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La Lectrice Disparue

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La Lectrice Disparue
Sigríður Hagalin Björnsdóttir
Traduit de l’islandais par Éric Boury
Aux éditions Gaïa, 323 pages

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Après Bornéo, j’ai chaussé mes bottes de sept lieues…
Un voyage dans l’espace temps et me voilà dans l’Islande actuelle. Reykjavík, les fjords de l’ouest, aux montagnes grises et une végétation de landes  en été, succèdent des paysages enneigés et glacés de la longue nuit hivernale.
Les longues soirées de lecture, les mots… c’est justement le thème de ce roman aux intonations scandinaves…
Deux femmes, Júlía et Ragnheiður, à quelques semaines d’intervalle, toutes deux enceintes du même homme Örlygur, décident d’unir leurs forces et leurs destinées pour élever ensemble leurs progénitures, Edda et Einar.  Depuis son plus jeune âge, Edda, la version numérique, la blogueuse, se retrouve coincée dans un univers de mots tandis qu’Einar, le chasseur pêcheur, dans le monde réel est la version analogique d’un même personnage. Ces deux enfants sont le jour et la nuit, dissemblables et complémentaires. Edda emmagasine chaque phrase lue,  tandis qu’ Einar a beaucoup de mal à vivre sa dyslexie. À l’âge adulte, quelques jours après la naissance de son premier enfant, Edda disparaît, tout laisse penser à une dépression post-partum, Einar part à sa recherche…

Voilà un roman bien surprenant, à plusieurs voix et voies, mêlant passé et présent, il foisonne de questions sur la réalité de notre monde, la différence et la normalité, l’hyperlexie et la dyslexie. ❤️
Du langage écrit ou parlé, lequel est le plus adapté à la transmission, à l’épanouissement de l’individu ?

Edda, Einar, E comme Écriture… En page de garde est inscrite une citation de Claude Lévi-Strauss extraite de Tristes Tropiques, « La fonction primaire de la communication écrite est de faciliter l’asservissement »

Page 154 :
« … Socrate avait peur de l’écriture. Il pensait qu’elle détruirait la faculté que l’être humain a de penser de manière indépendante et de se souvenir… »
Page 269 :
« Nous sommes tellement tributaires de l’écrit de la langue visible, que nous n’arrivons pas à imaginer que le monde puisse s’en passer. Pourtant, ce code-là est tellement limité, son apprentissage est difficile et peu de gens parviennent à le maîtriser parfaitement, il élève des barrières entre les individus, exclut ceux dont le cerveau est plus adapté à d’autres opérations que la lecture, il limite notre vie intellectuelle ainsi que nos possibilités de grandir et de mûrir. »

Présentation éditeur :
Edda, une jeune blogueuse islandaise, s’enfuit un beau matin sans laisser d’explication, abandonnant son bébé de trois jours. Quand la police découvre qu’elle s’est rendue à New York, son frère Einar accepte de partir à sa recherche. Habitué à pister des disparus dans les immensités islandaises, ce pêcheur et sauveteur chevronné a passé son enfance à courir après sa sœur, toujours cachée — dans les placards, sous le lit — et invariablement plongée dans un livre. Mais il ne s’agit plus de jouer. Einar évolue cette fois-ci dans un environnement étranger, une mégapole, et sa dyslexie ne facilite pas les choses. S’il ne dispose d’aucun indice, quelque chose le pousse à penser que la disparition d’Edda est liée à sa vieille obsession de la lecture et que la clé pourrait se trouver dans un livre. Mais lequel ? Lui qui a toujours été dépendant de sa sœur pour se faire lire des histoires ne sait par où commencer.

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