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D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds

21 fév

D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds

Jón Kalman Stefansson

Chronique familiale [Fiskarnir hafa enga fætur]
Trad. de l’islandais par Éric Boury
Collection Du monde entier, Gallimard, 448 pages
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«Elle est plus belle que tout ce qu’il a pu voir et rêver jusque-là, à cet instant, il ne se souvient de rien qui puisse soutenir la comparaison, sans doute devrait-il couper court à tout ça, faire preuve d’un peu de courage et de virilité, pourtant il ne fait rien, comme s’il se débattait avec un ennemi plus grand que lui, plus fort aussi, c’est insupportable, il serre à nouveau les poings, récitant inconsciemment son poème d’amour. Elle s’en rend compte et lui dit, si je dénoue mes cheveux, alors tu sauras que je suis nue sous ma robe, alors tu sauras que je t’aime.» Ari regarde le diplôme d’honneur décerné à son grand-père, le célèbre capitaine et armateur Oddur, alors que son avion entame sa descente vers l’aéroport de Keflavík. Son père lui a fait parvenir un colis plein de souvenirs qui le poussent à quitter sa maison d’édition danoise pour rentrer en Islande. Mais s’il ne le sait pas encore, c’est vers sa mémoire qu’Ari se dirige, la mémoire de ses grands-parents et de leur vie de pêcheurs du Norðfjörður, de son enfance à Keflavík, dans cette ville «qui n’existe pas», et vers le souvenir de sa mère décédée. Jón Kalman Stefánsson entremêle trois époques et trois générations qui condensent un siècle d’histoire islandaise. Lorsque Ari atterrit, il foule la terre de ses ancêtres mais aussi de ses propres enfants, une terre que Stefánsson peuple de personnages merveilleux, de figures marquées par le sel marin autant que par la lyre. Ari l’ancien poète bien sûr, mais aussi sa grand-mère Margrét, que certains déclareront démente au moment où d’autres céderont devant ses cheveux dénoués. Et c’est précisément à ce croisement de la folie et de l’érotisme que la plume de Jón Kalman Stefánsson nous saisit, avec simplicité, de toute sa beauté.
❤️

Le Tabac Tresniek

6 fév

Le Tabac Tresniek

Robert Seethaler, traduit de l’allemand (Autriche) par Élisabeth Landes

Aux éditions Sabine Wespeiser, 256 pages.

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Quatrième de couverture

En août 1937, le jeune Franz Huchel quitte ses montagnes de Haute-Autriche pour venir travailler à Vienne avec Otto Tresniek, buraliste unijambiste, bienveillant et caustique, qui ne plaisante pas avec l’éthique de la profession. Au Tabac Tresniek, se mêlent classes populaires et bourgeoisie juive de la Vienne des années trente.

Si les rumeurs de la montée du national-socialisme et la lecture assidue de la presse font rapidement l’éducation politique du montagnard mal dégrossi, sa connaissance des femmes, elle, demeure très lacunaire. Ne sachant à quel saint se vouer avec Anezka, la jeune artiste de cabaret dont il est éperdument amoureux, il va chercher conseil auprès du « docteur des fous », Sigmund Freud en personne, client du tabac et grand fumeur de havanes, qui habite à deux pas. Bien qu’âgé et tourmenté par son cancer de la mâchoire, le professeur va finir par céder à l’intérêt tenace que lui témoigne ce garçon du peuple, vif et curieux.

Mais les temps ne sont guère propices aux purs et, dès mars 1938, l’Anschluss va mettre un terme brutal à l’apprentissage de Franz et à sa prestigieuse amitié. Otto Tresniek, peu disposé à boycotter sa clientèle juive, s’attire les foudres de la Gestapo, tandis que Freud se résigne à émigrer en Angleterre.

Par la grâce d’une langue jubilatoire, d’une intrigue où la tension ne se relâche pas, et de personnages forts et attachants, voici un roman qui se lit d’un trait. L’humour viennois d’Otto Tresniek et de Freud est la politesse du désespoir dans une société déboussolée où ils ne trouvent plus leur place. Pas plus que leur protégé, plein de vie et de poésie, qui tentera pourtant, fidèle à leur enseignement, de nager à contre-courant.

 

En 2 mots: Coup de Cœur

Franzl est un jeune homme en devenir. Ce printemps 1938 il découvre l’amour et la haine. Ce jeune buraliste fera la connaissance du docteur des fous Sigmund Freud qui l’accompagne dans le dur apprentissage de sa vie d’homme. Sur un conseil de psychanalyste il écrit ses rêves et les scotche sur la vitrine de son magasin, un sentiment de révolte est né dans Vienne qui vit au son des bottes.

Un roman passionnant.

Une vie entière

6 fév

Une vie entière

Robert Setthaler

Roman traduit de l’allemand (Autriche) par Élisabeth Landes

Sabine Wespieser éditeur, 160 pages

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Résumé éditeur

Bien souvent dans le restant de sa vie, Andreas Egger repensera à ce matin de février dix-neuf cent trente-trois où il a découvert le chevrier Jean des Cornes agonisant sur sa paillasse. Dans une hotte arrimée à son dos, il l’a porté au village, sur un sentier de montagne de plus de trois kilomètres enfoui sous la neige. Pour se remettre d’aplomb après cette course hallucinée, il fait halte à l’auberge : quand le corsage de Marie, la jeune femme qui lui sert son schnaps, effleure son bras, une petite douleur l’envahit tout entier.
Andreas Egger a déjà trente-cinq ans alors, et il a construit sa vie tout seul : orphelin, il a été recueilli à quatre ans par une brute dont les coups l’ont rendu boiteux. Malgré cela, comme il le dit à Marie au moment de lui demander sa main : un homme doit « élever son regard, pour voir plus loin que son petit bout de terre, le plus loin possible. »
Aussi prend-il part à l’aventure des téléphériques, qui vont ouvrir sa vallée à la modernité, avant d’être envoyé sur le front de l’Est, dans les montagnes du Caucase. À son retour, « le maire n’est plus nazi, à la place des croix gammées les géraniums ornent de nouveau les fenêtres des maisons » et les étables vidées de leurs bêtes abritent les skis des touristes.
Pris par la force visuelle de certaines scènes – la déclaration d’amour à Marie est un morceau d’anthologie –, et par une langue sobre et rythmée où chaque mot est pesé, on ne lâche pas ce saisissant portrait d’un homme ordinaire, devenu bouleversant parce qu’il ne se donne d’autre choix que d’avancer.
Date de parution : Octobre 2015

Les autres titres du même auteur :

Le Tabac Tresniek

La lamentation du prépuce

28 jan

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Chut, roman

21 jan

Chut
Charly Delwart
Editions Seuil, Fiction et Cie, 176 pages

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Présentation éditeur
Dans la Grèce plongée au cœur de la crise, une jeune fille de quatorze ans décide d’arrêter de parler et se met à écrire sur les murs d’Athènes, au milieu des inscriptions qui se multiplient dans la ville pour dénoncer le système qui a conduit à l’effondrement. Ses slogans a? elle sont tournés vers l’après, car elle est de la génération qui devra reconstruire, croire. Ses parents se séparent, sa sœur ne veut rien savoir, son frère s’est exile?, son entourage est perplexe. Mais elle tient bon.

Charly Delwart est né à Bruxelles en 1975. Il vit entre la Belgique et la France où il travaille dans le cinéma. Il a écrit trois livres : Circuit (Seuil, 2007 et Labor« Espace Nord » 2014), L’Homme de profil même de face (Seuil, 2010) et Citoyen Park (Seuil, 2012).

Mon avis
Dimitra s’insurge, décrit et écrit le quotidien dans ses cahiers et sur les murs de la ville. C’est une immersion dans la crise grecque, le quotidien de tout un peuple qui s’indigne. Coûte que coûte, Dimitra doit se construire alors que son univers s’écroule, pour garder la tête haute elle s’éveille a la politique, elle disperse ses petites phrases…
Un roman sur l’adolescence, une crise sur fond de crise. Un instant de lecture touchant.

 

Un agent nommé Parviz

18 jan

Un agent nommé Parviz
Naïri Nahapétian, aux éditions De L’Aube, collection Noire, 192 pages.

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Présentation éditeur…
Parviz est un être mystérieux. Les Iraniens le disent mort ; lui se plaît à raconter les circonstances dans lesquelles des hommes aux ordres de Khomeyni l’ont assassiné. Il travaillait alors pour la CIA, mais vend désormais son savoir-faire aux services secrets français. C’est ainsi que Kiana se retrouve à écouter sa confession dans un pavillon impersonnel de banlieue parisienne : il semblerait que son mari, Nasser, un scientifique iranien, ait des choses à cacher. Peu après, Florence Nakash, jeune recrue de la DGSE, est chargée d’une nouvelle enquête : son ami Parviz, celui-là même que l’on disait mort en 1979, a disparu… Un roman subtil et efficace qui nous entraîne au coeur des secrets nucléaires iraniens et des manipulations des services secrets occidentaux pour ralentir l’avènement d’une «bombe islamique».

Naïri Nahapétian a déjà publié plusieurs ouvrages, dont deux polars aux éditions Liana Levi – Qui a tué l’ayatollah Kanuni ? et Dernier refrain à Ispahan -, traduits en plusieurs langues et repris en Points-Policier.

Naïri Nahapétian est née en 1970 dans une famille arménienne à Téhéran, ville qu’elle a quittée après la révolution islamique sans pouvoir y retourner durant quinze ans. Journaliste, elle a fait depuis de nombreux reportages en Iran.

Les premiers mots…
«Je suis mort le 2 novembre 1979, pendu dans ma cellule par des Gardiens de la révolution aux ordres de Khomeyni. Quelques jours auparavant, j’avais fait une courte apparition à la télévision officielle afin de confesser mes crimes : j’étais un agent de la CIA à la tête d’un complot visant à renverser la République islamique. Mes «complices» ont été exécutés peu après. Du moins, c’est ce que me répétaient mes bourreaux chaque fois qu’ils m’arrachaient un nom. Vous n’étiez pas née alors, mais ceux de ma génération se souviennent que les interrogatoires ont été longs, douloureux, et la nouvelle selon laquelle on m’avait crevé les yeux a fait le tour de Téhéran. Rumeur macabre, servant tant à réjouir mes ennemis qu’à semer la terreur parmi les opposants…»

Mon avis…
En bon espion, Parviz nous entraîne dans les dédales politiques et religieux de l’aire Khomeyni. Kiana, notre Ariane dénoue le fil de cette pelote, machination trop bien organisée.
La femme se voile et doit préserver ses sentiments cachés.
Les agences de renseignement occidentales amies et ennemies, et les partisans de Khomeyni s’opposent. L’Iran ne doit en aucun cas accéder à l’arme nucléaire.
Le travail est long et minutieux, il faut introduire le vers dans le fruit et savoir attendre…
Pas de courses haletantes et d’espions hyperactifs, ce roman noue une intrigue dans la réflexion, sur fond musical et coutumes issues d’un autre monde en faisant de Kiana son égérie.

 

 

À la recherche de la reine blanche

18 jan

 

À la recherche de la reine blanche
[Et Eventyr]
JONAS T. BENGTSSON, traduit du danois par Alexis Fouillet
aux éditions Denoël, collection Denoël et d’ailleurs, 528 pages

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Présentation éditeur

À six ans, Peter ne va pas à l’école. Son père et lui déménagent sans cesse et vivent en marge de la société. Que fuient-ils, de qui se cachent-ils? Chaque soir, en guise de réponse, son père lui raconte les aventures d’un roi et d’un prince qui, comme eux, n’ont plus de maison et voyagent à travers le monde pour tuer une reine blanche.
Peter admire ce père un peu magique qui exerce tous les métiers, tantôt ébéniste, éclairagiste ou jardinier. Inconscient du danger, il l’accompagne comme un jeu, une vie sur mesure qui pourrait durer toujours…

Odyssée tragique et tendre, À la recherche de la reine blanche nous parle de survie, d’amour et de transmission.

Mon avis
Peter dessine, il remplit des cahiers entiers des instants de vie et d’intimité. Lui et son père n’ont pas de véritable maison, leurs seuls biens sont quelques sacs plastiques, leur maître mot la fuite. Lui et son père déménagent souvent, trop souvent.
Ses cahiers sont ses souvenirs et seules traces de son passé de bohème, alors que l’image du père s’efface peu à peu. Jeune adulte c’est par la peinture qu’il essaie de renouer avec ce passé devenu trop envahissant.
Une très belle histoire sur l’amour filiale, la transmission. Ce père si fragile a pour seule ambition de transmettre à son fils cette nécessiter de vivre libre, de devenir l’adulte qu’il souhaite être

Des mille et une façons de quitter la Moldavie

18 jan

DES ILLE ET UNE FAÇONS DE QUITTER LA MOLDAVIE
Vladimir Lortchenkov
Traduit du russe par Raphaëlle Pache
Mirobole Éditions, 256 pages

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Présentation éditeur
Vassili réfléchit un peu, puis il décréta : – Nous allons faire voler mon tracteur. »

Drôle, grotesque, cruel. Partez à la rencontre du peuple le plus pauvre d’Europe.

Ceci est l’histoire d’un petit village moldave. À Larga, tous les habitants ne rêvent que d’une chose : rejoindre l’Italie et connaître enfin la prospérité. Quitte à vendre tous leurs biens pour payer des passeurs malhonnêtes, ou à s’improviser équipe moldave de curling afin de rejoindre les compétitions internationales.
Dans cette quête fantastique, vous croiserez un pope quitté par sa femme pour un marchand d’art athée, un mécanicien génial transformant son tracteur en avion ou en sous-marin, un président de la République rêvant d’ouvrir une pizzeria… Face à mille obstacles, ces personnages résolument optimistes et un peu fous ne renonceront pas. Parviendront-ils à atteindre leur Eldorado

Coups de fil

18 jan

Coups de fil, de Stephen Dixon traduit de l’anglais par Dominique Chevallier, aux éditions Balland, 350 pages.

coups de fil

Quatrième de couverture
Le téléphone sonne.
Quand il apprend la mort de Dan, Stu, anéanti, se laisse submerger par ses souvenirs. L’amour qu’il éprouve pour son frère est profond, le deuil insurmontable. De coups de fil en coups de fil, comme s’il tirait au hasard les photographies d’une vieille caisse de souvenirs, Dixon reconstitue le puzzle de la relation complexe qui unit les deux frères.
Coups de fil est l’œuvre d’un maître au sommet de son art, tissant la trame d’une famille sur plusieurs générations, par des détours à la fois intimes et infimes qui mènent à l’universel. Dans le style inimitable de Stephen Dixon, mélange de prose à la simplicité trompeuse et d’humour pince sans-rire, ce roman est le portrait d’un amour fraternel d’une beauté rare.

L’auteur
Stephen Dixon est né à New-York en 1936. Romancier et nouvelliste de renom, consacré par la critique comme écrivain majeur, son talent a été récompensé par de nombreux et prestigieux prix littéraires et par sa nomination au National Book Award, la distinction la plus honorifique aux Etats-Unis. Ses romans ont été publiés en France aux éditions Balland.

Mon avis
Le téléphone sonne… Est-ce que quelqu’un répond?… Ce roman est construit à partir de cette courte phrase. Les deux protagonistes sont Dan et Stu, deux frères sexagénaires très unis. Le deuxième apprend par téléphone la mort du premier… Chaque chapitre débute par une sonnerie de téléphone et Stu se rappelle, son frère, ses parents, sa famille. La vie de cet homme, l’affection toute particulière qu’il porte pour ce frère disparu se reconstruit pour le lecteur… les souvenirs resurgissent dans le désordre.
C’est une écriture particulière, Stephen Dixon est un auteur à découvrir.

 

Cinq jours

18 jan

Cinq jours, de Douglas Kennedy aux éditions Belfond, traduit de l’américain par Bernard Cohen, 360 pages

cinq jours

Présentation de l’éditeur

Laura et Richard. Deux inconnus qui pendant cinq jours se découvrent, se confient et vivent une formidable histoire d’amour, aussi passionnelle que fugace. Après le succès de Cet Instant-là, un nouveau roman tendre et amer, une subtile réflexion sur la vie adulte, la solitude, l’amour et la mort, qui retrace le destin de personnages figés dans une vie qu’ils se sont imposée.

Peut-on jamais réinventer sa vie ?

Quatrième de couverture

Laura et Richard

Deux inconnus à un tournant de leur existence

Deux êtres, l’un et l’autre enfermé dans son couple

Un homme, une femme

Une rencontre, l’espoir qui renaît

Mais sommes-nous libres de choisir le bonheur ?

 

Cinq jours, l’histoire d’une passion.

Le roman le plus bouleversant de Douglas Kennedy.

Résumé de l’éditeur :

Dans le Maine, de nos jours. À 42 ans, Laura Warren sent qu’elle est à un tournant de sa vie. Depuis quelque temps, cette technicienne en radiographie, au professionnalisme et au sérieux loués par tous, se surprend à être de plus en plus touchée par la détresse de ses patients. Elle ne trouve pas beaucoup de réconfort à la maison : son mari est sans emploi depuis 19 mois ; son fils, artiste dépressif, se morfond depuis sa rupture amoureuse et sa fille s’apprête à partir à l’université. Aussi voit-elle dans cette conférence à Boston une parenthèse bienvenue, sans imaginer que ces quelques jours vont bouleverser à jamais son existence… Richard Copeland est lui aussi en pleine confusion. À l’étroit dans un mariage contracté par dépit plus que par amour, incompris par une femme devenue de plus en plus distante, frustré professionnellement et connaissant de grandes difficultés avec son fils, un garçon brillant mais psychologiquement très instable, il rêve de s’échapper. Entre ces deux esseulés, une folle passion, un aperçu du bonheur, un avant-goût de liberté. Une autre vie serait-elle possible ? Et pourtant… Et si, finalement, la plus grande peur de l’homme était d’accéder au bonheur ?

 

Mon avis

 

La crise de la quarantaine…

Dans ce petit hôpital du Maine, Laura est très forte dans son domaine. Tous les jours devant ses écrans, elle recherche « la masse spiculée », la tumeur cancéreuse qui fera basculer la vie du patient. Mais elle, une toute autre tumeur la ronge depuis bientôt cinq ans. Avec sa seule amie Lucy elle partage sa passion pour la littérature et les mots. Sa seule échappatoire, ce congrès à Boston… Et là, l’auteur a réuni tous les ingrédients. La recette est toujours la même, une rencontre fortuite, deux vies écrasées par le quotidien, une ville souvenir de jeunesse, une passion partagée  (la littérature). C’est le coup de foudre. L’un et l’autre se racontent, avec longueur parfois, dans un bar, un parc. Ils mettent leur vie à nue et tentent de se rhabiller l’un avec l’autre, avec timidité puis fougue. Mais que vont-ils retenir de ces cinq jours? Une leçon de la vie ordinaire? L’histoire est somme toute banale. Mais dans cette histoire, la banalité du quotidien est portée par une belle écriture.

Un bon moment de lecture

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