Les rues d’hier

28 juil

J’ai lu « Les rues d’hier » de Silvia Tennenbaum, auteure d’origine allemande née en 1928. Cette saga a été publiée pour la première fois en 1981 et éditée cette année en français par Gallimard, collection « Du monde entier », collection que j’affectionne tout particulièrement (Rabi Jaber « Amerika », Claire Messud « La femme d’en haut », Chimamanda Ngozi Adichie « Autour de ton cou », pour ces quelques titres que me viennent à l’esprit, « Miniaturiste » de Jessie Burton).

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Les rues d’hier de Silvia Tennenbaum, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Colin Reingewitz

Editions Gallimard, collection « du monde entier », 620 pages

Quatrième de couverture

Moritz Wertheim dirige une entreprise prospère de textile qu’il lèguera bientôt à ses fils, et notamment à Eduard, le plus jeune de la fratrie, tout juste rentré des États-Unis. C’est avec sérénité que les Wertheim entament ce XXe siècle plein de promesses aux côtés de leurs concitoyens. Ils forment une famille juive parfaitement assimilée qui participe à la vie économique allemande, qui célèbre Noël, qui est prête à tout pour défendre l’Empire à l’image d’Eduard qui s’engage dans l’armée au moment où la Grande Guerre est déclarée.
Mais avec la défaite qui s’ensuit et la crise qui gagne tout le pays, la tension est à présent palpable dans les rues de Francfort. Les premières lois antijuives sont votées, la montée de l’antisémitisme pousse certains membres de la famille Wertheim à partir. Eduard se rend en Suisse, son frère Jacob aux Pays-Bas, leurs neveux et nièces aux États-Unis ou encore en Palestine. Puis c’est la Seconde Guerre mondiale qui éclate et qui conduit plusieurs membres de la famille vers la mort, laissant les survivants terrassés par la découverte de ce que leur pays avait fait aux leurs.
En multipliant les regards et les sensibilités de ces fabuleux personnages qui peuplent sa saga familiale, Silvia Tennenbaum dépeint avec justesse la complexité de l’histoire de la bourgeoisie juive allemande. Son rapport particulier à la religion, au patriotisme, mais également son rôle dans les grandes idéologies de l’époque : le nationalisme, le communisme et le sionisme. L’auteur nous entraîne tout au long de ces vies qui composent une émouvante fresque de la première moitié du XXe siècle.

L’auteure

Silvia Tennebaum est née à Francfort et part s’installer avec sa famille aux Etats-Unis en 1938. Aprés des études d’histoire de l’art à Columbia University, elle travaille comme critique d’art avant de débuter son oeuvrede fiction. « Les rues d’hier » a été publié pour la première fois en 1981 et a été récemment redécouvert avec succés par le public allemand.

Mon avis

Saga familiale monumentale, l’arbre généalogique de la famille Wertheim-Sünsskind » se déroule tout au long de ces huit chapitres de l’année 1903 à 1945. Cette famille juive allemande a traversé les deux guerres, fervents patriotes en 14-18, ils sont rejetés en 1938, déportés…

C’est une famille richissime et insouciante, tous amateurs d’art et d’opéra. Au fil des ans, le déclin se profile, l’antisémitisme monte et le nazisme atteint son paroxysme. Le noyau éclaté est meurtri, les blessures indélébiles, mais il faut survivre et se reconstruire ou résister, résister à l’ennemi. Chaque enfant choisit sa voie et leurs voix résonnent tout au long de ces quelques six cent pages.

Un très sérieux coup de cœur !

 

Le portrait de cette jaquette est un important détail d’une oeuvre de l’artiste Hans Thoma extrait de « Portrait du prince Frédéric-Charles de Hesse Cassel » peint en 1892 et conservé au Städel Museum de Francfort-sur-le-Main.

Hans Thoma est l’un des peintres les plus importants de l’Allemagne de la fin du XIXe siècle. Formé à Karlsruhe et à Düsseldorf dans les années 1860, il rencontre, à l’occasion d’un long séjour à Paris, Gustave Courbet qui eut une influence profonde sur son oeuvre. Puis, partageant sa carrière entre Munich, Francfort et Florence, il est de ces « romains d’Allemagne » qui trouvent dans l’observation de l’art de la Renaissance les moyens d’une expression contemporaine, qui compta beaucoup dans la genèse du symbolisme européen de la fin du siècle.

Hans thoma tableau

deux de ses tableaux font partis des collections du musée d’Orsay:

Hercule délivrant Hésione

Hans Thoma Hercule délivrant Hésione

Siesta

Hans Thoma Siesta

 

 

 

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