Archives des tags : à chaque époque un regard de femme

Amours

29 mar

Amours

Léonor de Récondo

Aux éditions Sabine Wespieser, 280 p

Prix RTL-Lire 2015

Prix des Libraires 2015

amours

Il y a des lectures comme ça… Je me souviens de chaque instant de celle-ci. Août 2015, j’étais en vacances en Corrèze…

Ma bibliothèque est une boîte à souvenirs…

Bien souvent j’emprunte mes lectures à la médiathèque située à deux pas de chez moi, le choix des bibliothécaires est un bon argument face à la profusion des sorties litteraires. J’emprunte, je lis, je rends et très souvent j’attends. J’attends pour chiner chez les bouquinistes et là, posé sur l’étal, j’achète. J’achète  le souvenir d’ une lecture qui m’a transportée, des odeurs qui l’ont accompagnées, des rires, des pleurs, des moments partagés, des instants de vie qui me reviennent en mémoire dans un souffle léger…

Et là je peux dire: superbe roman! Amours. Deux portraits de femmes servis par une belle écriture. L’aristocrate et la servante, deux visions d’un monde et un vent de liberté qui souffle et ravive les braises de l’amour un peu trop bourgeois de ce début de siècle.

Quatrième de couverture

Nous sommes en 1908. Léonor de Récondo choisit le huis clos d’une maison bourgeoise, dans un bourg cossu du Cher, pour laisser s’épanouir le sentiment amoureux le plus pur – et le plus inattendu. Victoire est mariée depuis cinq ans avec Anselme de Boisvaillant. Rien ne destinait cette jeune fille de son temps, précipitée dans un mariage arrangé avec un notaire, à prendre en mains sa destinée. Sa détermination se montre pourtant sans faille lorsque la petite bonne de dix-sept ans, Céleste, tombe enceinte : cet enfant sera celui du couple, l’héritier Boisvaillant tant espéré.

Comme elle l’a déjà fait dans le passé, la maison aux murs épais s’apprête à enfouir le secret de famille. Mais Victoire n’a pas la fibre maternelle, et le nourrisson dépérit dans le couffin glissé sous le piano dont elle martèle inlassablement les touches.

Céleste, mue par son instinct, décide de porter secours à l’enfant à qui elle a donné le jour. Quand une nuit Victoire s’éveille seule, ses pas la conduisent vers la chambre sous les combles…

Les barrières sociales et les convenances explosent alors, laissant la place à la ferveur d’un sentiment qui balayera tout.

 

 

 

Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary

14 mar

Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary

Philippe Doumenc

Actes Sud, 190 pages

contre-enquete sur la mort d'emme bovary

 

Et si ce n’était pas un suicide…? Philippe Doumenc reprend et décortique les derniers jours de la belle pour échafauder sa théorie, une véritable enquête littéraire. Tous les protagonistes sont auditionnés, chacun retrouve un rôle dans ce nouveau scénario.

Une enquête policière menée avec justesse et le style d’écriture dépoussièrent et accordent une deuxième vie aux personnages du roman et à Flaubert lui-même.

…La foule maintenant avait quitté l’église et marchait dans la neige. Des femmes en coiffe, des hommes en grosse blouse bleue et foulard rouge ou noir se joignaient au cortège. Le bedeau referma la porte, les chants s’élevèrent, la procession se dirigea vers le cimetière.

Un instant, au coin de la rue, vêtu d’une sorte de houppelande, un jeune homme passa, apparition assez splendide si l’on peut dire. Sa haute taille, ses yeux clairs, ses longues moustaches blondes évoquaient quelque passé de guerrier viking, un ancêtre de ces villageois de Basse-Normandie. D’où diable sortait ce personnage ?

« Qui est-ce ? demanda Remi.

- Jamais je ne l’ai vu, dit Tuvache.

-Moi je sais qui c’est, fit Delévoye. C’est Gustave, l’un des deux fils du professeur Achille Flaubert, le professeur à la faculté de médecine de Rouen. Il se croit doué pour les gazettes, il veut écrire des romans, cette idée! Que fait-il ici, est-il à la recherche d’un sujet? Un goujon, la gueule toujours ouverte pour gober ce qui se passe à portée et le régurgiter à sa manière. Du monde à éviter. »

Présentation éditeur
Elle s’appelle Emma Bovary et son histoire est célèbre. Amoureuse de l’amour, elle a vécu d’illusions, trompé son mari et ruiné son ménage. Dans un geste de désespoir, elle se tue en absorbant une forte dose d’arsenic – c’est du moins ce que prétend Flaubert. Or c’est un fait reconnu que l’arsenic, en une seule prise, n’est presque jamais mortel…
Voici ce qui s’est réellement passé : au chevet de la jeune femme, deux médecins ont été appelés. L’un relève des traces discrètes de contusions ; l’autre pourra témoigner des derniers mots chuchotés par Emma : “Assassinée, pas suicidée.” Deux policiers de Rouen sont dépêchés àYonville afin d’élucider l’affaire. Et voilà bientôt plusieurs suspects : un mari cocu, un prêteur sur gages, deux femmes de caractère, un cynique libertin, un pharmacien concupiscent…
Dans le décor médiocre et petit-bourgeois où Emma suffoquait d’ennui, Philippe Doumenc orchestre une contre-enquête brillante et talentueuse qui nous révèle enfin ce que Flaubert lui-même feignait d’ignorer.
Philippe Doumenc, qui a fait carrière dans l’aviation longcourrier, vit à Paris. Il est l’auteur de trois autres romans – Les Comptoirs du Sud (Seuil, prix Renaudot, 1989), En haut à gauche du paradis (Seuil, 1992), Les Amants de Tonnégrande (Seuil, 2003) – et d’un recueil de récits : Un tigre dans la soute (Actes Sud, 2008). 

L’art dans les premières de couverture

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La Somnolente

Friedrich von Amerling (1803-1887)

DEFI LECTURE 2017.

La jeune fille à la perle

9 mar

La jeune fille à la perle

Tracy Chevalier, traduit de l’anglais Marie-Odile Fortier-Masek

aux éditions Quai Voltaire, 271 pages

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Dans ce roman très documenté, Griet adolescente protestante est placée dans la famille Vermeer. Son travail, après le ménage, lessivage et repassage consiste à dépoussiérer avec minutie l’atelier du peintre.

Nous sommes à Delft en 1660, les tableaux du maître fascinent Griet. Ombres, lumières et couleurs. Les pigments, ocre, garance, lapis-lazuli, ivoire, jaune d’œuf sont les textures qu’elle apprend à manipuler.

Griet, servante douce et un peu espiègle prend vie sous les traits de La Jeune fille à la Perle et sous la plume de Tracy Chevalier.

Quatrième de couverture

La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l’âge d’or de la peinture hollandaise. La ville est aussi prospère que rigide. Griet s’occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s’efforçant d’amadouer l’épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune étant très jalouse de ses prérogatives.
Au fil du temps, la douceur de la jeune fille, sa vivacité, sa sensibilité émeuvent le maître. Il l’introduit dans son univers. À mesure que s’affirme leur intimité, la tension et la suspicion règnent dans la maisonnée, le scandale se propage dans la ville.
Tracy Chevalier s’est inspirée d’un des plus célèbres et mystérieux tableaux de Vermeer, La Jeune Fille à la perle, pour écrire ce roman envoûtant sur la corruption de l’innocence. C’est l’histoire d’un cœur simple sacrifié au bûcher du génie.

Les tableaux de Vermeer abordés dans ce roman

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Portrait de Mme Van Ruijven

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La laitière sous les traits de Tanneke

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La fille du boulanger Jeune fille à l’aiguière

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La leçon de musique, M. Van Ruijven, sa sœur et sa nièce

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Portrait de Griet, La jeune fille à la perle

Les brumes de Sapa

26 fév

Les brumes de Sapa

Lolita Séchan

Aux éditions Delcourt, collection Encrages, roman graphique

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À 22 ans Lolita vit encore chez maman, « le cul vissé à une chaise, à gamberger jour et nuit sur mon avenir ». Pour se sortir de cette morosité et de sa famille qui l’étouffe, elle décide d’allez voir ailleurs… Dans un sac à dos, elle glisse un carnet, un crayon, des baskets et de l’immodium et la voilà partie vers l’ aéroport Charles de Gaulle, direction Hô-Chi-Minh-Ville, dépaysement assuré. Les jours passent et elle doit réapprendre à vivre en ville, en fonction des us et coutumes du pays. Elle fuit cet univers grouillant, se dirige vers Hanoï, la Baie d’Ha Long et finalement prend un dernier train pour Sapa. Cette petite ville nichée au cœur de la montagne, à la frontière de la Chine et du Laos abrite une des plus importantes ethnies minoritaires du pays, les Hmong.

« Sapa ressemble à un petit Disneyland où on aurait remplacé Mickey Mouse par des enfants Hmong. »

C’est là que Lolita rencontre Lo Thi Gom, 12 ans, petite vendeuse d’objets artisanaux. Lo Thi Gom, Lolita, deux noms presque identiques. Dorénavant, en pays Hmong, le nom de Lolita sera Lo Thi Ta.

Une amitié sincère vient de naître. Deux cultures si différentes vont se côtoyer et s’enrichir l’une de l’autre. Chaque année pendant dix ans, pour quelques jours, Lolita deviendra Lo Thi Ta…

C’est ce cheminement que nous compte l’auteure, leurs déboires, leurs joies, leurs peines, leur différence qui parfois les unit et les fait grandir.

Présentation éditeur

Un récit de vie touchant sur le passage à l’âge adulte à travers l’amitié improbable de deux jeunes filles : Lolita, ado parisienne un peu perdue, et Lo Thi Gôm, petite fille de la minorité Hmong opprimée au Vietnam.

Peut-on être amis quand tout nous sépare ? Les étapes qui construisent nos vies d’adulte

sont-elles les mêmes lorsqu’on a des existences très éloignées ? Obstacles du quotidien, premiers amours, premiers travails, rapport aux parents… Sur fond de transformation du Vietnam, deux jeunes femmes que tout sépare vont vivre une amitié de celles qui montrent que certaines questions sont universelles…

Lolita Séchan est née à Paris le 9 août 1980. Après avoir étudié tour à tour, la psychologie, le dessin, le cinéma, les lettres et la mythologie, elle part à Montréal et publie un roman pour la jeunesse, Les cendres de maman (les 400 coups, 2006). De retour en France, elle écrit Todo Loco (Mécanique Générale, 2010) avec son ami Emmanuel Grard au crayon, puis dessine son premier album BD, Marshmalone (Hélium 2010). En 2011, elle se lance dans l’écriture d’une histoire d’amitié qu’elle porte en elle depuis dix ans. Ce travail à tâtons, le temps d’apprendre le métier de dessinatrice de bande dessinée, lui prendra cinq ans. Cinq ans pour une thérapie sous forme de roman graphique. Le règne de la lenteur dans une époque pressée.

Céleste Quatorze

22 fév

Céleste Quatorze

Christine Gauthier-Bravard

Aux éditions du Ver Luisant, 243 pages

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Céleste, jeune orpheline placée chez un couple de Coussac-Bonneval, rêve d’aventures et d’indépendance. À quinze ans, elle fuit sa campagne limousine et monte à Paris rejoindre sa sœur adoptive. Pour elle c’est une nouvelle vie qui s’annonce, pleine de rebondissements…

J’ai été conquise!
Le lecteur est entraîné, happé dans cette aventure. Beaucoup de rythme et une écriture fluide, une très belle découverte!

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DÉFI LECTURE 2017, catégorie 11, roman d’un auteur auto-édité

Le Journal de Frankie Pratt

16 fév

LE JOURNAL DE FRANKIE PRATT
Caroline Preston, traduit de l’anglais (Américain) par Katel Le Fur
Aux éditions Nil, 240 pages
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À la fois roman d’apprentissage, chef-d’oeuvre artisanal et fabuleuse machine à remonter le temps, Le Journal de Frankie Pratt est unique en son genre : le premier scrapbook littéraire. « Un délice rétro, une nouvelle forme d’art littéraire. » The Washington Post

Le Journal de Frankie Pratt dans Romans graphiques & BD giftransparent
Cartes postales anciennes, lettres, publicités, échantillons de tissus, menus glanés chez les antiquaires ou sur internet : six cents pièces ont été nécessaires à la composition de ce scrapbook. Son héroïne, Frankie Pratt, a 18 ans en 1920 lorsque sa mère lui offre un journal. Élève prometteuse à Cornish (Nouvelle-Angleterre), la jeune fille voudrait quitter son village, découvrir l’université, et plus tard devenir écrivain, mais il lui faut renoncer au prestige du Vassar College pour aider sa mère veuve et désargentée : même avec une bourse, ces études demeurent hors de portée. Par un étrange tour du destin, les portes de la célèbre institution vont finalement s’ouvrir à elle, à la faveur de son idylle naissante avec le peu recommandable capitaine Pingree. Étudiante, Frankie croise des intellectuels et des écrivains, parmi lesquels Edna St. Vincent Millay (prix Pulitzer 1923), qui l’encourage à s’installer à Greenwich Village afin de se consacrer à l’écriture. Mais après quelques charlestons et verres de gin frelaté, les amours à New York deviennent folles, et il est temps pour elle de renouer avec ses rêves : elle embarque pour Paris. À bord du SSMauretania, Frankie se prend d’amitié pour une « vieille fille aventurière » et deux princes russes exilés – rencontre qui la conduit jusqu’à l’appartement en soupente de la librairie Shakespeare & Company tenue par Sylvia Beach, plaque tournante de la vie des écrivains et des expatriés de langue anglaise. Parmi eux, un certain James Joyce, qui travaille à son nouveau manuscrit, et un homme séduisant surgi du passé… Tandis que Lindbergh atterrit en triomphe à l’aéroport du Bourget, Frankie doit repartir vers son village natal, au chevet de sa mère atteinte d’un inquiétant rhume de poitrine. Mais même de retour à Cornish, Frankie ne saurait renoncer à sa quête de succès et d’amour…Caroline Preston est l’auteur de trois romans à succès aux États-Unis, dont Lucy efface tout, traduit en 2001 aux Éditions NiL. Le Journal de Frankie Pratt lui a été inspiré par l’amitié qui lia sa grand-mère à Sylvia Beach, la libraire et éditrice légendaire du Saint-Germain-des-Prés des années 1920. Elle travaille d’ores et déjà à son prochain scrapbook.
Mon avis
Entre parenthèse sur la première de couverture, on lit roman (graphique) estampillé 100% vintage… Et je rajouterai 100% plaisir. Ce livre a le charme désuet des photographies couleur sépia que l’on peut trouver dans une vieille boîte à chaussures ayant appartenue à nos grands-mères. Cet album est bourré de petits trésors de fonds de tiroirs. Un vrai régal!

NEVERHOME

13 fév

NEVERHOME

Laird Hunt, traduit de l’américain par Anne-Laure Tissut

Aux éditions Actes Sud, 260 pages.

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Constance Thompson, femme de l’Indiana éprise de liberté s’engage dans l’armée de l’Union. Dans le couple qu’elle forme avec Bartholomew, l’un des deux doit s’engager pour défendre la République, il ne peut pas en être autrement. Son époux étant plus faible physiquement, c’est donc elle qui, poitrine bandée, revêtira l’uniforme sous le nom de Ash Thompson. Ash n’est pas un jeune homme fragile, bien au contraire, fin tireur endurant et agile il se fera remarquer par ses compagnons pour avoir sauver l’honneur d’une jeune femme et sera surnommé Gallant Ash à qui l’on dédiera un refrain entonné par les troupes. La vie est rude et le combat terrible, cependant Constance/Ash n’abandonnera pas, elle ne l’a pas encore décidé…
Ce récit sur la guerre de Sécession place le lecteur dans l’intimité de cette jeune combattante, ses angoisses et ses attentes, la difficulté du quotidien, tenaillée par la faim, guidée par la peur, peur de la mort, peur de la vie, peur d’être démasquée… Une lecture intense.

Présentation éditeur
Dans la ferme de l’Indiana qui l’a vue grandir, Constance jouit enfin, auprès de son compagnon, d’un bonheur tranquille. Mais lorsque la guerre de Sécession éclate et que Bartholomew est appelé à rejoindre les rangs de l’armée de l’Union, c’est elle qui, travestie en homme, prend sans hésitation, sous le nom d’Ash Thompson, la place de cet époux que sa santé fragile rend inapte à une guerre qu’elle considère comme impensable de ne pas mener.
Ayant perdu la trace de son régiment après une bataille féroce où elle a été blessée, Constance, la rebelle, dépouillée de son uniforme, reprend, au sein de paysages dévastés, le chemin de la ferme, guidée par l’amour infini qu’elle porte à son bien-aimé mais profondément hantée par la violence et l’étrangeté des aventures qui ont marqué sa périlleuse initiation à l’univers impitoyable des champs de bataille et à leurs sordides coulisses.
Abondant en rencontres aux frontières du réel avec les monstres que la guerre fait des hommes et des lieux, ce roman magistral, largement salué par la presse américaine, propose, à travers le parcours de son androgyne et farouche protagoniste immergée dans les ténèbres du chaos, une impressionnante méditation en forme d’épopée sur la fragilité des certitudes et l’inconstance de toute réalité.

Grand Prix Américaine 2015

DEFI LECTURE 2017

10/80, catégorie 1: un livre de votre maison d’édition favorite.

Un paquebot dans les arbres

3 jan

Un paquebot dans les arbres, de Valentine Goby

Aux éditions Actes Sud, 272 pages

Un paquebot dans les arbres

Présentation éditeur

Au milieu des années 1950, Mathilde sort à peine de l’enfance quand la tuberculose envoie son père et, plus tard, sa mère au sanatorium d’Aincourt. Cafetiers de La Roche-Guyon, ils ont été le coeur battant de ce village des boucles de la Seine, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant est ruiné par les soins tandis que le placement des enfants fait voler la famille en éclats, l’entraînant dans la spirale de la dépossession. En ce début des Trente Glorieuses au nom parfois trompeur, la Sécurité sociale protège presque exclusivement les salariés, et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui par insouciance, méconnaissance ou dénuement tardent à solliciter la médecine.
À l’âge où les reflets changeants du fleuve, la conquête des bois et l’insatiable désir d’être aimée par son père auraient pu être ses seules obsessions, Mathilde lutte sans relâche pour réunir cette famille en détresse, et préserver la dignité de ses parents, retirés dans ce sanatorium – modèle architectural des années 1930 –, ce grand paquebot blanc niché au milieu des arbres.

“Un désastre architectural m’offre le contexte de ce roman, une rencontre avec une femme incroyable en fait un chant d’amour. Le bâtiment est le jadis splendide sanatorium d’Aincourt, tombé en ruine au milieu de la forêt, dont la mémoire disparaît sous les gravats. L’histoire d’amour est celle d’une fille pour son père et pour sa famille, au début des années 1960.
La famille dont je parle tient un café au centre de La Roche-Guyon, et Paul Blanc est le centre du café. Il est la figure solaire qui attire tous les regards – joueur d’harmonica, clown, confident, ami fantasque et généreux jusqu’à l’inconscience – y compris celui de sa fille Mathilde, garçon manqué qui ne recule devant rien pour éblouir son père. Elle est la reine du royaume de La Roche, son fleuve, ses douves, ses ronciers, ses bois. Autour de Paul Blanc tournent deux autres enfants pareillement aimantés, et une épouse solide comme le roc. Nulle tragédie ne semble pouvoir venir à bout d’un tel amour, le plus grand amour, Mathilde en est sûre… pas même la tuberculose, qui fait une entrée fracassante dans leur existence et emporte tout, santé, travail, logement, les disloque entre services sociaux et sanatorium.
Mathilde devient le centre de ce corps éclaté. J’ai voulu, encore une fois, mettre en lumière l’extraordinaire capacité de résistance des plus éprouvés. Dans la France des Trente Glorieuses, de la Sécurité sociale et des antibiotiques, qui à certains donnent l’illusion de l’immortalité, la maladie reste, comme le dit Jean-Paul Sartre évoquant la peste, une exagération des rapports de classe. À force de volonté, d’abnégation et d’une audace qui frise le scandale, Mathilde tente de redonner dignité à ceux qu’elle aime. Mineure émancipée, rebelle à tout compromis liberticide (protection sociale contre docilité), elle porte les siens à bout de bras et incarne cette fille puissante et combative que commande l’étymologie de son prénom. Elle refuse la fatalité, la spirale de la dépossession, elle est l’enchanteresse, qui rallume les feux éteints et cherche sans cesse la joie.
Un tel projet ne va pas sans sacrifices. Mathilde a neuf ans au début de l’histoire, à peine dix-neuf au coeur de la tragédie. L’adolescente bouillonnante de vie s’abîme dans la mission qu’elle s’est donnée, écrasée de responsabilités qui ne sont pas de son âge. Ce sont des présences merveilleuses, parfois inattendues qui la relèvent et la sauvent : Jeanne la simplette du village qui ne craint pas les bacilles, Jacques le petit frère mélancolique, Walid le Marocain qui incarne une promesse d’évasion ; et surtout la directrice du lycée de Mantes-la-Jolie, qui lui ouvre les portes d’un monde plus vaste à travers les journaux, une langue et une géographie nouvelles, et notamment l’évocation de la guerre d’Algérie où résonnent singulièrement les mots « indépendance » et « liberté ».
Le « paquebot », c’est l’autre nom donné aux sanatoriums construits dans les années 1930, qui ressemblaient à de vastes navires avec leurs terrasses exposées plein sud et leur architecture massive. Cette évocation d’un bateau voguant sur un océan de verdure, de préférence à celle du sana en retrait du monde, dit à sa façon le désir de Mathilde de se hisser vers la lumière, en capitaine de vaisseau.”V. G.

Mon avis

Mon tout premier livre de l’année 2017, une réussite!

Aprés « Sept jours » et « Kinderzimmer », ce nouveau roman de Valentine Goby laissera lui aussi son empreinte… je me suis transporté, pas si loin que ça, dans les années 50/60, au sein d’une famille entre espoirs et illusions. Ma lecture a été bercée par les chansons de l’époque, le p’tit bal…

Encore un témoignage bouleversant, un moment de lecture très particulier. Valentine Goby nous fait partager l’intimité d’une famille, ses déboires et ses luttes. Le lecteur découvre ou redécouvre toute une époque, les années 1950/60, entre insouciance, précarité pour certains et insécurité pour d’autres. ❤ (️Emprunt ebook)

Ta deuxième vie commen ce quand tu sais que tu n’en a qu’une

24 oct

Ta deuxième vie commence quand tu sais que tu n’en as qu’une

Raphaëlle Giordano

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Présentation éditeur

- Vous souffrez probablement d’une forme de routinite aiguë.

- Une quoi ?
- Une routinite aiguë. C’est une affection de l’âme qui touche de plus en plus de gens dans le monde, surtout en Occident. Les symptômes sont presque toujours les mêmes : baisse de motivation, morosité chronique, perte de repères et de sens, difficulté à être heureux malgré une opulence de biens matériels, désenchantement, lassitude…
- Mais… Comment vous savez tout ça ?
- Je suis routinologue.
- Routino-quoi ?

Camille, trente-huit ans et quart, a tout, semble-t-il, pour être heureuse. Alors pourquoi a-t-elle l’impression que le bonheur lui a glissé entre les doigts ? Tout ce qu’elle veut, c’est retrouver le chemin de la joie et de l’épanouissement. Quand Claude, routinologue, lui propose un accompagnement original pour l’y aider, elle n’hésite pas longtemps : elle fonce. A travers des expériences étonnantes, créatives et riches de sens, elle va, pas à pas, transformer sa vie et repartir à la conquête de ses rêves…

Le grand marin

24 oct

Le Grand Marin

Catherine Poulain, aux éditions de L’ Olivier, 384 pages

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Présentation éditeur

Une femme rêvait de partir.
De prendre le large.
Après un long voyage, elle arrive à Kodiak (Alaska). Tout de suite, elle sait : à bord d’un de ces bateaux qui s’en vont pêcher la morue noire, le crabe et le flétan, il y a une place pour elle. Dormir à même le sol, supporter l’humidité permanente et le sel qui ronge la peau, la fatigue, la peur, les blessures…
C’est la découverte d’une existence âpre et rude, un apprentissage effrayant qui se doit de passer par le sang. Et puis, il y a les hommes. À terre, elle partage leur vie, en camarade.
Traîne dans les bars.
En attendant de rembarquer.
C’est alors qu’elle rencontre le Grand Marin.

L’auteur

Catherine Poulain commence à voyager très jeune. Elle a été, au gré de ses voyages, employée dans une conserverie de poissons en Islande et sur les chantiers navals aux U.S.A., travailleuse agricole au Canada, barmaid à Hong-Kong, et a pêché pendant dix ans en Alaska. Elle vit aujourd’hui entre les Alpes de Haute-Provence et le Médoc, où elle est respectivement bergère et ouvrière viticole. Le Grand Marin est son premier roman.

L ´ Amérique dans tous ses États : état d’ Alaska

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