Archives des tags : à chaque époque un regard de femme

Une longue impatience

21 juin

Gaëlle Josse

Aux éditions Noir sur Blanc, collection Notabilia, 192 pages

9782882504890-fa590

Un livre de moins de 200 pages. Je viens de terminer «Une longue impatience» de Gaëlle Josse, mais qu’est ce que j’aime cette auteure! J’aime sa simplicité, sa finesse, la justesse des sentiments exprimés par Anne, l’héroïne de ce trop court roman. Après avoir lu ces dernières années, «Le dernier gardien d’Ellis Island», «Les heures silencieuses», «L’ombre de nos nuits» et «Un été à quatre mains», je me suis laissée envahir par les mots, par leur gourmandise, le manque et l’absence, la bienveillance de l’ amour maternel.

Présentation éditeur

Ce soir-là, Louis, seize ans, n’est pas rentré à la maison. Anne, sa mère, dans ce village de Bretagne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, voit sa vie dévorée par l’attente, par l’absence qui questionne la vie du couple et redessine celle de toute la famille.

 

Chaque jour, aux bords de la folie, aux limites de la douleur, Anne attend le bateau qui lui ramènera son fils. Pour survivre, elle lui écrit la fête insensée qu’elle offrira pour son retour. Telle une tragédie implacable, l’histoire se resserre sur un amour maternel infini.

Le Carnet d’Or

28 avr

Doris Lessing, traduit de l’anglais par Marianne Veron

Le Livre de Poche, 765 pages

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Lc  d’avril pour le groupe Il Est Bien Ce Livre, la contrainte étant pour ce mois «lire un livre de plus de 600 pages», j’ai enfin lu «Le carnet d’or» de Doris Lessing. Les années 50, un roman «Femmes libres» Anna et Molly, sont artistes, mères célibataires. Anna est l’auteure d’un unique roman. Sa vie, ses humeurs, ses envies, ses émotions, elle les retranscrit dans différents carnets, noir, rouge, jaune, bleu et un tout dernier, le cinquième, le carnet d’or. Son regard sur le monde est très moderne, son regard sur son travail est très présent, pesant.

Présentation éditeur

Le prix Nobel de littérature 2007 a consacré Doris Lessing comme l’un des plus grands écrivains du xxe siècle. Parmi tous ses romans, remarquables d’intelligence, de passion et d’originalité, Le Carnet d’or demeure l’œuvre phare.
Une jeune romancière, Anna Wulf, hantée par le syndrome de la page blanche a le sentiment que sa vie s’effondre. Par peur de devenir folle, elle note ses expériences dans quatre carnets de couleur. Mais c’est un cinquième, couleur d’or, qui sera la clé de sa guérison, de sa renaissance.
Le Carnet d’or est le portrait puissant d’une femme en quête de sa propre identité, personnelle et politique.

 

 

La Marque de Windfield

28 avr

Ken Follett, traduit de l’anglais  par Jean Rosenthal

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Aux éditions Le Livre de Poche 620 pages

Saga, thriller, roman victorien. Un peu plus de 600 pages, bon pour la Lc du mois! Windfield collège bourgeois de l’Angleterre victorienne, cinq eleves font le mur pour aller se baigner dans une mare, chahutent, l’un d’eux se noie. Quelques années plus tard, entre débauche, argent et jeux mondains on retrouve les élèves marqués par le secret de cette douloureuse journée.
Un très bon moment de lecture.

Quatrième de couverture

L’auteur du Code Rebecca et de l’inoubliable fresque des Piliers de la Terre nous emmène ici, avec sa prodigieuse science de l’intrigue, au cœur de l’Angleterre victorienne.
En 1866, plusieurs élèves du collège de Windfield sont les témoins d’un accident au cours duquel un des leurs trouve la mort. Mais cette noyade est-elle vraiment un accident ? Les secrets qui entourent cet épisode vont marquer à jamais les destins d’Edward, riche héritier d’une grande banque, de Hugh, son cousin pauvre et réprouvé, de Micky Miranda, fils d’un richissime Sud-Américain. Autour d’eux, des dizaines d’autres figures s’agitent, dans cette société où les affaires de pouvoir et d’argent, de débauche et de famille, se mêlent inextricablement derrière une façade de respectabilité…

 

Un si bel amour

27 mar

Un si bel amour et autres nouvelles

Ludmila Oulitskaïa, traduit du russe par Sophie Benech

Aux éditions Gallimard, 188 pages

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Je recherchais une lecture pouvant célébrer la Journée de la Femme. J’avais eu connaissance de l’agression de cette auteure russe par des militants nationalistes et son courage alors qu’elle s’apprêtait à présider le jury du Prix ONG Mémorial.

Mon choix s’est porté sur « Un si bel amour », recueil de sept nouvelles.
La nouvelle est un format que j’affectionne, on entre dans le vif du sujet, sans fioritures.
J’ai aimé partager ces tranches de vie, féminines pour la majorité, de l’enfance qui s’éveille à l’amour à la vieillesse acariâtre. Sans aucun fard, les mots révèlent non seulement la froideur moscovite de l’hiver, mais en quelques pages l’auteure dissèque les sentiments avec application, violence et justesse des émotions.
L’écriture est incisive presque rude.
Ce recueil est pour moi un bel hommage à la femme, à la féminité.

Présentation éditeur

Les sept nouvelles ici rassemblées explorent toutes le sentiment amoureux, sous ses formes les plus diverses. Ludmila Oulitskaïa décrit le monde de l’enfance et de l’adolescence, ces moments de passage où la sensualité s’éveille et où le sentiment amoureux se construit, selon des lois mystérieuses qui échappent à la raison. La cruauté n’est pas absente de ces nouvelles, comme pour confirmer l’adage selon lequel les histoires d’amour finissent toujours mal, et Oulitskaïa excelle dans l’art de camper un monde en quelques lignes, tantôt ironiques tantôt nostalgiques, mais toujours d’une rare acuité.

 

 

La servante écarlate

16 mar

LA SERVANTE ÉCARLATE
The Handmaid’s tale
Margaret Atwood, Sylviane RUE (Traducteur)
Collection : Pavillons Poche
 9782221139264ORI
Présentation éditeur
Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n’est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n’a jamais semblé aussi proche, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef-d’oeuvre de Margaret Atwood, diffusée sous le titre original The Handmaid’s Tale, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal, a été unanimement saluée par la critique.

« Les meilleurs récits dystopiques sont universels et intemporels. Écrit il y a plus de trente ans, La Servante écarlate éclaire d’une lumière terrifiante l’Amérique contemporaine. » Télérama

*J’ai lu ce roman pour le défi 2017, une très belle découverte, par contre je n’ai pas vu la série.

Le lecteur est tenu à distance, il reste le spectateur de l’interprétation d’un monde dépourvu de sentiments, dirigé par une élite où même la pensée est organisée, hiérarchisée. La femme est réduite au seul instrument de procréation, elle ne doit pas penser, elle ne doit pas agir.

Cette représentation de la société n’est peut-être pas si éloignée de certaines dérives sectaires

Le goût du bonheur

7 mar

LE GOÛT DU BONHEUR, tome 1 «Gabrielle» Marie Laberge Ebook, 821 pages en édition papier CVT_Le-Got-du-bonheur-Tome-1--Gabrielle_8703     Présentation éditeur Réunis dans leur résidence estivale de l’île d’Orléans, non loin de Québec, les Miller et leurs six enfants offrent l’image de l’harmonie et de l’aisance. La crise des années trente les a épargnés. Chez eux, le goût du bonheur l’emporte sur les conventions et les préjugés d’une société paroissiale et étouffante. Comblée par un mari intelligent et sensuel, Gabrielle aspire à encore plus de liberté, prête à la révolte. La tendre et violente Adélaïde, sa fille, est déchirée entre sa tendresse pour le jeune Florent et sa passion pour l’Irlandais Nic McNally. Partout, alors que la rumeur de la guerre enfle en Europe, s’annoncent des orages du cœur, des menaces, des trahisons, la maladie. Mais rien ne semble pouvoir briser le courage et l’énergie vitale des Miller.

Un roman de plus de 800 pages, il faut aimer pour persévérer!

Edward, jeune avocat prometteur, ne s’imaginait pas qu’avec ce siècle encore balbutiant et innovant, il épousait la modernité, belle et pétillante n’ayant pas l’intention de s’en laisser conter!

Gabrielle, pas tout à fait suffragette, petit à petit, au fur et à mesure que grandit sa famille, apprend à s’émanciper du carcan religieux qui asservit la femme, à lutter pour un avenir meilleur, pour la liberté d’aimer et de procréer. Cette jeune femme pleine de ressources combat la maladie, la misère des bas-fonds par la prévention lorsque la tuberculose menace sa famille.

Un roman à visée historique intéressant, les personnages sont attachants, un agréable moment de lecture!

Captive

3 fév

«Captive» de Margaret Atwood,

aux éditions Robert Laffont, collection Pavillons, 630 pages

9782221124284

Grace est encore une enfant lorsqu’elle débarque au Canada avec sa famille, après une traversée très éprouvante. Sans le sou, elle est rapidement placée chez les bourgeois de Toronto où elle affirme ses talents de servante, blanchisseuse et couturière. Dans une famille, elle se lie d’amitié avec Mary, les deux jeunes filles partagent la même chambre sous les toits. De cette relation naît une profonde douleur qui la poursuivra toute son existence… Un roman captivant qui m’a tenu en haleine jusqu’à la dernière page. L’apparente fragilité du personnage est touchante, un vrai coup de ❤ !

Lors de ses entretiens avec le Docteur Jordan, Grace coud des petits carrés pour les assembler en courtepointe, Arbre du paradis, Cabane en bois rond (Log cabin), Neuf Pieces (Nine patch) , Chasse à l’oie sauvage (vol d’oie), Panier de fleurs, Boîte de Pandore? , Fenêtres de mansarde aveugles, La Dame du lac.

Présentation éditeur
1859. Grace Marks, condamnée à perpétuité, tourne lentement en rond dans la cour d’un pénitencier canadien. À l’âge de seize ans, elle a été accusée de deux meurtres horribles. Personne n’a jamais su si elle était coupable, innocente ou folle. Lors de son procès, après avoir donné trois versions des faits, elle s’est murée dans le silence : amnésie ou dissimulation ? Le docteur Simon Jordan, jeune et prometteur spécialiste de la maladie mentale, veut découvrir la vérité. Il obtient l’autorisation de rencontrer Grace, de la faire longuement parler…
Avec lui, la prisonnière va dévider le terrible fuseau de ses souvenirs : son enfance irlandaise, l’agonie de sa mère sur le bateau qui les emmène au Canada, ses emplois de domestique, la mort de sa seule amie…
À écouter ce récit, Grace ne semble ni démente ni criminelle, et pourtant, que sont ces troublants rêves qu’elle cache à Jordan : cauchemars, hallucinations ou réminiscences d’actes monstrueux ?
Inspiré d’un fait divers sanglant qui a bouleversé le Canada au XIXe siècle, Captive plonge le lecteur dans un fascinant mystère, oscillant sans cesse entre vérité et mensonge. Après l’adaptation de La Servante écarlate pour le petit écran, unanimement saluée par la critique, ce roman est lui aussi devenu une série TV, sous le titre Alias Grace, avec Sarah Gadon, Zachary Levi et Anna Paquin au casting.

Pour aller plus loin…

Je ne pouvais pas faire l’impasse sur les différents motifs de quilts ou courtepointes cités dans ce roman. J’ai donc sorti ma bible et mis à part le motif «Boîte de Pandore» que je n’ai pas trouvé, voici quelques photos des quilts anciens cousus à partir des «échantillons» évoqués par l’auteur.

«Timbre-Poste Neuf-pieces miniature, quilt assemblé», 1870, collection Shelly Zegart, Kentucky.

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«Cabane de rondins, quilt assemblé, variante Grange» 1880, New-York, collection Phyllis Haders

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«Dame du lac» 1900, Kentucky, collection Shelly Zegart

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«Vol d’oies, quilt assemblé» 1890, The Shelburne Museum, Vermont

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«Paniers de fleurs, quilt assemblé et appliqué» 1900, Maryland, collection privée

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Échantillons «Quilt d’héritage, assemblé et appliqué» 1908, Pennsylvanie, collection Phyllis Haders.

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Elles ont conquis le monde

28 jan

«Elles ont conquis le monde» Les grandes aventurières 1850-1950

Alexandra Lapierre et Christel Mouchard.

Aux éditions Arthaud

9782081360655

Présentation éditeur
« Qu’ont-elles en commun, toutes ces femmes aux personnalités si fortes ? Sinon l’intrépidité et le talent unique de savoir reconnaître leur instinct et soutenir leur désir. » Les grandes aventurières ne sont plus seulement des courtisanes: ce sont des conquérantes d’un type nouveau apparu dans la première moitié du XIXe siècle. Des femmes qui voulaient être des géographes, des botanistes, des ethnologues – bref des exploratrices à part entière ! Et elles ont conquis le monde, d’est en ouest et du nord au sud, le collet bien monté, pour que leur vertu ne soit en rien suspectée, leur corset étroitement lacé. Mais sous leur armure vibraient des émotions violentes, des sentiments brûlants. Et beaucoup ont vécu des amours, qui, pour être secrètes, n’en furent pas moins passionnées.

………..

Beaucoup de courage et d’audace pour accomplir leur destin, assouvir leur soif d’aventure et de liberté, ces femmes sont tellement modernes.

Ce n’est pas un roman mais de courts récits relatant les instants décisifs de chacune de ces 31 fortes personnalités.

Point cardinal

28 jan

«Point cardinal» de Léonor Récondo.

Aux éditions Sabine Wespieser, roman 141 pages

Une histoire magnifique racontée en toute simplicité. Laurent, quadragénaire, mari et père de deux enfants adolescents ose enfin se reconnaître Femme. Ce court roman entraîne le lecteur dans une spirale de doutes, d’émotions pour finir dans l’apaisement et la sérénité. Un gros coup de ❤.

Présentation éditeur
Sur le parking d’un supermarché, dans une petite ville de province, une femme se démaquille. Enlever sa perruque, sa robe de soie, rouler ses bas sur ses chevilles : ses gestes ressemblent à un arrachement. Bientôt, celle qui, à peine une heure auparavant, dansait à corps perdu sera devenue méconnaissable.
Laurent, en tenue de sport, a remis de l’ordre dans sa voiture. Il s’apprête à rejoindre femme et enfants pour le dîner. Avec Solange, rencontrée au lycée, la complicité a été immédiate. Laurent s’est longtemps abandonné à leur bonheur calme. Sa vie bascule quand, à la faveur de trois jours solitaires, il se travestit pour la première fois dans le foyer qu’ils ont bâti ensemble. À son retour, Solange trouve un cheveu blond…
Léonor de Récondo va alors suivre ses personnages sur le chemin d’une transformation radicale. Car la découverte de Solange conforte Laurent dans sa certitude : il est une femme. Reste à convaincre ceux qu’il aime de l’accepter.
La détermination de Laurent, le désarroi de Solange, les réactions contrastées des enfants – Claire a treize ans, Thomas seize –, l’incrédulité des collègues de travail : l’écrivain accompagne au plus près de leurs émotions ceux dont la vie est bouleversée. Avec des phrases limpides et d’une poignante justesse, elle trace le difficile parcours d’un être dont toute l’énergie est tendue vers la lumière.
Par-delà le sujet singulier du changement de sexe, Léonor de Récondo écrit un grand roman sur le courage d’être soi.

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Le Fifre

7 sept

Le Fifre

Édouardo Manet

Aux éditions Écriture, 264 pages

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Edouardo Manet romancier et dramaturge, est né à Santiago de Cuba, Prix Goncourt des Lycéens en 1992 avec « L’île du lézard vert », Prix Interallié en 1996 avec « Rhapsodie cubaine », Prix du Roman d’Evasion en 1999 avec « D’amour et d’exil ». En 2006, il a été le président d’honneur de la Foire du Livre de Limoges.

La jeune Eva Gonzalès a vingt ans lorsqu’elle est présentée à l’auteur d’un inconvenant Déjeuner sur l’herbe. Convaincue qu’il reconnaîtra son talent, elle n’écoute pas les avertissements de son père, un écrivain en vogue, inquiet de la réputation sulfureuse d’Édouard Manet. Ne dit-on pas que le célèbre Fifre serait le portrait de son fils adultérin ? Eva ignore que le peintre Stevens l’a dépeinte à son ami comme une maja espagnole au tempérament de feu. En peu de temps, elle devient une familière de l’atelier, de Manet lui-même – mais aussi son élève la plus douée, au désespoir de Berthe Morisot. C’est le début d’une liaison clandestine, orageuse et magnifique, jusqu’à l’étrange disparition de la jeune femme, en 1872… Chronique d’un amour mais aussi d’une révolution artistique, l’impressionnisme, qui vit l’irruption des femmes en peinture, Le Fifre est enfin – et peut-être surtout – le récit d’une quête personnelle entreprise voici plus d’un demi-siècle. Le père d’Eduardo Manet plaisantait-il, ce jour lointain d’avant la révolution cubaine, où il lui annonça innocemment : « Sais-tu que nous descendons du peintre ? » www.edouardomanet.net

 

Mon p’tit mot

Le Second Empire, La Commune, le Paris des grands travaux, deux familles, les Gonzalès et les Manet.

Un demi-siècle trouble mais enrichi de découvertes et progrès accompagnent les familles Gonzalès et Manet dans leur quotidien.

Sept cahiers (carnets Moleskine?) rédigés par Jeanne, la plus jeune des sœurs Gonzalès, son journal où elle croque le quotidien et sa rencontre avec le microcosme artistique de l’époque mais aussi l’histoire d’un amour fou entre le maître Manet et son élève Eva, sa sœur.

 

Présentation éditeur

La jeune Eva Gonzalès, d’origine espagnole, a vingt ans lorsqu’elle est présentée, en 1869, à Édouard Manet, 37 ans, auteur de ce Déjeuner sur l’herbe qui a fait scandale six ans plus tôt. Elle n’écoute pas les avertissements de son père, feuilletoniste du Siècle, inquiet de la réputation sulfureuse du peintre. Son célèbre Fifre n’est-il pas le portrait d’un de ses fils adultérins ? Convaincue que son talent d’artiste peut éclore grâce à l’appui de Manet, Eva ignore que le peintre Alfred Stevens l’a dépeinte comme « une vraie maja au tempérament de feu, qui ne mesure pas à quel point elle est sensuelle ».
Bientôt, elle devient une familière de l’atelier, et l’amante de Manet – mais aussi son élève la plus douée, au désespoir de Berthe Morisot… C’est le début d’une liaison clandestine, orageuse et magnifique, ponctuée de voyages, jusqu’à l’étrange disparition de la jeune femme, en 1872 : elle attend un enfant de cet homme marié qui a horreur du scandale… sauf en peinture. Mariée sans amour, Eva mourra en 1883, alors qu’elle tressait une couronne pour orner la tombe de Manet, décédé six jours avant elle…
Fils d’Eduardo Rafael Gonzalès-Manet, Eduardo Manet met en lumière l’histoire d’une passion méconnue et fait revivre le Paris artistique du Second Empire, où passent les figures de Zola, Monet, Degas, Renoir, Fantin-Latour, Meissonnier, Durand-Ruel…

Pour aller plus loin

le fifre

Le Fifre 1860, huile sur toile, 160 x 94

Paris, Musée d’Orsay

Manet, qui avait trouvé dans une manière et des sujets hispanisants, la voie de son propre talent, ne découvre que tardivement, en 1865, l’Espagne et le musée du Prado. Le Pablo de Valladolid de Velasquez l’impressionne particulièrement et le peintre confie alors à son ami Fantin-Latour : « [c'est] le plus étonnant morceau de peinture qu’on ait jamais fait… Le fond disparaît : c’est de l’air qui entoure le bonhomme, tout habillé de noir et vivant ».

De retour à Paris, Manet applique ces principes à un sujet contemporain. Un simple et anonyme enfant de troupe se voit donc traité comme un grand d’Espagne. Non seulement, Manet bouleverse les hiérarchies de la représentation, mais il accompagne également ce choix d’un langage audacieusement simplifié. Le peintre utilise ainsi des aplats, très nets dans les noirs, quelques effets de modelé dans les chairs et dans l’étui de l’instrument, et des empâtements dans les blancs qui soulignent les plis des tissus. La palette colorée est très réduite, et l’espace sans profondeur. On distingue à peine la limite entre le plan horizontal du sol et le plan vertical du fond, coloré d’un gris très peu nuancé et totalement dépouillé.

L’oeuvre rejetée par le jury du Salon de 1866, est une de celles qui fonda l’enthousiasme d’Emile Zola pour le peintre. L’écrivain décela, dans la vérité du propos et de la manière, l’expression d’un sentiment proprement moderne. www.musee-orsay.fr

 

le dejeuner sur l'herbe

Edouard Manet (1832-1883)

Le déjeuner sur l’herbe 1863, Huile sur toile H. 208 ; L. 264,5 cm

Paris, musée d’Orsay

Donation Etienne Moreau-Nélaton, 1906

Rejetée par le jury du Salon de 1863, cette oeuvre est exposée par Manet sous le titre Le Bain au « Salon des Refusés » accordé cette année là par Napoléon III. Elle en constitua la principale attraction, objet de moqueries et source de scandale.

Pourtant, Manet revendique dans Le déjeuner sur l’herbe l’héritage des maîtres anciens et s’inspire de deux oeuvres du Louvre. Le Concert champêtre du Titien, alors attribué à Giorgione, fournit le sujet, tandis que la disposition du groupe central s’inspire d’une gravure d’après Raphaël : Le jugement de Pâris. Mais dans Le déjeuner sur l’herbe, la présence d’une femme nue au milieu d’hommes habillés n’est justifiée par aucun prétexte mythologique ou allégorique. La modernité des personnages rend obscène, aux yeux de ses contemporains, cette scène presque irréelle. Manet s’en amusait d’ailleurs, surnommant son tableau « La partie carrée ». www.musee-orsay.fr

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Eva Gonzalès, Le Thé, Huile sur toile 94 x 60, peint en 1865/1869. Ce tableau fit connaitre Eva dans les salons européens, sa soeur Jeanne lui servant de modèle

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Eva Gonzalès, Portrait de Jeanne, Pastel, 1869/1870

 

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Eva Gonzalès, L’Enfant de troupe, Huile sur toile 130 x 98, Peint en 1869/1870, Musée de Gajac, Villeneuve sur Lot. Eva a peint ce tableau en faisant référence au Fifre de Manet et à la couleur noire, hommage au peintre.

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Eva Gonzalès, la Modiste, 1882/1883, Institut Art of Chicago

Portrait d'Eva Gonzalès

Edouard Manet, Portrait d’Eva Gonzalès, 1869/1870, National Gallery, Londres

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La Plante favorite, présenté par Eva au Salon de 1872, Pastel, 46 x 38, 1871/1872, décrit dans le roman comme oeuvre commune des deux soeurs.

 

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Eva Gonzalès, Le déjeuner sur l’herbe, huile sur toile, 65 x 46, 1880/1882

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