Archive | mars 2017

Quel trésor!

31 mar

Quel trésor!

Gaspard-Marie Janvier

aux éditions Points, 360 pages

image

Les Hébrides vous connaissez? David Blair, l’héritier d’ une maison d’éditions écossaise au bord de la faillite découvre dans un vieux dossier une vieille carte. Serait-ce l’originale de la carte dessinée par R. L. Stevenson pour « L’ île au trésor »? Alors que les experts débattent, Blair s’échappe vers l’archipel des Hébrides et embarque pour une fabuleuse chasse au trésor…

DEFI LECTURE 2017, catégorie 59: lire un roman contenant une carte 22/80

L’ Atelier des poisons

29 mar

L’atelier des poisons

Sylvie Gibert

aux éditions Plon, 352 pages

l'atelier des poisons

 

Une intrigue policière, mais pas que… une lecture prenante et un voyage très documenté sur cette époque. Plantons le décor ou plutot les décors, Paris, fin du XIXème, les tous nouveaux boulevards et leurs demeures haussmaniennes, les tripos, Montmartre, la nouvelle venue la fée Electricité, la misère et la bourgeoisie qui se cotoient dans l’envie ou l’indifférence, les débuts du mouvement impressioniste, la position ou le manque de position de la femme. Entre réalisme et naturalisme, le lecteur rencontre brièvement Maupassant, Alphonse Allais, Degas.

Présentation éditeur

Quand le talent d’une jeune peintre intrépide la plonge au coeur d’une intrigue captivante.

Paris, 1880. A l’académie Julian, le premier atelier à ouvrir ses portes aux femmes, la vie n’est pas facile. L’apprentissage du métier de peintre est ardu, long et coûteux. Seules les jeunes filles dotées d’un véritable talent et, surtout, d’une grande force de caractère, parviennent à en surmonter les obstacles.
Du talent, Zélie Murineau n’en manque pas. De la force de caractère non plus. N’a-t-elle pas déjà prouvé qu’elle était prête à tout pour parvenir à ses fins ? Pourtant, lorsque Alexandre d’Arbourg, le commissaire du quartier du Palais-Royal, lui demande de faire le portrait de sa filleule, sa belle assurance est ébranlée : comment ne pas croire que cette commande dissimule d’autres motifs ? Même si elle en connaît les risques, elle n’est pas en mesure de refuser le marché que lui propose le beau commissaire : elle sera donc « ses yeux ».
Des auberges mal famées jusqu’aux salons de la grande bourgeoisie, elle va l’aider à discerner ce que les grands maîtres de la peinture sont les seuls à voir : les vérités qui se cachent derrière les apparences.

Ma bibliothèque est une boîte à souvenirs

29 mar

Ma bibliothèque est une boîte à souvenirs

Ma bibliothèque est une boîte à souvenirs.

Je ne sais pas pour vous, mais moi bien souvent, j’emprunte mes lectures à la médiathèque située à deux pas de chez moi, le choix des bibliothécaires est un bon argument face à la profusion des sorties littéraires et au prix non négligeable du roman.

J’emprunte, je lis, je rends et très souvent, j’attends.

J’attends pour chiner chez les bouquinistes, et là posé sur l’étal, j’achète.

J’achète  le souvenir d’ une lecture qui m’a transportée, les odeurs qui l’ont accompagnées, les rires, les pleurs, les moments partagés, des instants de vie qui me reviennent en mémoire dans un souffle léger.

Puis, plus tard, peu importe le nombre des années, lorsque le souvenir s’estompera,  que les émotions liées auront fait leur chemin,  je me déferai de l’objet livre.

Je me déferai de l’objet livre pour lui accorder une nouvelle vie, une nouvelle vie entre de nouvelles mains, des mains d’ inconnus.

Des mains d’inconnus qui l’ouvriront, qui le rechargeront d’émotions et, dans un souffle léger lui redonneront vie.

Amours

29 mar

Amours

Léonor de Récondo

Aux éditions Sabine Wespieser, 280 p

Prix RTL-Lire 2015

Prix des Libraires 2015

amours

Il y a des lectures comme ça… Je me souviens de chaque instant de celle-ci. Août 2015, j’étais en vacances en Corrèze…

Ma bibliothèque est une boîte à souvenirs…

Bien souvent j’emprunte mes lectures à la médiathèque située à deux pas de chez moi, le choix des bibliothécaires est un bon argument face à la profusion des sorties litteraires. J’emprunte, je lis, je rends et très souvent j’attends. J’attends pour chiner chez les bouquinistes et là, posé sur l’étal, j’achète. J’achète  le souvenir d’ une lecture qui m’a transportée, des odeurs qui l’ont accompagnées, des rires, des pleurs, des moments partagés, des instants de vie qui me reviennent en mémoire dans un souffle léger…

Et là je peux dire: superbe roman! Amours. Deux portraits de femmes servis par une belle écriture. L’aristocrate et la servante, deux visions d’un monde et un vent de liberté qui souffle et ravive les braises de l’amour un peu trop bourgeois de ce début de siècle.

Quatrième de couverture

Nous sommes en 1908. Léonor de Récondo choisit le huis clos d’une maison bourgeoise, dans un bourg cossu du Cher, pour laisser s’épanouir le sentiment amoureux le plus pur – et le plus inattendu. Victoire est mariée depuis cinq ans avec Anselme de Boisvaillant. Rien ne destinait cette jeune fille de son temps, précipitée dans un mariage arrangé avec un notaire, à prendre en mains sa destinée. Sa détermination se montre pourtant sans faille lorsque la petite bonne de dix-sept ans, Céleste, tombe enceinte : cet enfant sera celui du couple, l’héritier Boisvaillant tant espéré.

Comme elle l’a déjà fait dans le passé, la maison aux murs épais s’apprête à enfouir le secret de famille. Mais Victoire n’a pas la fibre maternelle, et le nourrisson dépérit dans le couffin glissé sous le piano dont elle martèle inlassablement les touches.

Céleste, mue par son instinct, décide de porter secours à l’enfant à qui elle a donné le jour. Quand une nuit Victoire s’éveille seule, ses pas la conduisent vers la chambre sous les combles…

Les barrières sociales et les convenances explosent alors, laissant la place à la ferveur d’un sentiment qui balayera tout.

 

 

 

L’extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa

27 mar

L’extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea

Romain Puértolas

Le Dilettante, 256 pages, emprunt médiathèque. (Sinon 19€…)

l'extraordinaire voyage...

 

Prendre un rajasthanais baignant dans une innocente culture, l’incorporer dans le temple de la consommation mobilière. Secouer et laisser mariner… Ne pas oublier d’y rajouter une pincée de glamour, un peu de « jeunisme » littéraire, une bonne quantité de feuilles monétaires, et pimenter avec une sauce dite « migratoire ». La cuisson étant obligatoire,  compter à peu près 4 heures, déguster avec bonheur, jubilation?… A vous de voir!

Résumé éditeur

Il était une fois Ajatashatru Lavash Patel (à prononcer, selon les aptitudes linguales, « j’arrache ta charrue » ou « achète un chat roux »), un hindou de gris vêtu, aux oreilles forées d’anneaux et considérablement moustachu. Profession : fakir assez escroc, grand gobeur de clous en sucre et lampeur de lames postiches. Ledit hindou débarque un jour à Roissy, direction La Mecque du kit, le Lourdes du mode d’emploi : Ikea, et ce aux fins d’y renouveler sa planche de salut et son gagne-pain en dur : un lit à clous. Taxi arnaqué, porte franchie et commande passée d’un modèle deux cents pointes à visser soi-même, trouvant la succursale à son goût, il s’y installe, s’y lie aux chalands, notamment à une délicieuse Marie Rivière qui lui offre son premier choc cardiaque, et s’y fait enfermer de nuit, nidifiant dans une armoire… expédiée tout de go au Royaume-Uni en camion.

Digne véhicule qu’il partage avec une escouade de Soudanais clandestins. Appréhendés en terre d’Albion, nos héros sont mis en garde à vue. Réexpédié en Espagne comme ses compères, Ajatashatru Lavash Patel y percute, en plein aéroport de Barcelone, le taxi floué à qui il échappe à la faveur d’un troisième empaquetage en malle-cabine qui le fait soudain romain… et romancier (l’attente en soute étant longue et poussant à l’écriture). Protégé de l’actrice Sophie Morceaux, il joue une nouvelle fois la fille de l’air, empruntant une montgolfière pour se retrouver dans le golfe d’Aden puis, cargo aidant, à Tripoli. Une odyssée improbable qui s’achèvera festivement en France où Ajatashatru Lavash Patel passera la bague au doigt de Marie dans un climat d’euphorie cosmopolite.

Sur le mode rebondissant des périples verniens et des tours de passe-passe houdinesques, voici donc, pour la première fois dans votre ville, L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, un spectacle en Eurovision qui a du battant, du piquant et dont le clou vous ravira. Non, mais.

 

Guide à l’usage des jeunes femmes à bicyclette sur la route de la soie

24 mar

 


Guide à l’usage des jeunes femmes à bicyclette sur les routes de la soie
Suzanne Joinson, traduit de l’anglais par Isabelle Chapman
aux editions Pressés de la cité, 420 pages
image
Evangelina et Frieda, presque un siecle les sépare, deux époques, deux univers, quel est le lien qui les unit?
Présentation éditeur
Un carnet de notes. Un héritage inattendu. La rencontre improbable de deux mondes.
Parce qu’elle cherche à fuir l’Angleterre de l’entre-deux-guerres et son carcan bourgeois, Evangeline, jeune femme éprise de liberté, décide de suivre sa soeur missionnaire jusqu’en Asie, emportant avec elle sa bicyclette.
Des décennies plus tard, Frieda, une Londonienne en perpétuel transit, apprend qu’elle est l’unique héritière d’une femme dont elle ignore tout. Débute alors pour elle un fabuleux voyage à travers le temps.« Avec lucidité et profondeur, Suzanne Joinson évoque toute une gamme subtile de sentiments. Un premier roman qui force l’admiration. »
The New York Times 

Les prophètes du fjord de l’Éternité

24 mar

Les prophètes du fjord de l’ Éternité
Kim Leine traduit du danois par Alain Gnaedig
Aux editions Gallimard, collection Du monde entier, 550 pages

image

Ce roman est dense, foisonnant, une saga très documentée servie par une écriture fluide pour une histoire difficile en milieu hostile.
Je me suis attachée au personnage de Morten Falck divaguant d’un fjord a l’autre à la recherche de la liberté, ressassant en permanence une phrase de Rousseau que Kristine (sa sœur) avait citée « L’homme est né libre et partout il est dans les fers! »
Morten Pedersen aurait aimé être médecin, mais son père qui détient les cordons de sa bourse exige de lui qu’il soit pasteur, soit… Après de longues années d’études le voilà au bout du bout du monde… Il côtoie les sauvages en quête de devenir et la colonie danoise raciste et corrompue de ce comptoir ravitaillé une fois l’an.
C’est une course effrénée entre évangélisation et respect des coutumes, la vie mise à nue dans ce coin de terre isolé.

Présentation éditeur
Morten Perdersen Falck a vingt-six ans lorsqu’il arrive à Copenhague pour étudier la théologie. Il loge chez un imprimeur où il découvre la sensualité et l’attraction des corps au contact de la fille aînée de la famille. Passionné de dessin et d’anatomie, il suit également des cours de sciences naturelles jusqu’à son prêche d’examen qui lui permet d’obtenir son diplôme. Il est alors repéré par l’évêque du Groenland qui le pousse à accepter un poste de pasteur dans la colonie danoise. Il embarque finalement en 1787.
La traversée est longue et éprouvante mais Morten Falck finit par rencontrer les habitants de Sukkertoppen, colons ou autochtones, dans cette petite station isolée de la côte ouest du Groenland. Les relations avec la couronne danoise et la mission évangélique sont tendues, surtout dans le fjord de l’Éternité où deux Groenlandais baptisés, Hababuk et sa femme, ont pris la tête d’une communauté dissidente. Les prophètes, adeptes d’un christianisme primitif, gênent autant qu’ils attirent Morten Falck…
Alors que la maladie et les propres contradictions du pasteur le dévorent un peu plus chaque jour, il essaie de poursuivre sa mission quel qu’en soit le prix, guidé par son esprit humaniste et la lecture de Rousseau. Kim Leine nous plonge dans son quotidien, dans un monde où les peuples malmènent les institutions et la foi, où les colons échouent face à la nature. Il redessine avec subtilité ce Groenland qui a fasciné, pendant des siècles, nos plus grands explorateurs.

 

Rockwell Kent, artiste américain (1882-1971)

image  image

Annabel

16 mar

Annabel

Kathleen Winter, traduit de l’anglais (américain) par Claudine Vivier

aux éditions Christian Bourgois, 460 pages

image

Un billet posté récemment sur FB DEFI LECTURE 2017 , une lecture déjà ancienne mais encore tellement présente. L´ hermaphrodisme humain, la lourde décision qui incombe aux parents, definir le sexe de l’enfant tant attendu. Le père trappeur souhaitait un garçon, la maman une fille. Avec le couple une seule autre personne est au courant. Cet enfant est donc né Wayne…

Près d´ 1 enfant sur 2000 naîtrait hermaphrodite. http://www.swissinfo.ch/fre/le-combat-des-hermaphrodites-contre-les-op%C3%A9rations-forc%C3%A9es/7568582

Présentation éditeur

En 1968 au Canada, un enfant voit le jour dans un village reculé de la région du Labrador. Ni garçon ni fille, il est les deux à la fois. Seules trois personnes partagent ce secret : les parents de l’enfant et Thomasina, une voisine de confiance. Ces adultes prennent la difficile décision de faire opérer l’enfant et de l’élever comme un garçon, prénommé Wayne. Mais tandis que ce dernier grandit, son moi caché – une fille appelée Annabel – ne disparaît jamais complètement…

 

« Bien plus que des questions de chromosomes, Annabel traite de la propension des humains à la cruauté, au mépris et à l’ignorance, tout autant qu’à la tolérance, à la générosité, à la force. La réussite de Winter ici est tout aussi miraculeuse que la naissance de Wayne. » Christine Fischer, The Globe and Mail

 

« Remarquable. Un texte profondément émouvant en même temps qu’un puissant cri de ralliement. » The Times

Le Poncho, tout simplement

14 mar

Le Poncho, tout simplement

Le Poncho, tout simplement 

image
Fournitures
900 mètres de laine dont l’échantillon tricoté de 10 cm X 10 cm est de 17 m X 23 rg avec des aiguilles n°5
Un jeu d’aiguilles n°6
Une aiguille circulaire n°5
Un crochet n°5

Échantillon
Un carré de 10 cm tricoté avec les aiguilles n°6
Au point Jersey: 13 m x 29 rg
Au point de riz: 14 m x 24 rg

Réalisation

Pièce 1 « mailles endroit-envers » point de Jersey.
Monter 63 m et tricoter 45 cm au point de Jersey puis rabattre les mailles.

Pièce 2  » mailles endroit-envers » point de riz.
Monter 63 m et tricoter 45 cm au point de riz puis rabattre les mailles.

Pièce 3 « mailles endroit-envers » et « mailles croisées » torsade sur 12 mailles.
Monter 62 m et tricoter 3 rangs puis au rang suivant, sur l’endroit :
Rang 1: sur l’endroit du travail, 1 m lisière – 11 m point de riz – 1 m envers – 1 torsade a 12 m- 1 m envers- 10 m point de riz – 1 m envers – 1 torsade à 12 m – 1 m envers – 11 m point de riz – 1 m lisière.
Rangs 2, 4, 6 : sur l’envers du travail, 1 m lisière – 11 m point de riz – 1 m endroit – 12 m envers – 1 m endroit – 10 moins de riz – 1 m endroit – 12 m envers – 1 m endroit – 11 m point de riz – 1 m lisière.
Rangs 3, 5 : sur l’endroit du travail,1 m lisière – 11 m point de riz – 1 m envers – 12 m endroit – 1 m envers – 10 m point de riz – 1 m envers – 12 m endroit – 1 m envers – 11 m point de riz – 1 m lisière
Répéter ces 6 rangs.
A 45 cm de hauteur, rabattre les mailles.

Pièce 4 « mailles endroit-envers » point de damiers riz sur 12 mailles
Monter 56 m et tricoter
Rangs 1 à 8: 1 m lisière – *6 m Jersey – 6 m point de riz* répéter 3 fois – 6 m Jersey – 1 m lisière.
Rangs 9 à 16: 1 m lisière – * 6 m point de riz – 6 m Jersey* répéter 3 fois – 6 m point de riz – 1 m lisière.
Répéter ces 16 rangs. A 45 cm de hauteur, rabattre toutes les mailles.

Assemblage
Assembler en crochetant bord à bord sur l’endroit:
Partie A les pièces 1 et 3
Partie B les pièces 2 et 4
Assembler A et B

Encolure
Relever 140 mailles et tricoter 2 rangs de Jersey endroit puis en côtes 2×2 aiguille circulaire n°5 sur 20 cm

Bordures
Relever 180 m sur la premiere bordure et tricoter 6 rangs de côtes 2×2 aiguilles n°6
Relever 188 m sur la deuxième bordure et tricoter 6 rangs de côtes 2×2 aiguilles n°6.

Torsade à 12 mailles.
6 m. croisées vers la droite à l’endroit : glissez 3 m. sur une aiguille à torsade placée derrière, tricotez à l’endroit les 3 m. qui se présentent, puis les 3 m. de l’aiguille à torsade.
6 m. croisées vers la gauche à l’endroit : glissez 3 m. su une aiguille à torsade placée devant, tricotez à l’endroit les 3 m. qui se présentent, puis les 3 m. de l’aguille à torsade.
Répétez toujours ces 6 rangs.

image

Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary

14 mar

Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary

Philippe Doumenc

Actes Sud, 190 pages

contre-enquete sur la mort d'emme bovary

 

Et si ce n’était pas un suicide…? Philippe Doumenc reprend et décortique les derniers jours de la belle pour échafauder sa théorie, une véritable enquête littéraire. Tous les protagonistes sont auditionnés, chacun retrouve un rôle dans ce nouveau scénario.

Une enquête policière menée avec justesse et le style d’écriture dépoussièrent et accordent une deuxième vie aux personnages du roman et à Flaubert lui-même.

…La foule maintenant avait quitté l’église et marchait dans la neige. Des femmes en coiffe, des hommes en grosse blouse bleue et foulard rouge ou noir se joignaient au cortège. Le bedeau referma la porte, les chants s’élevèrent, la procession se dirigea vers le cimetière.

Un instant, au coin de la rue, vêtu d’une sorte de houppelande, un jeune homme passa, apparition assez splendide si l’on peut dire. Sa haute taille, ses yeux clairs, ses longues moustaches blondes évoquaient quelque passé de guerrier viking, un ancêtre de ces villageois de Basse-Normandie. D’où diable sortait ce personnage ?

« Qui est-ce ? demanda Remi.

- Jamais je ne l’ai vu, dit Tuvache.

-Moi je sais qui c’est, fit Delévoye. C’est Gustave, l’un des deux fils du professeur Achille Flaubert, le professeur à la faculté de médecine de Rouen. Il se croit doué pour les gazettes, il veut écrire des romans, cette idée! Que fait-il ici, est-il à la recherche d’un sujet? Un goujon, la gueule toujours ouverte pour gober ce qui se passe à portée et le régurgiter à sa manière. Du monde à éviter. »

Présentation éditeur
Elle s’appelle Emma Bovary et son histoire est célèbre. Amoureuse de l’amour, elle a vécu d’illusions, trompé son mari et ruiné son ménage. Dans un geste de désespoir, elle se tue en absorbant une forte dose d’arsenic – c’est du moins ce que prétend Flaubert. Or c’est un fait reconnu que l’arsenic, en une seule prise, n’est presque jamais mortel…
Voici ce qui s’est réellement passé : au chevet de la jeune femme, deux médecins ont été appelés. L’un relève des traces discrètes de contusions ; l’autre pourra témoigner des derniers mots chuchotés par Emma : “Assassinée, pas suicidée.” Deux policiers de Rouen sont dépêchés àYonville afin d’élucider l’affaire. Et voilà bientôt plusieurs suspects : un mari cocu, un prêteur sur gages, deux femmes de caractère, un cynique libertin, un pharmacien concupiscent…
Dans le décor médiocre et petit-bourgeois où Emma suffoquait d’ennui, Philippe Doumenc orchestre une contre-enquête brillante et talentueuse qui nous révèle enfin ce que Flaubert lui-même feignait d’ignorer.
Philippe Doumenc, qui a fait carrière dans l’aviation longcourrier, vit à Paris. Il est l’auteur de trois autres romans – Les Comptoirs du Sud (Seuil, prix Renaudot, 1989), En haut à gauche du paradis (Seuil, 1992), Les Amants de Tonnégrande (Seuil, 2003) – et d’un recueil de récits : Un tigre dans la soute (Actes Sud, 2008). 

L’art dans les premières de couverture

image

La Somnolente

Friedrich von Amerling (1803-1887)

DEFI LECTURE 2017.

12

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus