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La petite poule rouge vide son coeur

3 avr

La petite poule rouge vide son coeur

Margaret Atwood, traduit par Hélène Filion

Aus éditions du Serpent à plumes, collection Motif

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Ah, La Petite Poule Rouge Vide Son Cœur! D’une plume légère, Margaret Atwood prend le lecteur par la main pour le conduire de l’autre côté du miroir. Comme dans un kaléidoscope le réel est déformé, distendu pour notre plus grand plaisir! 27 petites nouvelles ou chroniques d’un univers pas si ordinaire sont regroupées dans ce livre à consommer sans modération!

Présentation éditeur

 » Le corps féminin type se présente muni des accessoires suivants : un porte-jarretelles, un panty, une crinoline, une camisole, une tournure de jupe, un soutien-gorge, un corsage, une chemise, une ceinture de chasteté, des talons aiguilles, un anneau dans le nez, un voile, des gants de Chevreau, des bas résilles, un fichu, un bandeau, une guêpière, une voilette, un tour de cou, des barrettes, des bracelets, des perles, un face-à-main, un boa, une petite robe noire, une gaine de soutien, un body en Lycra, un peignoir de marque, une chemise de nuit en flanelle, un teddy en dentelle, un lit, une tête. « Sur un ton drôlatique, vingt-sept façons de tordre la réalité, les croyances de chacun, les habitudes de chacune, ou l’art de se dévisser le cou pour se regarder droit dans les yeux. Un régal de mise en pièces de nos mythes, des plus anciens aux actuels, sans compter quelques utiles conseils ou recettes tels que Rendons grâce aux sottes et Fabriquer un homme.

Un si bel amour

27 mar

Un si bel amour et autres nouvelles

Ludmila Oulitskaïa, traduit du russe par Sophie Benech

Aux éditions Gallimard, 188 pages

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Je recherchais une lecture pouvant célébrer la Journée de la Femme. J’avais eu connaissance de l’agression de cette auteure russe par des militants nationalistes et son courage alors qu’elle s’apprêtait à présider le jury du Prix ONG Mémorial.

Mon choix s’est porté sur « Un si bel amour », recueil de sept nouvelles.
La nouvelle est un format que j’affectionne, on entre dans le vif du sujet, sans fioritures.
J’ai aimé partager ces tranches de vie, féminines pour la majorité, de l’enfance qui s’éveille à l’amour à la vieillesse acariâtre. Sans aucun fard, les mots révèlent non seulement la froideur moscovite de l’hiver, mais en quelques pages l’auteure dissèque les sentiments avec application, violence et justesse des émotions.
L’écriture est incisive presque rude.
Ce recueil est pour moi un bel hommage à la femme, à la féminité.

Présentation éditeur

Les sept nouvelles ici rassemblées explorent toutes le sentiment amoureux, sous ses formes les plus diverses. Ludmila Oulitskaïa décrit le monde de l’enfance et de l’adolescence, ces moments de passage où la sensualité s’éveille et où le sentiment amoureux se construit, selon des lois mystérieuses qui échappent à la raison. La cruauté n’est pas absente de ces nouvelles, comme pour confirmer l’adage selon lequel les histoires d’amour finissent toujours mal, et Oulitskaïa excelle dans l’art de camper un monde en quelques lignes, tantôt ironiques tantôt nostalgiques, mais toujours d’une rare acuité.

 

 

Le nez

28 jan

«Le nez» Nikolaï Gogol

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Le barbier Iakovlievitche découvre un nez dans le pain de son petit déjeuner, il tente de s’en débarrasser en voulant le jeter du haut d’un pont, dans la Neva… peine perdue, il est surpris par un gendarme. Au même instant, à son réveil, l’assesseur de collège Kovaliov constate la perte de son nez…
Un texte surprenant et déjanté sur un appendice dont la perte peut se révéler bien fâcheuse! À lire sans retenue!

 

Les Vierges et autres nouvelles

31 mai

Les Vierges et autres nouvelles

Irène Némirovsky

Aux éditions Denoël, préface d’Olivier Philipponat, 227 pages

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Film parlé

Une femme amoureuse de la vie, devenue mère beaucoup trop tôt, sa fille abandonnée qui rencontre l’amour beaucoup trop jeune… Telle mère, telle fille dirait-on!

Écho

L’écrivain remonte le fil de sa vie, son enfance. Son fils est face à lui, le miroir de lui-même. Il lui revoie sa propre image.

Magie

Finlande, pendant la révolution de 1918, le soir à la chandelle un petit groupe d’adolescents bourgeois s’amusent à faire tourner les tables… Quelques années plus tard, la magie du hasard aurait-elle influencée l’un d’eux?

En raison des circonstances

C’est la guerre, en cette froide journée de novembre Aline épouse Gilles. En raison des circonstances, la mere d’Aline fait revivre des souvenirs bien enfouis…

Les cartes

Seule dans sa loge, avant son entrée en scène la danseuse se tire les cartes. Pourquoi lui repondent-elles toujours non? Le petit grain de sable subrepticement, va enrayer la machine…

La peur

Deux paysans, voisins et amis ont tout partagé, les bancs de la communale, les tranchées de la guerre de 14. Leurs vies sont intimement liées. La peur de l’inconnu peut-elle naître de ce repli sur soi?

L’inconnue

Driant est un romancier adulé qui reçoit des lettres, beaucoup de lettres de femmes, une en particulier…

La voleuse

Mais qui a volé l’argent dans l’armoire de la maîtresse du domaine, l’histoire se répète-t-elle à nouveau?

Les revenants

Qu’ils sont adorables ces bambins! Les jumeaux adorent aller jouer dans la chambre aux meubles, cette pièce remplie de mystères. Rescellerait-elle un secret cultivé par leur mère ?

L’ami et la femme

Dix ans auparavant, un avion décollant de France pour la Chine s’abîmait dans les plaines de Russie. Les deux seuls survivants ont erré des jours dans un désert glacé. L’un des deux Rémy pense à sa femme Louise restée à Paris, quel serait son avenir sans lui… un chic type ce Rémy!

La grande allée

« Les gens de Saint-Georges, de Boissière, de Villeneuve, disaient que les gens de Trois-Rivieres étaient des sauvages. » Qu’en est-il de la jeune et belle Marie?…

Les vierges

Ils s’étaient aimés puis ils s’étaient mariés. Se connaissaient -ils vraiment, étaient-ils heureux ? Ils ont eu un enfant, ont vécu à l’étranger puis la femme et l’enfant sont revenues, seules…

Présentation éditeur

Femmes terrassées par la fortune qui a cessé de leur obéir. Hommes brutalement dépouillés de leurs atouts. Mères abîmées dans le regret du «temps aboli». Fils et filles hantés par la malédiction de l’hérédité. Rarement l’ironie d’Irène Némirovsky aura fait autant de ravages que dans ce volume plein d’«avertissements à distance».
Si fragile que soit le sort d’Anne, Marcelle ou Camille, un fil les relie à la vie. Il court d’un bout à l’autre de ces douze nouvelles, inédites ou introuvables, qui offrent un inattendu raccourci de son talent dans des domaines tels que le scénario ou l’histoire de fantômes.
Interrogeant les caprices du destin à mesure que se joue le sien, l’auteur de Suite française teinte son art d’amertume avant de le retourner contre elle dans «Les vierges», dernier texte publié de son vivant : «Je suis seule comme vous à présent, non pas d’une solitude choisie, recherchée, mais de la pire solitude, humiliée, amère, celle de l’abandon, de la trahison…»

 

 

 

 

 

Folles Nuits

14 fév

Folles nuits
Joyce Carol Oates
Nouvelles, traduites de l’anglais (Etats-Unis) par Claude Seban.
Aux éditions Points, 2012, 248 pages.
Pour l’édition originale aux éditions Philippe Rey 2011

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Un recueil de cinq nouvelles, cinq tranches de vies parfois improbables.

Joyce Carol Oates s’inspire des écrits de ces cinq auteurs pour leur rendre un ultime hommage, « les derniers jours de cinq géants de la littérature : des histoires de folie, de désespoir et de solitude, dans le style même des écrivains qui en sont les héros. »

Edgar Allan Poe, recherchant la solitude, gardien de phare, en proie à ses démons sur une île du Pacifique.
Emily Dickinson, mannequin robot de la société RépliLuxe adopté par le couple Kim et distillant des bribes de poèmes pour le plus grand plaisir de Madame.
Samuel Langhorn Clemens de son nom de plume Mark Twain en irrésistible vieux pervers… échangeant des lettres bien trop affectueuses avec une toute jeune fille.
Un Henri James vieillissant, officiant bénévolement dans un hôpital londonien au chevets de jeunes hommes blessés au front.
Papa, surnom donné à Cuba à Ernest Hemingway, dans ses toutes dernières secondes revivant quelques instants de son passé tumultueux.

Ces cinq nouvelles sont tout simplement irrésistibles.

Nee en 1938 à l’ouest du lac Érié, Joyce Carol Oates a publié son premier roman en 1963. Son père travaillant pour la Général Motors, c’est à Detroit qu’elle découvre la violence des conflits sociaux et raciaux. Devenue professeur de littérature à l’université de Princeton, elle poursuit la plus prolifique des carrières littéraires (romans, essais, pieces de theatre, nouvelles, poésie). Elle a reçu le prix Femina étranger en 2005 pour Les Chutes.

DEFI LECTURE 2017
11/80
Categorie n°24: un coup de coeur de quelqu’un de plus jeune, ma fille.

Né cette année-là : 1938, née cette année-là: ma Maman.

Fannie et Freddie

29 juil

Fannie et Freddie suivi de « Ceux qui construisent les bateaux ne les prennent pas »
Marcus Malte
Editions Zulma, 156 pages.

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Résumé éditeur
New York. L’énorme escroquerie des subprimes a conduit à la ruine des millions de ménages modestes endettés à mort, comme les parents de Fannie, vieux couple d’ouvriers rêvant d’accéder à la propriété. Fannie, surnommée Minerve par ses collègues parce que son buste tout entier pivote quand on l’interpelle. Fannie, dont personne ne se doute que sa raideur masque une effrayante coquetterie pour dissimuler un œil de verre. Cachant l’âme d’un cyclope solitaire, cette Minerve borgne n’en est pas moins femme. Au volant de sa vieille Toyota, elle traverse l’Hudson et se dirige vers la pointe fortunée de Manhattan, l’esprit vide, des sortes de rêves plein le cœur… « Le trajet dure une quarantaine de minutes, au terme duquel elle pénètre dans un parking couvert au 45, Wall Street. Elle monte jusqu’au sixième niveau, le dernier, et parcourt les allées au ralenti jusqu’à ce qu’elle ait repéré ce qu’elle cherche : un coupé Mercedes gris métallisé. »
L’auteur de l’inoubliable Garden of Love use d’un style percutant, d’une justesse implacable, pour parler de la vraie vie dans un monde d’une tranquille inhumanité, qu’on dirait inventé pour terrasser l’individu au profit d’une coalition perverse de spéculateurs et d’exploiteurs de tout acabit. C’est ce qui ressort de Fannie et Freddie, récit d’une vengeance à couper le souffle, comme seuls la folie et le désespoir savent en fomenter.

En deux mots: drame intime
Ces deux nouvelles nous révèlent les drames intimes subis par ces familles victimes de l’acharnement financier et la désindustrialisation

Les Huit coups de l’horloge

29 juil

Les huit coups de l’horloge
Maurice Leblanc
Policier / Thriller, édition originale Le Livre de Poche, 320 pages

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Résumé éditeur
L’un des événements les plus incompréhensibles de l’époque qui précéda la guerre fut ce qu’on appela l’affaire de la Dame à la Hache. La solution n’en fut pas connue, et elle ne l’eût jamais été si les circonstances n’avaient pas obligé le prince Rénine – devons-nous dire Arsène Lupin ? – à s’en occuper, et si nous n’en pouvions donner aujourd’hui, d’après ses confidences, le récit authentique…
Le mobile ? Les cinq femmes avaient été entièrement dépouillées de leurs bijoux, porte-monnaie et objets de valeur. Mais on pouvait aussi bien attribuer le vol à des maraudeurs et à des passants, puisque les cadavres gisaient dans des endroits déserts. Devait-on supposer l’exécution d’une vengeance, ou bien d’un plan destiné à éliminer des individus ayant un lien entre eux, susceptibles, par exemple, de bénéficier d’un héritage ?

 

Présentation Wikipedia
Les Huit Coups de l’horloge est un recueil de 6 nouvelles et deux textes d’encadrement de Maurice Leblanc, mettant en scène les aventures d’Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur.

La publication des nouvelles de ce recueil commence en décembre 1922 dans le périodique l’Excelsior. Le recueil paraît en librairie en août 1923.

Les huit textes de ce recueil ont un fil directeur. Pour distraire et séduire une jeune femme, Hortense Daniel, Arsène Lupin, sous l’identité du prince Serge Rénine, va s’attacher à résoudre huit énigmes en sa compagnie. Travaillant avec, pour ou contre la police, Lupin s’abstient de voler dans ces nouvelles.

L’utilisation du chiffre 8 est poussée à son paroxysme dans la nouvelle La Dame à la hache.

La première nouvelle, « Au sommet de la tour », sert d’introduction aux suivantes. À la fin de cette aventure, l’auteur justifie la trame de son recueil de la façon suivante: « Eh bien, voilà. Aujourd’hui, jour de la première aventure, l’horloge de Halingre a sonné huit coups. Voulez-vous que nous acceptions l’arrêt qu’elle a rendu, et que sept fois encore, dans un délai de trois mois, par exemple, nous poursuivions ensemble de belles entreprises ? Et voulez-vous qu’à la huitième fois vous soyez tenue de m’accorder ?… » [...] Il se tut. Il regardait les jolies lèvres qu’il voulait demander comme récompense, et il fut tellement sûr que la jeune femme avait compris, qu’il jugea inutile de parler de façon plus claire. »

En deux mots : Désuet -Finesse
Huit nouvelles composent ce roman.
La première « Au sommet de la tour » nous présente les deux personnages principaux et permet à l’auteur de justifier la trame de sont roman composé de sept autres aventures aussi diverses que surprenantes:
La Carafe d’eau
Thérèse et Germaine
Le Film révélateur
Le Cas de Jean-Louis
La Dame à la hache
Des pas sur la neige
Au Dieu Mercure, conclusion qui clôt le roman.

Ce roman policier du début du siècle dernier est construit de manière étonnante et très habile. Pour l’apprécier à sa juste valeur il faut en accepter son écriture que l’on qualifierait aujourd’hui d’un peu « vieillotte ».
Un très bon moment de lecture.

Trois fois dès l’aube

12 mai

Trois fois dès l’aube.

Alessandro Baricco, traduit de l’italien par Lise Caillat

Aux éditions Gallimard, collection « du monde entier », 120 pages

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Présentation éditeur

Deux personnages se rencontrent à trois reprises.
Un homme commence à parler avec une femme dans le hall de son hôtel et, quand celle-ci a un malaise, il l’héberge dans sa chambre. Leur conversation se poursuit, l’homme s’ouvre à elle mais mal lui en prend.
Un portier d’hôtel aide une jeune cliente à s’enfuir afin d’échapper à son compagnon, un individu violent et dangereux. Plus âgé qu’elle, il lui révèle qu’il a passé treize ans en prison à la suite d’un meurtre.
Malcolm, le personnage de la première rencontre, est encore enfant quand ses parents meurent dans l’incendie de leur maison. Pour le soustraire aux suites de ce drame et l’emmener dans un endroit sûr, une inspectrice de police le conduit chez un de ses amis.
Trois histoires nocturnes qui se concluent à l’aube et qui marquent, chacune à sa façon, un nouveau départ. Trois facettes qu’Alessandro Baricco rassemble en un récit hypnotique et puissant, non dépourvu d’élégance et même de sensualité.

Mon avis ❤️

Recueil de trois nouvelles, trois rencontres, à l’heure où la ville s’éveille, trois destins qui basculent.

La simplicité du quotidien, l’exactitude des sentiment, la finesse de l’écriture.

À propos de la première de couverture, la photo est signée Richard Tuschmann.

…………………..

Richard Tuschman a créé cette incroyable série de photographies composites intitulée Hopper meditations et inspirée par le travail du peintre américain Edward Hopper.

Tuschman crée en premier lieu des dioramas de petites tailles, qu’il peint et photographie dans son studio. Lorsqu’il photographie les dioramas, il shoote toujours avec de petits mannequins fictifs, qui servent de repères pour les modèles vivants et l’éclairage. Les modèles sont ensuite photographiés sur un fond clair et les deux images sont assemblées par ordinateur sur Photoshop. Il réalise ainsi des images à la texture douce qui évoquent l’éclairage naturel et contemplatif des peintures à l’huile de Hopper.

Source : www.journal-du-design.fr

Chers Disparus

20 mar

Chers Disparus de Claude Pujade-Renaud,
éditions Actes Sud 2004,
323 pages

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Quatrième de couverture:
Leur « cher disparu » s’appelle Jules Michelet, Robert Louis Stevenson, Marcel Schwob, Jules Renard ou Jack London. Elles ne se connaissaient pas mais ont en commun d’être veuve d’écrivain et, depuis lors, de veiller sur l’œuvre. Tour à tour, elles prennent la parole, évoquent le passé, se remémorent la vie conjugale, feuillettent les livres, raturent les journaux intimes et parfois découvrent, avec amertume ou résignation, quelque turpitude qu’il eût fallu ignorer. Mais par-delà toute indiscrétion, c’est au cœur des obsession et du mythe personnel qu’elles plongent un regard attentif, où entre une part d’amour fidèle et indulgent.
Cinq disparus, et donc cinq portraits subtilement agencés, dont la finesse nous ouvre de nouvelles clés de lecture, en même temps que Claude Pujade-Renaud dévoile le versant caché de la littérature des hommes: celui, bien sûr-dont seule une femme pouvait témoigner.

Mon avis:
Etre l’épouse d’un écrivain est une charge complexe. Ces cinq femmes l’ont vécu de manières différentes, accompagnatrices dévouées ou femmes attendries gérant le quotidien, ou équipière assumée, elles ont pour mission de finaliser l’œuvre de l’Homme. Commence alors pour chacune le tri, la relecture, le classement et parfois la censure. Ces ultimes étapes à la fin de leur vie, sont autant d’occasions de revivre ces instants de bonheur, de crise au détour d’une lettre d’amour ou d’un manuscrit oublié.
Claude Pujade-Renaud nous offre par cinq fois l’occasion de découvrir l’auteur par le biais de la femme, que serait-il sans elle

Limon

27 fév

Limon, de Didier Desbrugeres, aux éditions Gaïa, 224 pages

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Quatrième de couverture

Des médailles militaires oubliées au fond d’un tiroir, ou des douilles d’obus ouvragées sur le manteau d’une cheminée, des boîtes à chaussures emplies de lettres et de visages de jeunes soldats sur lesquels on ne sait plus mettre un nom. Voilà l’écho, souvent, de la Grande Guerre.
Limon, ce sont des nouvelles qui viennent porter notre regard sur le conflit de 1914-1918 sous un éclairage diffracté, comme à travers un verre brisé, pour rendre hommage à ces hommes et ces femmes précipités dans un conflit qui n’était pas le leur.
Loin des faits d’armes et des actions héroïques, se pencher sur le quotidien, sur le front et à l’arrière, et sentir les cicatrices toujours vives, plus profondes que les sillons qui tentent depuis de les recouvrir.

Mon avis
5 nouvelles dont une donnera le titre a ce recueil.
- Connaissez-vous les  » Anges Noirs »? C’est le nom que l’on donnait aux veuves qui allaient annoncer la terrible nouvelle, la mort d’un mari ou d’un fils. Ces veuves ont peu à peu remplacé le maire qui ne pouvait plus supporter cette tâche….

- Mort au champs du déshonneur est une nouvelle dérangeante, un soldat se retrouve sous les feux de son supérieur antisémite, une mort orchestrée.

- Limon, cette nouvelle est consacrée à la vie, au quotidien du soldat embourbé dans les tranchées, mais aussi à celles et ceux qui espèrent son retour.

- L’appel, des années plus tard, un industriel allemand, au volant de son bolide veut rejoindre Paris. Il traverse la Lorraine, sur l’autoroute approche de Verdun et là se souvient du boulet de canon…

- Une question se pose, que ressentent les habitants d’aujourd’hui qui vivent à proximité d’un de ces cimetières, du Chemin des Dames?
La dernière nouvelle, Rémanence, comme pour clore l’histoire traite du sujet. Un homme s’identifie à tous ces soldats, négligeant les vivants pour malgré lui, vivre et faire revivre cette période douloureuse.

C’est un bel hommage, difficile mais nécessaire.

❤️

 

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