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Les Roses Noires de Saint-Domingue

7 sept

Les Roses Noires de Saint-Domingue

Michel Peyramaure

Aux éditions Presse de la Cité, collection Sud lointain, 400 pages

les roses noires de saint domingue

 

Présentation éditeur

Un superbe roman au coeur de Saint-Domingue, sur les traces d’un naturaliste français au XVIIIe siècle lors des premières grandes insurrections d’esclaves.
1791. Julien Delacour arrive à Saint-Domingue pour y recenser et collecter les richesses de la flore et de la faune. Mais, partout, ce ne sont qu’attaques d’esclaves en révolte contre les brutalités de leurs propriétaires, incendies de plantations et massacres… Alors que Saint-Domingue, devenue Haïti, sombre dans l’anarchie, le naturaliste se retrouve dans une sorte d’exil sur Port-Espérance. Là, en présence de sa compagne, Ana, descendante d’une reine indienne du temps de Colomb, il va faire, au fil des jours, le récit de ses passionnants travaux, de ses amours, et de l’histoire d’un pays…
Un p’tit mot
1791, la France est en ébullition.
Ce roman témoigne des difficultés politiques de cette île un peu oubliée, l’apprentissage de la liberté, les balbutiements de l’abolition de l’esclavage et la montée de Toussaint Louverture.

La Foi et la Montagne

7 sept

La Foi et la Montagne

Jean Anglade

Aux éditions Presses de la Cité, collection Terres de France, 300 pages

Prix des Libraires 1962

la Foi et la Montagne

Présentation éditeur

Dans une île de l’archipel des Philippines, un riche propriétaire se lance dans une folle entreprise : construire une route jusqu’à un volcan.
Un roman de Jean Anglade à redécouvrir dans sa période littéraire dite « bleue ».
Toujours le même cauchemar : la falaise, des hommes à ses trousses, le saut dans le vide puis le réveil, brutal. Il y a dix ans, dans cette petite île du bout du monde, alors en guerre, Arsenio Hernandez, prisonnier puis condamné à mort a tué pour le prix de sa liberté. Depuis, le riche notable est rongé par le remords.
Même le sourire de sa femme, la belle Margarita, et ses cinq enfants n’y peuvent rien. Un soir, un « illuminé » le fait réfléchir sur le sens de sa vie : « Qu’as-tu fait, don Arsenio, depuis ta naissance ? Tu as entassé, entassé, entassé ! As-tu rien fait d’autre ? »
Alors Hernandez se lance dans un projet fou, démesuré : construire la route qui atteindra le sommet du plus haut volcan de l’île, le Banlaon…

Un grand roman de la période littéraire dite « bleue » de Jean Anglade.

Un p’tit mot
Don Arsenio est un riche propriétaire, négociant, marchand, bref il a la bosse du commerce. Une femme, des enfants, une vie plus que confortable, cependant, le Bonheur est-il vraiment là, dans tes greniers et ton coffre fort, richement vêtu et repu?
Don Arsenio part en quête de son devoir ultime.
Un roman écrit sous forme de paragraphes numérotés guident Don Arsenio, sa route, son ascension, la quête de sa dernière mission pouvant donner du sens à son existence.

Le Fifre

7 sept

Le Fifre

Édouardo Manet

Aux éditions Écriture, 264 pages

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Edouardo Manet romancier et dramaturge, est né à Santiago de Cuba, Prix Goncourt des Lycéens en 1992 avec « L’île du lézard vert », Prix Interallié en 1996 avec « Rhapsodie cubaine », Prix du Roman d’Evasion en 1999 avec « D’amour et d’exil ». En 2006, il a été le président d’honneur de la Foire du Livre de Limoges.

La jeune Eva Gonzalès a vingt ans lorsqu’elle est présentée à l’auteur d’un inconvenant Déjeuner sur l’herbe. Convaincue qu’il reconnaîtra son talent, elle n’écoute pas les avertissements de son père, un écrivain en vogue, inquiet de la réputation sulfureuse d’Édouard Manet. Ne dit-on pas que le célèbre Fifre serait le portrait de son fils adultérin ? Eva ignore que le peintre Stevens l’a dépeinte à son ami comme une maja espagnole au tempérament de feu. En peu de temps, elle devient une familière de l’atelier, de Manet lui-même – mais aussi son élève la plus douée, au désespoir de Berthe Morisot. C’est le début d’une liaison clandestine, orageuse et magnifique, jusqu’à l’étrange disparition de la jeune femme, en 1872… Chronique d’un amour mais aussi d’une révolution artistique, l’impressionnisme, qui vit l’irruption des femmes en peinture, Le Fifre est enfin – et peut-être surtout – le récit d’une quête personnelle entreprise voici plus d’un demi-siècle. Le père d’Eduardo Manet plaisantait-il, ce jour lointain d’avant la révolution cubaine, où il lui annonça innocemment : « Sais-tu que nous descendons du peintre ? » www.edouardomanet.net

 

Mon p’tit mot

Le Second Empire, La Commune, le Paris des grands travaux, deux familles, les Gonzalès et les Manet.

Un demi-siècle trouble mais enrichi de découvertes et progrès accompagnent les familles Gonzalès et Manet dans leur quotidien.

Sept cahiers (carnets Moleskine?) rédigés par Jeanne, la plus jeune des sœurs Gonzalès, son journal où elle croque le quotidien et sa rencontre avec le microcosme artistique de l’époque mais aussi l’histoire d’un amour fou entre le maître Manet et son élève Eva, sa sœur.

 

Présentation éditeur

La jeune Eva Gonzalès, d’origine espagnole, a vingt ans lorsqu’elle est présentée, en 1869, à Édouard Manet, 37 ans, auteur de ce Déjeuner sur l’herbe qui a fait scandale six ans plus tôt. Elle n’écoute pas les avertissements de son père, feuilletoniste du Siècle, inquiet de la réputation sulfureuse du peintre. Son célèbre Fifre n’est-il pas le portrait d’un de ses fils adultérins ? Convaincue que son talent d’artiste peut éclore grâce à l’appui de Manet, Eva ignore que le peintre Alfred Stevens l’a dépeinte comme « une vraie maja au tempérament de feu, qui ne mesure pas à quel point elle est sensuelle ».
Bientôt, elle devient une familière de l’atelier, et l’amante de Manet – mais aussi son élève la plus douée, au désespoir de Berthe Morisot… C’est le début d’une liaison clandestine, orageuse et magnifique, ponctuée de voyages, jusqu’à l’étrange disparition de la jeune femme, en 1872 : elle attend un enfant de cet homme marié qui a horreur du scandale… sauf en peinture. Mariée sans amour, Eva mourra en 1883, alors qu’elle tressait une couronne pour orner la tombe de Manet, décédé six jours avant elle…
Fils d’Eduardo Rafael Gonzalès-Manet, Eduardo Manet met en lumière l’histoire d’une passion méconnue et fait revivre le Paris artistique du Second Empire, où passent les figures de Zola, Monet, Degas, Renoir, Fantin-Latour, Meissonnier, Durand-Ruel…

Pour aller plus loin

le fifre

Le Fifre 1860, huile sur toile, 160 x 94

Paris, Musée d’Orsay

Manet, qui avait trouvé dans une manière et des sujets hispanisants, la voie de son propre talent, ne découvre que tardivement, en 1865, l’Espagne et le musée du Prado. Le Pablo de Valladolid de Velasquez l’impressionne particulièrement et le peintre confie alors à son ami Fantin-Latour : « [c'est] le plus étonnant morceau de peinture qu’on ait jamais fait… Le fond disparaît : c’est de l’air qui entoure le bonhomme, tout habillé de noir et vivant ».

De retour à Paris, Manet applique ces principes à un sujet contemporain. Un simple et anonyme enfant de troupe se voit donc traité comme un grand d’Espagne. Non seulement, Manet bouleverse les hiérarchies de la représentation, mais il accompagne également ce choix d’un langage audacieusement simplifié. Le peintre utilise ainsi des aplats, très nets dans les noirs, quelques effets de modelé dans les chairs et dans l’étui de l’instrument, et des empâtements dans les blancs qui soulignent les plis des tissus. La palette colorée est très réduite, et l’espace sans profondeur. On distingue à peine la limite entre le plan horizontal du sol et le plan vertical du fond, coloré d’un gris très peu nuancé et totalement dépouillé.

L’oeuvre rejetée par le jury du Salon de 1866, est une de celles qui fonda l’enthousiasme d’Emile Zola pour le peintre. L’écrivain décela, dans la vérité du propos et de la manière, l’expression d’un sentiment proprement moderne. www.musee-orsay.fr

 

le dejeuner sur l'herbe

Edouard Manet (1832-1883)

Le déjeuner sur l’herbe 1863, Huile sur toile H. 208 ; L. 264,5 cm

Paris, musée d’Orsay

Donation Etienne Moreau-Nélaton, 1906

Rejetée par le jury du Salon de 1863, cette oeuvre est exposée par Manet sous le titre Le Bain au « Salon des Refusés » accordé cette année là par Napoléon III. Elle en constitua la principale attraction, objet de moqueries et source de scandale.

Pourtant, Manet revendique dans Le déjeuner sur l’herbe l’héritage des maîtres anciens et s’inspire de deux oeuvres du Louvre. Le Concert champêtre du Titien, alors attribué à Giorgione, fournit le sujet, tandis que la disposition du groupe central s’inspire d’une gravure d’après Raphaël : Le jugement de Pâris. Mais dans Le déjeuner sur l’herbe, la présence d’une femme nue au milieu d’hommes habillés n’est justifiée par aucun prétexte mythologique ou allégorique. La modernité des personnages rend obscène, aux yeux de ses contemporains, cette scène presque irréelle. Manet s’en amusait d’ailleurs, surnommant son tableau « La partie carrée ». www.musee-orsay.fr

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Eva Gonzalès, Le Thé, Huile sur toile 94 x 60, peint en 1865/1869. Ce tableau fit connaitre Eva dans les salons européens, sa soeur Jeanne lui servant de modèle

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Eva Gonzalès, Portrait de Jeanne, Pastel, 1869/1870

 

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Eva Gonzalès, L’Enfant de troupe, Huile sur toile 130 x 98, Peint en 1869/1870, Musée de Gajac, Villeneuve sur Lot. Eva a peint ce tableau en faisant référence au Fifre de Manet et à la couleur noire, hommage au peintre.

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Eva Gonzalès, la Modiste, 1882/1883, Institut Art of Chicago

Portrait d'Eva Gonzalès

Edouard Manet, Portrait d’Eva Gonzalès, 1869/1870, National Gallery, Londres

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La Plante favorite, présenté par Eva au Salon de 1872, Pastel, 46 x 38, 1871/1872, décrit dans le roman comme oeuvre commune des deux soeurs.

 

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Eva Gonzalès, Le déjeuner sur l’herbe, huile sur toile, 65 x 46, 1880/1882

Deux cigarettes dans le noir

11 août

Deux cigarettes dans le noir

Julien Dufresne-Lamy

aux éditions Belfond Pointillé, 304 pages

deux cigarettes dans le noir

Par un soir de pluie, Clémentine devient mère en provoquant la mort d’une femme qui fumait une cigarette dans le noir…

Elle est obsédée par l’image de cet accident et cherche à en savoir plus. Elle pense avoir percutée la célèbre chorégraphe Pina Baush et part à la découverte de l’artiste, se documente, lit et visionne en boucle l’oeuvre de Pina qui fait écho à sa propre vie, à ses espoirs.

« Two cigarettes in the dark » est une pièce créée en 1985.

Theatreonline.com: Le Tanztheater Wuppertal, qui vient de fêter ses quarante ans, revient sur la scène du Palais Garnier avec Two Cigarettes in the Dark, créée en 1985. La pièce, dont le titre est inspiré d’une chanson de Bing Crosby qui évoque la solitude et la perte de l’être aimé, participe de cette « danse théâtre » si caractéristique de l’oeuvre de Pina Bausch.

Dans un décor clos et immaculé, conçu par Peter Pabst, les interprètes s’interpellent, se croisent, se succèdent dans des séquences violentes et burlesques, cherchant ainsi à combler le vide de leur existence. Entre tragédie et dérision, souffrance et espoir, les tableaux se télescopent, laissant transpirer toute la complexité des rapports entre hommes et femmes et les contradictions de la nature humaine.

Pièce rare et incisive, Two Cigarettes in the Dark questionne le théâtre de la vie.

Musiques : Claudio Monteverdi, Ludwig Van Beethoven, Maurice Ravel, Hugo Wolf, Henry Purcell, Ben Webster, Musique de la Renaissance…

Présentation éditeur

Il y a avec la danse une intrigue meurtrière. Avec elle, la fin l’emporte toujours.
Clémentine travaille dans une usine de parfum. Elle attend un enfant.
Au volant de sa voiture en direction de la maternité, elle percute quelqu’un sans pouvoir s’arrêter.
De retour à la maison seule avec son bébé, elle apprend la mort à Paris, deux jours plus tôt, de la chorégraphe Pina Bausch. Clémentine se souvient : une silhouette maigre, de longs cheveux gris – c’est Pina qu’elle a fauchée.
Elle a tué un génie en mettant au monde son enfant.
La maternité, la danse, la vie, la mort se côtoient dans le nouveau roman de Julien Dufresne-Lamy, qui trouble et bouscule par son intelligence et son originalité.

 

Le jardinier d’Otchakov

11 août

Le jardinier d’Otchakov

Andreï Kourkov, traduit du russe par Paul Lequesne

aux éditions Liana Levi, collection « Littérature étrangère », 336 pages

Wet Eye Glasses

Un voyage dans le temps comme je les aime…
Banlieue de Kiev en 2010, Igor traine sa trentaine dans l’oisiveté. Il rencontre Stepan Sadovnikov, un jardinier quinquagenaire tatoué qui loue ses services contre gîte et couvert. (Sadovnik signifie jardinier en russe). Ils forment tous deux une curieuse équipe sur les traces du passé de Stepan. Ils font entre autres découvertes celle d’une vieille valise contenant un costume de milicien russe des années 50. Un soir de fête d’anniversaire, pour faire le beau, Igor revêt l’uniforme. Et là, l’histoire à la Kourkov prend tout son sens…

Igor marche dans la rue faiblement éclairée, son pas s’alourdit, le paysage se modifie et… Il est Minuit, le voilà devant la cooperative vinicole d’Otchakov, ville perdue au bord de la mer Noire…

Présentation éditeur

Le rouble soviétique, le premier Spoutnik, Nikita Khrouchtchev… Pour Igor, tout ça, c’est de l’histoire ancienne. La trentaine débonnaire, il vit avec sa mère dans la banlieue de Kiev et préfère la perspective d’une soirée entre copains à celle d’un boulot ou d’un mariage. Le passé pourtant vient toquer à sa porte sous les traits d’un vagabond tatoué qui, en échange d’un lit de fortune, propose de s’acquitter des travaux de jardinage. Commence alors pour Igor une folle aventure où un vieil uniforme de milicien, sitôt enfilé, lui permet de franchir l’espace et le temps pour se retrouver dans la petite ville d’Otchakov, au bord de la mer Noire, en l’an 1957. Passé les premiers moments de doute sur sa santé mentale, Igor découvrira, outre les mœurs des bandits des années 50 et les charmes d’une poissonnière rousse, que l’histoire change de taille en fonction de qui cherche à l’endosser. Et qu’il n’est pas besoin d’être jardinier pour cultiver sa vraie nature.

Andreï Kourkov est né en Russie en 1961 et vit à Kiev. Il est aujourd’hui un écrivain ukrainien de langue russe. Très doué pour les langues (il en parle sept), il débute sa carrière littéraire pendant son service militaire alors qu’il est gardien de prison à Odessa… Son premier roman, Le Pingouin, remporte un succès international. Son œuvre est aujourd’hui traduite en 36 langues.

A la Belle Marquise

11 août

A la Belle Marquise

Gérard Georges

aux éditions Presse de la Cité, collection « Terres de France » Auvergne, 313 pages

à la belle marquise

En voilà une histoire qui fleure bon le chocolat…

Présentation éditeur

Début des années 1900, à Royat. Comment une petite fabrique artisanale de chocolats devient une entreprise au succès florissant, grâce à l’alliance d’une fille de confiseur et d’un jeune ingénieur des mines.
En 1889, ce n’était encore qu’un très modeste moulin-chocolaterie. Mais Auguste et Clémentine Roussel, jeunes mariés, ont des idées et de l’ambition. Lui, ingénieur des Mines, a pour réputation de réussir tout ce qu’il entreprend. Elle, fille d’un confiseur réputé de Royat, a su depuis toute petite aiguiser son palais. Guimauves, pralines, dragées et autres douceurs n’ont aucun secret pour elle. Conjuguant leurs talents, Auguste fait le serment de créer « le meilleur chocolat de toute la contrée », aux arômes et épices subtils…
Comment, en une dizaine d’années, leur modeste entreprise artisanale deviendra-t-elle la florissante enseigne A la Belle Marquise, qui jusqu’à Paris et à l’étranger, fera le bonheur des gourmands et des célébrités ?

Quand à peine un nuage

4 août

Ballade « Quand à peine un nuage »

Théophile Gautier

Quand à peine un nuage,
Flocon de laine, nage
Dans les champs du ciel bleu,
Et que la moisson mûre,
Sans vagues ni murmure,
Dort sous le ciel en feu ;

Quand les couleuvres souples
Se promènent par couples
Dans les fossés taris ;
Quand les grenouilles vertes,
Par les roseaux couvertes,
Troublent l’air de leurs cris ;

Aux fentes des murailles
Quand luisent les écailles
Et les yeux du lézard,
Et que les taupes fouillent
Les prés, où s’agenouillent
Les grands bœufs à l’écart,

Qu’il fait bon ne rien faire,
Libre de toute affaire,
Libre de tous soucis,
Et sur la mousse tendre
Nonchalamment s’étendre,
Ou demeurer assis ;

Et suivre l’araignée,
De lumière baignée,
Allant au bout d’un fil
À la branche d’un chêne
Nouer la double chaîne
De son réseau subtil,

Ou le duvet qui flotte,
Et qu’un souffle ballotte
Comme un grand ouragan,
Et la fourmi qui passe
Dans l’herbe, et se ramasse
Des vivres pour un an,

Le papillon frivole,
Qui de fleurs en fleurs vole
Tel qu’un page galant,
Le puceron qui grimpe
À l’odorant olympe
D’un brin d’herbe tremblant ;

Et puis s’écouter vivre,
Et feuilleter un livre,
Et rêver au passé
En évoquant les ombres,
Ou riantes ou sombres,
D’un long rêve effacé,

Et battre la campagne,
Et bâtir en Espagne
De magiques châteaux,
Créer un nouveau monde
Et jeter à la ronde
Pittoresques coteaux,

Vastes amphithéâtres
De montagnes bleuâtres,
Mers aux lames d’azur,
Villes monumentales,
Splendeurs orientales,
Ciel éclatant et pur,

Jaillissantes cascades,
Lumineuses arcades
Du palais d’Obéron,
Gigantesques portiques,
Colonnades antiques,
Manoir de vieux baron

Avec sa châtelaine,
Qui regarde la plaine
Du sommet des donjons,
Avec son nain difforme,
Son pont-levis énorme,
Ses fossés pleins de joncs,

Et sa chapelle grise,
Dont l’hirondelle frise
Au printemps les vitraux,
Ses mille cheminées
De corbeaux couronnées,
Et ses larges créneaux,

Et sur les hallebardes
Et les dagues des gardes
Un éclair de soleil,
Et dans la forêt sombre
Lévriers eu grand nombre
Et joyeux appareil,

Chevaliers, damoiselles,
Beaux habits, riches selles
Et fringants palefrois,
Varlets qui sur la hanche
Ont un poignard au manche
Taillé comme une croix !

Voici le cerf rapide,
Et la meute intrépide !
Hallali, hallali !
Les cors bruyants résonnent,
Les pieds des chevaux tonnent,
Et le cerf affaibli

Sort de l’étang qu’il trouble ;
L’ardeur des chiens redouble :
Il chancelle, il s’abat.
Pauvre cerf ! son corps saigne,
La sueur à flots baigne
Son flanc meurtri qui bat ;

Son œil plein de sang roule
Une larme, qui coule
Sans toucher ses vainqueurs ;
Ses membres froids s’allongent ;
Et dans son col se plongent
Les couteaux des piqueurs.

Et lorsque de ce rêve
Qui jamais ne s’achève
Mon esprit est lassé,
J’écoute de la source
Arrêtée en sa course
Gémir le flot glacé,

Gazouiller la fauvette
Et chanter l’alouette
Au milieu d’un ciel pur ;
Puis je m’endors tranquille
Sous l’ondoyant asile
De quelque ombrage obscur.

Théophile Gautier, Premières Poésies

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Camille Pissaro, Coin de jardin à Éragny, 1897

À l’orée du verger

28 juil

À l’orée du verger

Tracy Chevalier, traduit de l’anglais (États-Unis) par Anouk Neuhoff A

Aux éditions La Table Ronde, collection Quai Voltaire

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Une balade aux confins de contrées sauvages, à la découverte de la végétation plus que millénaire.
Une très belle lecture, riche en rebondissements.
Présentation éditeur
En 1838, dans l’Ohio, la famille Goodenough s’installe sur les terres marécageuses du Black Swamp, dans l’Ohio. Chaque hiver, la fièvre vient orner d’une nouvelle croix le bout de verger qui fait péniblement vivre cette famille de cultivateurs de pommes. Tandis que James, le père, tente d’obtenir de ces terres hostiles des fruits à la saveur parfaite, la mère, Sadie, en attend plutôt de l’eau-de-vie et parle à ses enfants disparus quand elle ne tape pas sur ceux qui restent.
Quinze ans et un drame plus tard, leur fils Robert part tenter sa chance dans l’Ouest. Il sera garçon de ferme, mineur, orpailleur, puis renouera avec la passion des arbres en prélevant des pousses de séquoias géants pour un exportateur anglais fantasque qui les expédie dans le Vieux Monde. De son côté, sa sœur Martha n’a eu qu’un rêve : traverser l’Amérique à la recherche de son frère. Elle a un lourd secret à lui faire partager…
Tracy Chevalier nous plonge dans l’histoire des pionniers et dans celle, méconnue, des arbres, de la culture des pommiers au commerce des arbres millénaires de Californie. Mêlant personnages historiques et fictionnels, des coupe-gorge de New York au port grouillant de San Francisco, À l’orée du verger peint une fresque sombre mais profondément humaniste, et rend hommage à ces femmes et ces hommes qui ont construit les États-Unis.

Les parapluies d’Erik Satie

28 juil

Les parapluies d’Erik Sati

Stéphanie Kalfon

Aux éditions Joëlle Losfeld, Gallimard, 216 pages

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En 1901, Erik Satie a trente-quatre ans. Sans ressources et sans avenir professionnel, il délaisse Montmartre et l’auberge du Chat Noir pour une chambre de banlieue sordide où, coincé entre deux pianos désaccordés et quatorze parapluies identiques, il boit autant, ou plus, qu’il compose. Observateur critique de ses contemporains, l’homme dépeint par Stéphanie Kalfon est aussi un créateur brillant et fantaisiste : il condamne l’absence d’originalité de la société musicale de l’époque, et son refus des règles lui vaut l’incompréhension et le rejet de ses professeurs au Conservatoire.

 

Rosemary, l’enfant que l’on cachait

28 juil

Rosemary, l’enfant que l’on cachait

Kate Clifford Larson, traduit de l’anglais (américain) par Marie-Anne de Béru,

préface de Pierre Pratabuy

Aux éditions des Arènes, 290 pages

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Rosemary, la fille aînée des Kennedy (les parents de John) est née handicapée mentale. Dans un premier temps elle est hyper stimulée pour répondre aux exigences sociales du clan Kennedy. Jeune femme  son père en cachette, lui fera subir une lobotomie dont elle ne ressortira pas indemne… Pour satisfaire ses ambitions politiques, il l’éloignera à jamais du reste de la famille…

Les droits les plus élémentaires de milliers d’enfants porteurs de handicap ont été de cette façon ignorés… L’enfermement, la camisole chimique ont été longtemps le remède…

Présentation éditeur

Rosemary est la petite sœur du futur président John Fitzgerald Kennedy. Différente des autres membres de la fratrie, elle accuse un léger retard mental associé à des troubles de l’humeur. Pour le patriarche, Joe Kennedy, obsédé par la réussite, sa famille doit incarner le rêve américain. Ce n’est pas le cas de Rosemary.

Un peu rebelle, elle affectionne les fêtes, pratique la voile et le tennis. En 1939, elle obtient un diplôme d’éducatrice auxiliaire,
mais son comportement effraie son père. Frénétique dans sa recherche de méthodes pour soigner sa fille, Joe ne s’aperçoit pas que le changement incessant d’établissement aggrave au contraire son cas et la rend de plus en plus instable. Fin 1941, il va trop loin et fait lobotomiser Rosemary.
L’opération tourne mal. La jeune femme en sort lourdement handicapée, à la fois physiquement et mentalement. Elle est alors internée, cachée, effacée. Pendant longtemps, ses propres frères et sœurs ignorent même ce qu’est devenue Rosemary.

Voici son histoire. La vraie. Celle de l’enfant que l’on cachait.

Traduit de l’anglais par Marie-Anne de Béru

Rosemary, la fille cachée des Kennedy se prolonge sur le site www.arenes.fr

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