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Bleu de Delft

21 sept

Bleu de Delft
Simone van Der Vlugt, traduit du néerlandais (Pays-Bas) par Guillaume Deneufbourg
Aux éditions Philippe Rey, 336 page
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Catrijn, adolescente, elle embellissait de couronnes de fleurs les meubles de la ferme familiale. Elle n’avait qu’un rêve, devenir peintre.
L’histoire se situe aux Pays Bas, au XVIIème siècle. À cette époque, pour être peintre, le jeune artiste devait être parrainé pour entrer en apprentissage auprès d’un Maître et, à l’issue de ses années d’études obtenait l’ autorisation d’exercer son art au sein d’une guilde, parcours difficile pour un homme, à de très rares exceptions, impossible pour une femme!
À la suite d’un veuvage précoce et douteux, Catrijn quitte précipitamment son village pour Amsterdam. Elle côtoie Vermeer, affine son talent avec un élève de Rembrandt. Son passé la rattrape un peu trop vite, elle fuit ses souvenirs et ses démons en se rendant à Delft.
Delft, capitale de la faïence hollandaise, Catrijn y apprend la peinture sur céramique, développe les motifs d’inspiration asiatique qui feront la renommée de la cité.
L’auteure conte un destin de femme particulier, au chemin semé d’embûches.

Présentation éditeur

Au XVIIe siècle, après la mort mystérieuse de son mari, la jeune Catrijn quitte sa campagne néerlandaise pour tenter sa chance à la ville. Le hasard des rencontres la mène à Amsterdam où elle est engagée comme intendante dans une famille. Passionnée de peinture, Catrijn aide la maîtresse de maison à parfaire son apprentissage. Elle fera même la rencontre de Rembrandt dans son atelier.

Mais, poursuivie par son passé, en la personne d’un ancien valet de ferme qui menace de révéler les circonstances de la disparition de son mari, la jeune femme doit fuir à Delft où elle est engagée dans une faïencerie, et formée par un ami de Vermeer. Le grand peintre voit d’un oeil bienveillant le succès fulgurant de Catrijn lorsqu’elle met au point le célèbre bleu de Delft.

Tiraillée entre deux hommes qui veulent l’épouser, passionnée par son métier, Catrijn doit faire des choix et tracer avec courage son propre chemin.

Simone van der Vlugt offre le magnifique portrait d’une femme artiste au Siècle d’or néerlandais, qui cherche à se faire une place dans un monde d’hommes en dépit des violences et des préjugés. Un roman captivant.

 

Falaise des fous

3 mai

Patrick Grainville

Aux éditions du Seuil, 656 pages

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J’ai terminé «Falaise des fous» de Patrick Grainville. Un très bon roman, une belle écriture (quelques brèves longueurs, quelques brèves langueurs). J’ai peint les falaises d’Etretat avec Monet, appris tous les détails des jeux de lumière sur les falaises, humé le parfum de scandale provoqué par Courbet, croisé les sœurs Morisot, Manet, assisté à l’enterrement de Hugo… Lindberg, Dreyfus, les événements douloureux de la Grande Guerre. Soixante années de menus instants sont consignés par Charles Guillemet, le narrateur dont l’existence est justement mise entre «…». De cette lecture foisonnante, il en ressort un tableau, une fresque, Les Falaises, un collage sur toile de mille petits morceaux de vie sublimés par la lumière captée par l’oeil exigeant du Maître, Monet ou Grainville, les mots ont une couleur!

 

 

Falaise des fous

29 avr

Patrick Grainville

Aux éditions du Seuil, 656 pages

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Allez, vous en prendrez bien un p’tit dernier, pour la route… LC du mois Il Est Bien Ce Livre, 656 pages, je n’ai pas pu résister ! Lecture en cours et passionnante, à bientôt, bon week-end à vous!

Présentation éditeur

 

Littérature française

Falaise des fous

1868-1927 : de l’invention de l’impressionnisme à la traversée de l’Atlantique par Lindbergh, un Normand établi à Étretat entreprend le récit de sa vie. Orphelin de mère, jamais reconnu par son père, il s’est installé chez son oncle, dans la splendeur des falaises, après avoir été blessé lors de la sanglante aventure coloniale en Algérie.

Sous son regard, un homme peint : c’est Monet. Pour le jeune homme, qui ne connaît rien à la peinture, c’est un choc. La naissance d’un art et d’une époque se joue là, et, dès lors, il n’aura de cesse d’en suivre les métamorphoses, guidé par deux amantes, Mathilde, une bourgeoise mariée, sensuelle, puis Anna, passionnée. Elles l’initient à Monet, présent de bout en bout, mais aussi à Courbet, Boudin, Degas, Flaubert, Hugo, Maupassant… Tous passent à Étretat ou dans son voisinage.

De la débâcle de la guerre de 1870 à la découverte de New York, de l’affaire Dreyfus au gouffre de la Grande Guerre, c’est tout un monde qui surgit, passe et cède la place à un autre. Dans la permanence des falaises lumineuses, la folie de Monet affrontant l’infini des Nymphéas. Le tout sous la plume d’un homme qui a beaucoup vécu, beaucoup ressenti, aimé et perdu.

Fresque historique vertigineuse, saga familiale et amoureuse, évocation puissante de la pulsion créatrice : avec Falaise des fous, Patrick Grainville signe son roman le plus accompli, le roman d’une vie.

 

Patrick Grainville est né en 1947 à Villers (Normandie). En 1976, il a obtenu le prix Goncourt pour Les FlamboyantsFalaise des fous est son vingt-sixième roman.

 

Le Fifre

7 sept

Le Fifre

Édouardo Manet

Aux éditions Écriture, 264 pages

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Edouardo Manet romancier et dramaturge, est né à Santiago de Cuba, Prix Goncourt des Lycéens en 1992 avec « L’île du lézard vert », Prix Interallié en 1996 avec « Rhapsodie cubaine », Prix du Roman d’Evasion en 1999 avec « D’amour et d’exil ». En 2006, il a été le président d’honneur de la Foire du Livre de Limoges.

La jeune Eva Gonzalès a vingt ans lorsqu’elle est présentée à l’auteur d’un inconvenant Déjeuner sur l’herbe. Convaincue qu’il reconnaîtra son talent, elle n’écoute pas les avertissements de son père, un écrivain en vogue, inquiet de la réputation sulfureuse d’Édouard Manet. Ne dit-on pas que le célèbre Fifre serait le portrait de son fils adultérin ? Eva ignore que le peintre Stevens l’a dépeinte à son ami comme une maja espagnole au tempérament de feu. En peu de temps, elle devient une familière de l’atelier, de Manet lui-même – mais aussi son élève la plus douée, au désespoir de Berthe Morisot. C’est le début d’une liaison clandestine, orageuse et magnifique, jusqu’à l’étrange disparition de la jeune femme, en 1872… Chronique d’un amour mais aussi d’une révolution artistique, l’impressionnisme, qui vit l’irruption des femmes en peinture, Le Fifre est enfin – et peut-être surtout – le récit d’une quête personnelle entreprise voici plus d’un demi-siècle. Le père d’Eduardo Manet plaisantait-il, ce jour lointain d’avant la révolution cubaine, où il lui annonça innocemment : « Sais-tu que nous descendons du peintre ? » www.edouardomanet.net

 

Mon p’tit mot

Le Second Empire, La Commune, le Paris des grands travaux, deux familles, les Gonzalès et les Manet.

Un demi-siècle trouble mais enrichi de découvertes et progrès accompagnent les familles Gonzalès et Manet dans leur quotidien.

Sept cahiers (carnets Moleskine?) rédigés par Jeanne, la plus jeune des sœurs Gonzalès, son journal où elle croque le quotidien et sa rencontre avec le microcosme artistique de l’époque mais aussi l’histoire d’un amour fou entre le maître Manet et son élève Eva, sa sœur.

 

Présentation éditeur

La jeune Eva Gonzalès, d’origine espagnole, a vingt ans lorsqu’elle est présentée, en 1869, à Édouard Manet, 37 ans, auteur de ce Déjeuner sur l’herbe qui a fait scandale six ans plus tôt. Elle n’écoute pas les avertissements de son père, feuilletoniste du Siècle, inquiet de la réputation sulfureuse du peintre. Son célèbre Fifre n’est-il pas le portrait d’un de ses fils adultérins ? Convaincue que son talent d’artiste peut éclore grâce à l’appui de Manet, Eva ignore que le peintre Alfred Stevens l’a dépeinte comme « une vraie maja au tempérament de feu, qui ne mesure pas à quel point elle est sensuelle ».
Bientôt, elle devient une familière de l’atelier, et l’amante de Manet – mais aussi son élève la plus douée, au désespoir de Berthe Morisot… C’est le début d’une liaison clandestine, orageuse et magnifique, ponctuée de voyages, jusqu’à l’étrange disparition de la jeune femme, en 1872 : elle attend un enfant de cet homme marié qui a horreur du scandale… sauf en peinture. Mariée sans amour, Eva mourra en 1883, alors qu’elle tressait une couronne pour orner la tombe de Manet, décédé six jours avant elle…
Fils d’Eduardo Rafael Gonzalès-Manet, Eduardo Manet met en lumière l’histoire d’une passion méconnue et fait revivre le Paris artistique du Second Empire, où passent les figures de Zola, Monet, Degas, Renoir, Fantin-Latour, Meissonnier, Durand-Ruel…

Pour aller plus loin

le fifre

Le Fifre 1860, huile sur toile, 160 x 94

Paris, Musée d’Orsay

Manet, qui avait trouvé dans une manière et des sujets hispanisants, la voie de son propre talent, ne découvre que tardivement, en 1865, l’Espagne et le musée du Prado. Le Pablo de Valladolid de Velasquez l’impressionne particulièrement et le peintre confie alors à son ami Fantin-Latour : « [c'est] le plus étonnant morceau de peinture qu’on ait jamais fait… Le fond disparaît : c’est de l’air qui entoure le bonhomme, tout habillé de noir et vivant ».

De retour à Paris, Manet applique ces principes à un sujet contemporain. Un simple et anonyme enfant de troupe se voit donc traité comme un grand d’Espagne. Non seulement, Manet bouleverse les hiérarchies de la représentation, mais il accompagne également ce choix d’un langage audacieusement simplifié. Le peintre utilise ainsi des aplats, très nets dans les noirs, quelques effets de modelé dans les chairs et dans l’étui de l’instrument, et des empâtements dans les blancs qui soulignent les plis des tissus. La palette colorée est très réduite, et l’espace sans profondeur. On distingue à peine la limite entre le plan horizontal du sol et le plan vertical du fond, coloré d’un gris très peu nuancé et totalement dépouillé.

L’oeuvre rejetée par le jury du Salon de 1866, est une de celles qui fonda l’enthousiasme d’Emile Zola pour le peintre. L’écrivain décela, dans la vérité du propos et de la manière, l’expression d’un sentiment proprement moderne. www.musee-orsay.fr

 

le dejeuner sur l'herbe

Edouard Manet (1832-1883)

Le déjeuner sur l’herbe 1863, Huile sur toile H. 208 ; L. 264,5 cm

Paris, musée d’Orsay

Donation Etienne Moreau-Nélaton, 1906

Rejetée par le jury du Salon de 1863, cette oeuvre est exposée par Manet sous le titre Le Bain au « Salon des Refusés » accordé cette année là par Napoléon III. Elle en constitua la principale attraction, objet de moqueries et source de scandale.

Pourtant, Manet revendique dans Le déjeuner sur l’herbe l’héritage des maîtres anciens et s’inspire de deux oeuvres du Louvre. Le Concert champêtre du Titien, alors attribué à Giorgione, fournit le sujet, tandis que la disposition du groupe central s’inspire d’une gravure d’après Raphaël : Le jugement de Pâris. Mais dans Le déjeuner sur l’herbe, la présence d’une femme nue au milieu d’hommes habillés n’est justifiée par aucun prétexte mythologique ou allégorique. La modernité des personnages rend obscène, aux yeux de ses contemporains, cette scène presque irréelle. Manet s’en amusait d’ailleurs, surnommant son tableau « La partie carrée ». www.musee-orsay.fr

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Eva Gonzalès, Le Thé, Huile sur toile 94 x 60, peint en 1865/1869. Ce tableau fit connaitre Eva dans les salons européens, sa soeur Jeanne lui servant de modèle

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Eva Gonzalès, Portrait de Jeanne, Pastel, 1869/1870

 

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Eva Gonzalès, L’Enfant de troupe, Huile sur toile 130 x 98, Peint en 1869/1870, Musée de Gajac, Villeneuve sur Lot. Eva a peint ce tableau en faisant référence au Fifre de Manet et à la couleur noire, hommage au peintre.

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Eva Gonzalès, la Modiste, 1882/1883, Institut Art of Chicago

Portrait d'Eva Gonzalès

Edouard Manet, Portrait d’Eva Gonzalès, 1869/1870, National Gallery, Londres

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La Plante favorite, présenté par Eva au Salon de 1872, Pastel, 46 x 38, 1871/1872, décrit dans le roman comme oeuvre commune des deux soeurs.

 

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Eva Gonzalès, Le déjeuner sur l’herbe, huile sur toile, 65 x 46, 1880/1882

« Portrait de Charles Baudelaire » de Gustave Courbet (1848)

5 mai

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« Morning sun » de Harold Knight (1913)

5 mai

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