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Une longue impatience

21 juin

Gaëlle Josse

Aux éditions Noir sur Blanc, collection Notabilia, 192 pages

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Un livre de moins de 200 pages. Je viens de terminer «Une longue impatience» de Gaëlle Josse, mais qu’est ce que j’aime cette auteure! J’aime sa simplicité, sa finesse, la justesse des sentiments exprimés par Anne, l’héroïne de ce trop court roman. Après avoir lu ces dernières années, «Le dernier gardien d’Ellis Island», «Les heures silencieuses», «L’ombre de nos nuits» et «Un été à quatre mains», je me suis laissée envahir par les mots, par leur gourmandise, le manque et l’absence, la bienveillance de l’ amour maternel.

Présentation éditeur

Ce soir-là, Louis, seize ans, n’est pas rentré à la maison. Anne, sa mère, dans ce village de Bretagne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, voit sa vie dévorée par l’attente, par l’absence qui questionne la vie du couple et redessine celle de toute la famille.

 

Chaque jour, aux bords de la folie, aux limites de la douleur, Anne attend le bateau qui lui ramènera son fils. Pour survivre, elle lui écrit la fête insensée qu’elle offrira pour son retour. Telle une tragédie implacable, l’histoire se resserre sur un amour maternel infini.

Falaise des fous

3 mai

Patrick Grainville

Aux éditions du Seuil, 656 pages

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J’ai terminé «Falaise des fous» de Patrick Grainville. Un très bon roman, une belle écriture (quelques brèves longueurs, quelques brèves langueurs). J’ai peint les falaises d’Etretat avec Monet, appris tous les détails des jeux de lumière sur les falaises, humé le parfum de scandale provoqué par Courbet, croisé les sœurs Morisot, Manet, assisté à l’enterrement de Hugo… Lindberg, Dreyfus, les événements douloureux de la Grande Guerre. Soixante années de menus instants sont consignés par Charles Guillemet, le narrateur dont l’existence est justement mise entre «…». De cette lecture foisonnante, il en ressort un tableau, une fresque, Les Falaises, un collage sur toile de mille petits morceaux de vie sublimés par la lumière captée par l’oeil exigeant du Maître, Monet ou Grainville, les mots ont une couleur!

 

 

Falaise des fous

29 avr

Patrick Grainville

Aux éditions du Seuil, 656 pages

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Allez, vous en prendrez bien un p’tit dernier, pour la route… LC du mois Il Est Bien Ce Livre, 656 pages, je n’ai pas pu résister ! Lecture en cours et passionnante, à bientôt, bon week-end à vous!

Présentation éditeur

 

Littérature française

Falaise des fous

1868-1927 : de l’invention de l’impressionnisme à la traversée de l’Atlantique par Lindbergh, un Normand établi à Étretat entreprend le récit de sa vie. Orphelin de mère, jamais reconnu par son père, il s’est installé chez son oncle, dans la splendeur des falaises, après avoir été blessé lors de la sanglante aventure coloniale en Algérie.

Sous son regard, un homme peint : c’est Monet. Pour le jeune homme, qui ne connaît rien à la peinture, c’est un choc. La naissance d’un art et d’une époque se joue là, et, dès lors, il n’aura de cesse d’en suivre les métamorphoses, guidé par deux amantes, Mathilde, une bourgeoise mariée, sensuelle, puis Anna, passionnée. Elles l’initient à Monet, présent de bout en bout, mais aussi à Courbet, Boudin, Degas, Flaubert, Hugo, Maupassant… Tous passent à Étretat ou dans son voisinage.

De la débâcle de la guerre de 1870 à la découverte de New York, de l’affaire Dreyfus au gouffre de la Grande Guerre, c’est tout un monde qui surgit, passe et cède la place à un autre. Dans la permanence des falaises lumineuses, la folie de Monet affrontant l’infini des Nymphéas. Le tout sous la plume d’un homme qui a beaucoup vécu, beaucoup ressenti, aimé et perdu.

Fresque historique vertigineuse, saga familiale et amoureuse, évocation puissante de la pulsion créatrice : avec Falaise des fous, Patrick Grainville signe son roman le plus accompli, le roman d’une vie.

 

Patrick Grainville est né en 1947 à Villers (Normandie). En 1976, il a obtenu le prix Goncourt pour Les FlamboyantsFalaise des fous est son vingt-sixième roman.

 

L’affaire Léon Sadorski

29 jan

« L’affaire Léon Sadorski » Romain Slocombe,
Aux éditions Robert Laffont, 512 pages
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Présentation éditeur
Le pire des salauds, le meilleur des enquêteurs.
Avril 1942. Au sortir d’un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l’Occupation. Pétainiste et antisémite, l’inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d’un mari attentionné. Il fait très correctement son travail à la 3e section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy. De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d’intervenir contre les « terroristes ».
Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, ou on le jette en prison. Le but des Allemands est d’en faire leur informateur au sein de la préfecture de police… De retour à Paris, il reçoit l’ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d’appartenir à un réseau antinazi.
Après le succès de Monsieur le commandant, Romain Slocombe nous entraîne dans les abîmes de la collaboration et de la mauvaise conscience française.
« Slocombe offre au polar un immense roman qui résonne avec notre Histoire. Grandiose. » Benoît Minville, auteur de Rural noir, libraire Fnac Défense.
Notre devoir de mémoire doit-il en passer par là ? C’est un pan de notre histoire que nous ne devons plus ignorer.
Alors comment décrire ce livre et les émotions qu’il suscite?
Mes premiers mot seraient, « Vomissure », « Ordure »! Cependant, avec talent, l’auteur a réussi le tour de force de m’amener jusqu’à la dernière page de ce roman… Nous sommes en 1942, la face plus que sombre de notre Histoire, la collaboration, cette police qui jette en prison, enferme et déporte des milliers de personnes avec le sentiment du devoir accompli, mais quelle horreur!

Les pêcheurs d’étoiles

28 jan

«Les pêcheurs d’étoiles» Jean-Paul Delfino

Aux éditions du Passage

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Présentation éditeur

Paris, 1925. Dans le bouillonnement des années folles, deux hommes vont vivre une nuit d’exception.

À la poursuite d’une femme fantomatique et aimée, sur les traces de Jean Cocteau qui leur a volé l’argument d’un opéra, ils sillonnent la nuit parisienne, de la Closerie des Lilas au Père-Lachaise, de l’Opéra Garnier à la banlieue rouge. Dans les méandres de la Ville Lumière, ils vont rebondir de caboulots en night-clubs et se laisseront entraîner dans une valse canaille durant laquelle ils croiseront Chagall et les époux Delaunay, Toulouse-Lautrec, Modigliani, Abel Gance, Chaplin ou encore la mémoire d’Apollinaire.

Dans cette course folle, ils vont refaire le monde, rêver de gloire, pêcher le grand requin blanc sur les rives de la Seine, se promener à dos de girafe ou partir vers l’inconnu à bord d’une locomotive Pacific.

Ces deux hommes, dont le génie n’est pas encore reconnu, se nomment Blaise Cendrars et Erik Satie. Ensemble, ils vont se trouver et se perdre, tenter de réenchanter le monde, jusqu’au bout de la nuit.
……………
Paris la nuit, le grand luxe. Accompagner Satie et Cendrars dans leur divagations, à la lumière des réverbères, quel plaisir! Que du beau linge, pas tous fréquentables, mais bon, autre époque, autres mœurs ! Une très belle découverte.

Point cardinal

28 jan

«Point cardinal» de Léonor Récondo.

Aux éditions Sabine Wespieser, roman 141 pages

Une histoire magnifique racontée en toute simplicité. Laurent, quadragénaire, mari et père de deux enfants adolescents ose enfin se reconnaître Femme. Ce court roman entraîne le lecteur dans une spirale de doutes, d’émotions pour finir dans l’apaisement et la sérénité. Un gros coup de ❤.

Présentation éditeur
Sur le parking d’un supermarché, dans une petite ville de province, une femme se démaquille. Enlever sa perruque, sa robe de soie, rouler ses bas sur ses chevilles : ses gestes ressemblent à un arrachement. Bientôt, celle qui, à peine une heure auparavant, dansait à corps perdu sera devenue méconnaissable.
Laurent, en tenue de sport, a remis de l’ordre dans sa voiture. Il s’apprête à rejoindre femme et enfants pour le dîner. Avec Solange, rencontrée au lycée, la complicité a été immédiate. Laurent s’est longtemps abandonné à leur bonheur calme. Sa vie bascule quand, à la faveur de trois jours solitaires, il se travestit pour la première fois dans le foyer qu’ils ont bâti ensemble. À son retour, Solange trouve un cheveu blond…
Léonor de Récondo va alors suivre ses personnages sur le chemin d’une transformation radicale. Car la découverte de Solange conforte Laurent dans sa certitude : il est une femme. Reste à convaincre ceux qu’il aime de l’accepter.
La détermination de Laurent, le désarroi de Solange, les réactions contrastées des enfants – Claire a treize ans, Thomas seize –, l’incrédulité des collègues de travail : l’écrivain accompagne au plus près de leurs émotions ceux dont la vie est bouleversée. Avec des phrases limpides et d’une poignante justesse, elle trace le difficile parcours d’un être dont toute l’énergie est tendue vers la lumière.
Par-delà le sujet singulier du changement de sexe, Léonor de Récondo écrit un grand roman sur le courage d’être soi.

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La dame au chapeau rouge

28 nov

«La dame au chapeau rouge» de Christine Gauthier-Bravard

Aux éditions du Ver Luisant

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Je viens de terminer « La dame au chapeau rouge » de Christine Gauthier-Bravard, mon feel good book de l’année 2017

Quatrième de couverture:
Quoi de plus naturel pour une jeune femme jolie et indépendante, que d’aimer et eyre aimée?
Rien, si ce n’est la différence d’âge entre les amants et l’époque où ils se rencontrent.
Ida, 27 ans, et Aurèle, étudiant en médecine de dix ans son cadet, vivent une passion sans borne des l’année 1912. Leur liaison sera vite perturbée par la grossesse d’Ida.
Impossible d’envisager le mariage toutefois comment sortir de l »impasse sans déshonorer sa famille, sans perdre sa dignité, sans tourner le dos aux promesses d’un avenir brillant?
Protecteur, Paulin Dieuleveut trouvera la solution.
Ida aime le fils, elle épousera le père.
La Dame au Chapeau Rouge, est un roman troublant et une histoire romantique servie par des personnages haut en couleurs.

«Mon» feel good book, car avec cette lecture je suis retournée sur les traces de mon père… je lui avais offert ce livre dédicacé par l’auteur lors de la Foire du Livre de Brive 2014. Comme bon nombre de personnes il marquait sa lecture en cornant les pages, tantôt en haut ou en bas. J’ai pu ainsi reconstruire le fil d’une de ses toutes dernières lectures et c’est en cela que ça m’a fait du bien!

Mais pas que… car ce roman que j’ai dévoré nous conte l’histoire d’un combat, celui d’une femme fière, indépendante et militante!

Les Roses Noires de Saint-Domingue

7 sept

Les Roses Noires de Saint-Domingue

Michel Peyramaure

Aux éditions Presse de la Cité, collection Sud lointain, 400 pages

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Présentation éditeur

Un superbe roman au coeur de Saint-Domingue, sur les traces d’un naturaliste français au XVIIIe siècle lors des premières grandes insurrections d’esclaves.
1791. Julien Delacour arrive à Saint-Domingue pour y recenser et collecter les richesses de la flore et de la faune. Mais, partout, ce ne sont qu’attaques d’esclaves en révolte contre les brutalités de leurs propriétaires, incendies de plantations et massacres… Alors que Saint-Domingue, devenue Haïti, sombre dans l’anarchie, le naturaliste se retrouve dans une sorte d’exil sur Port-Espérance. Là, en présence de sa compagne, Ana, descendante d’une reine indienne du temps de Colomb, il va faire, au fil des jours, le récit de ses passionnants travaux, de ses amours, et de l’histoire d’un pays…
Un p’tit mot
1791, la France est en ébullition.
Ce roman témoigne des difficultés politiques de cette île un peu oubliée, l’apprentissage de la liberté, les balbutiements de l’abolition de l’esclavage et la montée de Toussaint Louverture.

La Foi et la Montagne

7 sept

La Foi et la Montagne

Jean Anglade

Aux éditions Presses de la Cité, collection Terres de France, 300 pages

Prix des Libraires 1962

la Foi et la Montagne

Présentation éditeur

Dans une île de l’archipel des Philippines, un riche propriétaire se lance dans une folle entreprise : construire une route jusqu’à un volcan.
Un roman de Jean Anglade à redécouvrir dans sa période littéraire dite « bleue ».
Toujours le même cauchemar : la falaise, des hommes à ses trousses, le saut dans le vide puis le réveil, brutal. Il y a dix ans, dans cette petite île du bout du monde, alors en guerre, Arsenio Hernandez, prisonnier puis condamné à mort a tué pour le prix de sa liberté. Depuis, le riche notable est rongé par le remords.
Même le sourire de sa femme, la belle Margarita, et ses cinq enfants n’y peuvent rien. Un soir, un « illuminé » le fait réfléchir sur le sens de sa vie : « Qu’as-tu fait, don Arsenio, depuis ta naissance ? Tu as entassé, entassé, entassé ! As-tu rien fait d’autre ? »
Alors Hernandez se lance dans un projet fou, démesuré : construire la route qui atteindra le sommet du plus haut volcan de l’île, le Banlaon…

Un grand roman de la période littéraire dite « bleue » de Jean Anglade.

Un p’tit mot
Don Arsenio est un riche propriétaire, négociant, marchand, bref il a la bosse du commerce. Une femme, des enfants, une vie plus que confortable, cependant, le Bonheur est-il vraiment là, dans tes greniers et ton coffre fort, richement vêtu et repu?
Don Arsenio part en quête de son devoir ultime.
Un roman écrit sous forme de paragraphes numérotés guident Don Arsenio, sa route, son ascension, la quête de sa dernière mission pouvant donner du sens à son existence.

Le Fifre

7 sept

Le Fifre

Édouardo Manet

Aux éditions Écriture, 264 pages

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Edouardo Manet romancier et dramaturge, est né à Santiago de Cuba, Prix Goncourt des Lycéens en 1992 avec « L’île du lézard vert », Prix Interallié en 1996 avec « Rhapsodie cubaine », Prix du Roman d’Evasion en 1999 avec « D’amour et d’exil ». En 2006, il a été le président d’honneur de la Foire du Livre de Limoges.

La jeune Eva Gonzalès a vingt ans lorsqu’elle est présentée à l’auteur d’un inconvenant Déjeuner sur l’herbe. Convaincue qu’il reconnaîtra son talent, elle n’écoute pas les avertissements de son père, un écrivain en vogue, inquiet de la réputation sulfureuse d’Édouard Manet. Ne dit-on pas que le célèbre Fifre serait le portrait de son fils adultérin ? Eva ignore que le peintre Stevens l’a dépeinte à son ami comme une maja espagnole au tempérament de feu. En peu de temps, elle devient une familière de l’atelier, de Manet lui-même – mais aussi son élève la plus douée, au désespoir de Berthe Morisot. C’est le début d’une liaison clandestine, orageuse et magnifique, jusqu’à l’étrange disparition de la jeune femme, en 1872… Chronique d’un amour mais aussi d’une révolution artistique, l’impressionnisme, qui vit l’irruption des femmes en peinture, Le Fifre est enfin – et peut-être surtout – le récit d’une quête personnelle entreprise voici plus d’un demi-siècle. Le père d’Eduardo Manet plaisantait-il, ce jour lointain d’avant la révolution cubaine, où il lui annonça innocemment : « Sais-tu que nous descendons du peintre ? » www.edouardomanet.net

 

Mon p’tit mot

Le Second Empire, La Commune, le Paris des grands travaux, deux familles, les Gonzalès et les Manet.

Un demi-siècle trouble mais enrichi de découvertes et progrès accompagnent les familles Gonzalès et Manet dans leur quotidien.

Sept cahiers (carnets Moleskine?) rédigés par Jeanne, la plus jeune des sœurs Gonzalès, son journal où elle croque le quotidien et sa rencontre avec le microcosme artistique de l’époque mais aussi l’histoire d’un amour fou entre le maître Manet et son élève Eva, sa sœur.

 

Présentation éditeur

La jeune Eva Gonzalès, d’origine espagnole, a vingt ans lorsqu’elle est présentée, en 1869, à Édouard Manet, 37 ans, auteur de ce Déjeuner sur l’herbe qui a fait scandale six ans plus tôt. Elle n’écoute pas les avertissements de son père, feuilletoniste du Siècle, inquiet de la réputation sulfureuse du peintre. Son célèbre Fifre n’est-il pas le portrait d’un de ses fils adultérins ? Convaincue que son talent d’artiste peut éclore grâce à l’appui de Manet, Eva ignore que le peintre Alfred Stevens l’a dépeinte comme « une vraie maja au tempérament de feu, qui ne mesure pas à quel point elle est sensuelle ».
Bientôt, elle devient une familière de l’atelier, et l’amante de Manet – mais aussi son élève la plus douée, au désespoir de Berthe Morisot… C’est le début d’une liaison clandestine, orageuse et magnifique, ponctuée de voyages, jusqu’à l’étrange disparition de la jeune femme, en 1872 : elle attend un enfant de cet homme marié qui a horreur du scandale… sauf en peinture. Mariée sans amour, Eva mourra en 1883, alors qu’elle tressait une couronne pour orner la tombe de Manet, décédé six jours avant elle…
Fils d’Eduardo Rafael Gonzalès-Manet, Eduardo Manet met en lumière l’histoire d’une passion méconnue et fait revivre le Paris artistique du Second Empire, où passent les figures de Zola, Monet, Degas, Renoir, Fantin-Latour, Meissonnier, Durand-Ruel…

Pour aller plus loin

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Le Fifre 1860, huile sur toile, 160 x 94

Paris, Musée d’Orsay

Manet, qui avait trouvé dans une manière et des sujets hispanisants, la voie de son propre talent, ne découvre que tardivement, en 1865, l’Espagne et le musée du Prado. Le Pablo de Valladolid de Velasquez l’impressionne particulièrement et le peintre confie alors à son ami Fantin-Latour : « [c'est] le plus étonnant morceau de peinture qu’on ait jamais fait… Le fond disparaît : c’est de l’air qui entoure le bonhomme, tout habillé de noir et vivant ».

De retour à Paris, Manet applique ces principes à un sujet contemporain. Un simple et anonyme enfant de troupe se voit donc traité comme un grand d’Espagne. Non seulement, Manet bouleverse les hiérarchies de la représentation, mais il accompagne également ce choix d’un langage audacieusement simplifié. Le peintre utilise ainsi des aplats, très nets dans les noirs, quelques effets de modelé dans les chairs et dans l’étui de l’instrument, et des empâtements dans les blancs qui soulignent les plis des tissus. La palette colorée est très réduite, et l’espace sans profondeur. On distingue à peine la limite entre le plan horizontal du sol et le plan vertical du fond, coloré d’un gris très peu nuancé et totalement dépouillé.

L’oeuvre rejetée par le jury du Salon de 1866, est une de celles qui fonda l’enthousiasme d’Emile Zola pour le peintre. L’écrivain décela, dans la vérité du propos et de la manière, l’expression d’un sentiment proprement moderne. www.musee-orsay.fr

 

le dejeuner sur l'herbe

Edouard Manet (1832-1883)

Le déjeuner sur l’herbe 1863, Huile sur toile H. 208 ; L. 264,5 cm

Paris, musée d’Orsay

Donation Etienne Moreau-Nélaton, 1906

Rejetée par le jury du Salon de 1863, cette oeuvre est exposée par Manet sous le titre Le Bain au « Salon des Refusés » accordé cette année là par Napoléon III. Elle en constitua la principale attraction, objet de moqueries et source de scandale.

Pourtant, Manet revendique dans Le déjeuner sur l’herbe l’héritage des maîtres anciens et s’inspire de deux oeuvres du Louvre. Le Concert champêtre du Titien, alors attribué à Giorgione, fournit le sujet, tandis que la disposition du groupe central s’inspire d’une gravure d’après Raphaël : Le jugement de Pâris. Mais dans Le déjeuner sur l’herbe, la présence d’une femme nue au milieu d’hommes habillés n’est justifiée par aucun prétexte mythologique ou allégorique. La modernité des personnages rend obscène, aux yeux de ses contemporains, cette scène presque irréelle. Manet s’en amusait d’ailleurs, surnommant son tableau « La partie carrée ». www.musee-orsay.fr

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Eva Gonzalès, Le Thé, Huile sur toile 94 x 60, peint en 1865/1869. Ce tableau fit connaitre Eva dans les salons européens, sa soeur Jeanne lui servant de modèle

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Eva Gonzalès, Portrait de Jeanne, Pastel, 1869/1870

 

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Eva Gonzalès, L’Enfant de troupe, Huile sur toile 130 x 98, Peint en 1869/1870, Musée de Gajac, Villeneuve sur Lot. Eva a peint ce tableau en faisant référence au Fifre de Manet et à la couleur noire, hommage au peintre.

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Eva Gonzalès, la Modiste, 1882/1883, Institut Art of Chicago

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Edouard Manet, Portrait d’Eva Gonzalès, 1869/1870, National Gallery, Londres

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La Plante favorite, présenté par Eva au Salon de 1872, Pastel, 46 x 38, 1871/1872, décrit dans le roman comme oeuvre commune des deux soeurs.

 

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Eva Gonzalès, Le déjeuner sur l’herbe, huile sur toile, 65 x 46, 1880/1882

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