il dissimule, et qui est tout à la fois un roman d’aventure jubilatoire, un énigmatique portrait de femme, entre apparente résignation et vraie liberté, une plongée au cœur du mystère de chaque être.

Mon avis

Rachel a une telle confiance en son époux qu’elle accepte la chose la plus incroyable qui soit, le substitut de l’être aimé… roman étonnant qui entraine le lecteur dans un voyage culturel, confrontant deux mondes presque irréels.

Illustration de couverture : Reliquaire korwar, fin XVIIe siècle
Baie de Geelvink, Irian Jaya
Musée du quai Branly
Dépôt du Muséum national d’Histoire naturelle – musée de l’homme

 

 

 

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