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L’ Âge de la lumière

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L’ Âge de la lumière

Whitney Sharer

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sophie Bastide-Foltz
Aux éditions de L’ Observatoire, 438 pages

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« Les gens me demandent toujours comment j’obtiens des tirages aussi réguliers, dit-il. C’est très simple, en fait. Tout le monde croit que la photo reste une sorte de tour de passe-passe, mais il n’y a là rien de magique. Il y a deux couleurs à mélanger : le noir et le blanc. Ajouter plus de l’une, enlever de l’autre. Mais les deux sont nécessaires. Il vous faut un vrai noir et un vrai blanc. Si vous les avez, vous disposerez d’autant de nuances de gris que vous le souhaitez et l’image sera belle.  » page 138

« L’Âge de la lumière » est le titre donné à l’article que Man Ray a écrit pous sa revue le 221, titre largement inspiré par Lee.

En 1966, Lee Miller Penrose sexagénaire, dans son village isolé du Susex, chaque week-end  prépare des dîners très élaborés dont elle fait le compte-rendu dans le magazine Vogue, à la rubrique « Arts de vivre ». Avant cela, elle était leur correspondante de guerre, avant cela, leur correspondante pour la mode et encore avant cela, leur mannequin vedette. Hélas ses mots ne font plus recette… Mais les maux, eux sont toujours présents. Trop souvent des odeurs, des images, le bruit des bombes lui reviennent en mémoire se logeant comme des éclats d’obus dans son cerveau. Alors elle prend un verre de whisky, puis deux… Sa rédactrice en chef, Audrey Withers lui propose d’écrire un article sur ses années passées au côté de Man Ray, « Un bel article » illustré de photos de cette époque. Lee pourrait écrire l’histoire qu’elle a toujours racontée, romantique, ou l’autre, celle qu’elle a verrouillée en elle…

Ce roman est une carte au trésor. Je suis partie à la découverte de Lee Miller, fascinante, femme aux multiples talents, libre, anticonformiste, sensible et sensuelle. C’est une plongée dans le Paris des années trente et ses années de correspondante de guerre.
En 1929, Lee Miller est jeune et insouciante. Elle débarque à Paris et perfectionne sa technique photographique auprès de Man Ray, son mentor, ami et amant, dont elle devient la muse, l’ inspiratrice. Avec le concours financier de Man, Lee s’installe dans un appartement à deux pas de celui de son amant et finalement chez lui. Ils vivent et travaillent ensemble. Les deux faces d’une seule pièce, lumière et contre-jour. Les choses se sont faites, simplement, naturellement. C’est l’époque des surréalistes de Montparnasse, les soirées avec Dali, Breton, Ernst, Arp, Soupault, Aragon, Eluard, Cocteau et Claude Cahun et Ilse Bing.
Lorsque arrive la Seconde Guerre Mondiale, Lee devient reporter de guerre avec pour mission de photographier le travail des infirmières américaines après le débarquement, les lieux, les actes chirurgicaux, tous ces gestes sont passés au crible de son objectif, les infirmières allemandes travaillant avec les américaines.  Lee reporter engagée, son appareil en bandoulière, photographie les anonymes, la détresse humaine,  la libération des camps de Buchenwald, Dachau, Munich, Vienne. Puis elle voyage à travers l’Europe et photographie la liberté telle qu’elle lui apparaît, Danemark, France, Luxembourg, l’ Europe de l’est, la Roumanie. En 1946 son accréditation lui est retirée, l’argent vient à manquer, Lee rentre à Londres auprès de Roland Penrose.

Présentation éditeur
Paris, 1929. Lee Miller, une jeune américaine, débarque à Paris.
Mannequin, belle comme le jour, elle rêve pourtant de passer derrière l’objectif, animée d’une seule passion, d’une unique obsession : la photographie.

Presque par hasard, Lee attire l’attention de May Ray, illustre photographe gravitant dans le Montparnasse  surréaliste de Dalí et sa bande d’extravagants artistes. Mais pour Man Ray, Lee demeure la muse par excellence. Entêtée, la jeune femme réussit le convaincre de lui donner sa chance. Elle deviendra l’assistante, l’élève, puis l’amante du grand photographe. Dans l’intimité de la chambre noire, leur art et, très vite, leurs corps se lient et s’unissent. Mais alors que Lee se révèle une artiste hors pair, Man, jaloux maladif et génie égocentrique, ne peut bientôt plus supporter l’ascension de celle à qui il a tout appris.

Des cabarets du Paris bohème aux champs de bataille d’une Europe déchirée par la Seconde Guerre mondiale, de la découverte de techniques de photographie révolutionnaires à l’immortalisation de la libération des camps de concentration, Lee Miller s’impose comme une artiste absolue, une femme hors du commun.

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Exploding Hand, Lee Miller, 1930, France. Musée no. PH.101-1984. Gracieuseté de The Lee Miller Archive

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le portrait de Tanja Ramm, une amie de Lee Miller, produit par Man Ray et intitulé Hommage à D. A. F. de Sade (1930) et sa variante, Tanja Ramm and Bell Jar. Variant on Hommage à D. A. F. de Sade (1930), signée de Miller, tous deux photographiés le même jour dans le studio parisien de Man Ray. Derrière une apparente analogie thématique et formelle, ces œuvres mettent en tension le signifiant féminin pour le déjouer et dépasser les figures imposées dans de nouvelles fictions du féminin/masculin.

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Le principe de solarisation Man Ray / Lee Miller – POTRAIT SOLARISÉ DE LEE MILLER (vers 1930). Photo: Archives Lee Miller.

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