Archive | juin 2017

Elle posait pour Picasso

17 juin

Elle posait pour Picasso

Béatrice Egémar, illustration d’Aurélien Police 

Aux éditions Gulf Stream, collection Courants Noirs, 256 pages

Mise en page 1

Voici un roman policier, mais pas que, pour la jeunesse. L’action se déroule à Paris en 1905. Émile 18 ans s’installe à Montmartre pour devenir poète, au Bateau Lavoir… Il y cotoie Picasso, Max Jacob, Guillaume Apollinaire. Dans ce décor, il va mener l’enquête et reconstituer les conditions du décès de Linda, jeune bouquetière qui posait pour Picasso.

Présentation éditeur
Une enquête en compagnie de Max Jacob et de Picasso au Bateau Lavoir.
Paris, 1905.
Émile, 18 ans, vient vivre à Paris pour devenir poète. Il s’installe sur la Butte Montmartre, dans un drôle d’atelier d’artistes, le Bateau Lavoir ; il fait la connaissance de son voisin, Pablo Picasso, de ses amis Max Jacob et Guillaume Apollinaire. Quand on apprend que Linda, une jeune bouquetière qui posait comme modèle, est retrouvée morte après être tombée du quatrième étage, tous pensent à un suicide, mais Émile, l’apprenti poète, n’est pas convaincu. Avec l’aide de Max Jacob et de la jolie Virginie, il va reconstituer la sombre histoire de la petite bouquetière. Aimait-elle encore Louis, le bel apache qui l’avait abandonnée ?Qui était son mystérieux amoureux qui lui avait promis une vie meilleure, loin des ruelles de la Butte ? Du cabaret du Lapin Agile aux ateliers d’artistes, Émile va découvrir l’envers de la vie de bohême. 

www.montmartre-addict.com: Tous les personnages de ce roman ont bel et bien existé, à commencer par Linda, peinte par Picasso. Le tableau « Fille à la corbeille de fleurs » figure aujourd’hui dans les collections du Baltimore Art Museum.

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Il s’agit malgré tout d’une fiction, et Linda n’est pas morte assassinée (même si elle connut un destin tragique). Le livre est cependant parfaitement documenté ; non seulement l’intrigue est haletante, mais en plus on apprend beaucoup de choses sur le quartier et on prend énormément de plaisir à s’y balader plus de 100 ans en arrière. Saviez-vous par exemple qu’il existait à l’époque une vacherie rue du Mont-Cenis ?

1330506652-paris-rue-du-mont-cenis Coup de cœur dans Polar

L’auteur a parfaitement su retranscrire l’esprit de Montmartre et de ses habitants « La Butte dominait Paris, du haut de ses cent trente mètres, et ses habitants la quittaient rarement. Il étaient Montmartrois avant d’être Parisiens ; la capitale était un autre monde, riche, agité, tapageur, et pour tout dire, différent« .

« Elle posait pour Picasso » est un roman pour la jeunesse, conseillé dès 13 ans ; le point de vue historique est particulièrement intéressant à cet égard. Mais même si vous avez largement passé l’âge de l’adolescence, il ne fait aucun doute que vous vous laisserez embarquer dans cette aventure ; un vrai polar historique pour toute la famille.

http://www.montmartre-secret.com: C’est Max Jacob qui donna son nom à la longue bâtisse de bois au toit presque plat qui lui rappelait les bateaux ancrés sur la Seine où les femmes venaient faire leur lessive.

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Photo d’un bateau-lavoir (un vrai)

L’histoire de ce lieu est bien connue. Nombreux furent les peintres qui y séjournèrent… Modigliani, Van Dongen, Derain… mais le phénix du Bateau-lavoir fut Picasso qui y vécut de 1904 à 1909. C’est là qu’il fit poser Gertrude Stein pendant plus de 60 séances, c’est là qu’il conçut les Demoiselles d’Avignon, manifeste du cubisme…

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Aujourd’hui l’endroit reste fidèle à son histoire et accueille des peintres étrangers.

Si l’on veut avoir une idée de ce qu’étaient ces ateliers, il suffit de tourner à gauche, rue d’Orchampt où en il en subsiste quelques-uns.

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Ateliers du Bateau-lavoir, rue d’Orchampt

A l’emplacement du Bateau Lavoir, il y eut jusqu’en 1830 une guinguette très appréciée des Parisiens qui venaient à la campagne se divertir et boire le petit vin de la Butte. Cette guinguette s’appelait Le Poirier sans Pareil, du nom d’un arbre exceptionnel dans les branches duquel était installée une table qui pouvait recevoir une douzaine de buveurs !

Aurélien Police est illustrateur indépendant et exerce dans divers domaines comme la réalisation de pochettes de disques, d’illustration d’articles de presse ou de couvertures de romans pour des éditeurs et des groupes internationaux ou encore l’illustration jeunesse. Il se sert de l’outil informatique comme d’un creuset pour y mêler toutes sortes de matières premières, brouillant les frontières entre différents média pour donner à ses images un rendu graphique qui lui est propre. Flirtant avec de nombreuses thématiques souvent associées au fantastique, au polar ou au merveilleux, il décline au travers de ses illustrations une vision toute personnelle de ces genres.www.aurelienpolice.com

Légendes corréziennes

17 juin

Légendes corréziennes

André Léo, nom de plume de Victoire-Léodile Béra

Aux éditions des Régionalismes

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Publiées en 1870, ces Légendes corréziennes méritent amplement d’être redécouvertes tout autant que son auteur : Victoire-Léodile Béra, qui écrivit sous le pseudonyme d’André Léo. Ces trois légendes, véritables et jubilatoires contes moraux, — d’une écriture à la fois simple et très travaillée — mettent en scène le petit peuple corrézien de la vallée de la Vézère et les humbles génies de la nature qui lui viennent généralement en aide: « C’est une chose à remarquer que les petits gens de l’air et des eaux, les fées, le drach, les lutins, enfin, ceux d’une autre espèce que nous, lorsqu’ils s’occupent de nos affaires, prennent toujours le parti des pauvres et des malheureux contre les puissants et les riches; et qu’ils remettent les choses dans le bon droit, donnant fortune au misérable, honneur et gloire à l’homme de rien; faisant reines les bergères; ne jouant de tours qu’aux mé- chants; fournissant enfin sa revanche au pauvre peuple, et cela bien longtemps avant la Révolution française… » Il ne faut pas oublier cependant qu’André Léo, Poitevine née à Lusignan (1824-1900), petite-fille de révolutionnaire de 1789, mariée au rédacteur de la Revue sociale, trop progressiste pour le régime de Napoléon III doit fuir la France en 1863 et s’installer en Suisse. Rentrée en 1870, elle prend fait et cause pour la Commune de Paris et doit de nouveau s’exiler en Suisse jusqu’en 1880. Outre de nombreux romans, nouvelles et essais, on lui doit de nombreux articles engagés sur la condition féminine et la politique.

Le secret de la rouelle

17 juin

Le secret de la rouelle, tome 1 « L’œil mauvais »

Marie-France Houdart, dessins de Diane de Bournazel

Aux éditions Maïade, 211 pages

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J’ai rencontré cette auteure lors de la Foire du Livre de Brive en 2011. Auteure locale et éditrice de la Maïade.

2 enfants Anna et Léo, découvrent dans un ruisseau un petit objet, une rouelle. «La rouelle en poche, Anna, Léo et leur fantastique petit chien blanc vont vous entraîner, à la recherche du Secret, dans un voyage toujours plus hallucinant.»

Une carte, un dictionnaire occitan, des jeux, des recettes, des chants et des illustrations font de ce roman un voyage dans le temps très tentant! Pour lecteur à partir de 10 ans et pour l’adulte souhaitant retrouver pour un temps son âme d’enfant!

Quatrième de couverture

« Et tant que vous n’aurez pas trouvé le Secret, tant que vous n’aurez pas réussi à lever la malédiction, jamais vous ne pourrez retourner dans votre temps ! » 
S’ils avaient pu penser que la découverte d’un petit objet rond dans un ruisseau les entraînerait dans des aventures d’étape en étape plus incroyables…
“Ils“ ? Une fillette, Anna, habitant quelque part en Limousin. Et lui, Léo, son cousin de Paris. Tout les oppose. Et voilà que cette petite chose, cette étrange rouelle va bouleverser leur vie.
Sorcière, Meneur de loups, Chasse volante, Dame blanche, sans oublier le fabuleux petit Chien blanc qui les guide, vont leur faire remonter les siècles à la découverte de la vie inimaginable menée par leurs ancêtres, sous le regard de cet Œil mauvais qui les harcèle sans relâche. Parviendront-ils à trouver le Secret de la rouelle et à délivrer le pays de la malédiction qui l’oppresse ?

Au-delà de cette invraisemblable aventure, Marie-France Houdart nous entraîne dans une fantastique mais véridique fresque d’histoire, l’histoire d’un village perdu du pays Limousin, où la survie était si difficile que partir semblait souvent nécessité. Sera-t-il sauvé par ces deux enfants?

Marie-France Houdart
est ethnologue. Elle a vécu en Algérie, en Lorraine, au Pérou, avant de s’installer en Corrèze.
Elle a écrit et édité de nombreux ouvrages qui parlent de la vie, des coutumes et de l’histoire de tous ces pays :
Pays et paysans du Limousin
Comprendre le pays limousin
Des Andes au Limousin
Arbres de mai…
Aujourd’hui, elle a choisi de raconter, à sa façon, aux jeunes et à ceux qui le sont toujours, l’histoire de ce pays où elle a choisi de vivre.

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Diane de Bournazel
est peintre, illustratrice (Gallimard, L’école des loisirs, Al Manar…),
créatrice de livres d’artiste.
Elle peint, colle, plie, découpe et raconte, de manière rare, notre éternelle histoire où rêve et réalité se fondent. La lune, une fleur, un arbre, deux enfants sur un chemin, un pont, un ruisseau, une petite roue qui tourne, et tout s’envole.

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Qui a tué Palomino Molero

17 juin

Qui a tué Palomino Molero

Mario Vargas Llosa, traduit de l’espagnol par Albert Bensoussan

Aux éditions Gallimard, collection Folio, 190 pages

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Un polar péruvien, ambiance et décor assuré. « Bordel de merde de vérole de cul! balbutia Lituma en sentant qu’il allait vomir. Dans quel état ils t’ont mis, petit. » Le gars a été retrouvé pendu et embroché sur un vieux caroubier, réduit en charpie avec un acharnement sans borne… Le titre évocateur poursuit le lecteur qui, accompagne sur les routes poussiéreuses, les deux acolytes, le lieutenant  Silva et le sergent Lituma.

Présentation éditeur 

Parution : 23-03-1989
Le corps d’un jeune homme affreusement mutilé, accroché à un arbre, a été découvert par un jeune chevrier. L’enquête conduit le lieutenant Silva et le sergent Lituma dans l’univers préservé d’une base militaire dirigée par le colonel Mindreau, et dans le labyrinthe de la petite ville de Talara organisée autour de la gargote de Doña Adriana. D’un côté, le monde secret de l’armée, de l’autre toute une population haute en couleur, pitoyable, mesquine, truculente. Qui, dans tout cela, a tué Palomino Molero ?
Au suspense sans faille d’un véritable roman policier, Mario Vargas Llosa greffe une rigoureuse analyse des problèmes sociaux du Pérou et une dénonciation ironique, implicite, des mécanismes du pouvoir.

 

Les mille talents d’Euridice Gusmão

15 juin

Les mille talents d’Euridice Gusmão
Martha Batalha, traduit du portugais (Brésil) par Diniz Galhos
Aux éditions Denoël, 252 pages

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Euridice doit être une femme au foyer parfaite, un mari, deux beaux enfants, une belle maison. Mais Euridice est une femme passionnée, se lançant en permanence des défis… Serait-ce pour échapper à la monotonie de son existence, à l’emprise de sa famille?

Présentation éditeur
L’histoire d’Eurídice Gusmão, ça pourrait être la vôtre, ou la mienne. Celle de toutes les femmes à qui on explique qu’elles ne doivent pas trop penser. Et qui choisissent de faire autrement…

«Responsable de l’augmentation de 100 % du noyau familial en moins de deux ans, Eurídice décida de se désinvestir de l’aspect physique de ses devoirs matrimoniaux. Comme il était impossible de faire entendre raison à Antenor, elle se fit comprendre par les kilos qu’elle accumula. C’est vrai, les kilos parlent, les kilos crient, et exigent – Ne me touche plus jamais.
Eurídice faisait durer le café du matin jusqu’au petit déjeuner de dix heures, le déjeuner jusqu’au goûter de quatre heures, et le dîner jusqu’au souper de neuf heures. Eurídice gagna trois mentons. Constatant qu’elle avait atteint la ligne, cette ligne à partir de laquelle son mari ne s’approcherait plus d’elle, elle adopta à nouveau un rythme alimentaire sain.»

HHhH roman

15 juin

HHhH

Laurent Binet

Aux éditions Grasset, 448 pages

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«HHhH» maintenant je sais exactement où sont placées les majuscules de cet acronyme de «Himmler Hirn heisst Heydrich» le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich!
Reinhard(t) Heydrich, la bête blonde, le nazi responsable de la solution finale, les chambres à gaz. Ce récit est une enquête minutieuse, un long travail d’archivage de l’ascension jusqu’à la chute de ce démon… Une lecture intense!

Présentation éditeur

Deux parachutistes tchécoslovaques envoyés par Londres sont chargés d’assassiner Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo, chef des services secrets nazis, planificateur de la solution finale, protecteur de Bohème-Moravie, surnommé « le bourreau », « la bête blonde », « l’homme le plus dangereux du IIIe Reich ». Après des mois de préparation, il est finalement abattu dans sa Mercedes. Il s’ensuit une folle traque qui se termine dans une église du centre de Prague. HHhH est un acronyme inventé par les SS qui signifie en allemand : « le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich » (Himmlers Hirn heisst Heydrich). L’essentiel de l’histoire se situe entre 1938 et 1942. Le récit est structuré comme un entonnoir : des chapitres courts relatent différents épisodes en divers lieux et à diverses époques, qui tous convergent vers Prague où s’est déroulé l’attentat. Tous les personnages de ce livre ont réellement existé ou existent encore. L’auteur a rapporté les faits le plus fidèlement possible mais a dû résister à la tentation de romancer. Comment raconter l’Histoire ? Cette question conduit parfois l’auteur à se mettre en scène pour rendre compte de ses conditions d’écriture, de ses recherches, de ses hésitations. La vérité historique se révèle à la fois une obession névrotique et une quête sans fin.

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