Archive | juin 2016

L’île des chasseurs d’oiseaux

22 juin

L’île des chasseurs d’oiseaux, de Peter May aux éditions du Rouergue, collection Rouergue Noir, 375 pages

l'ile des chasseurs d'oiseaux

Quatrième de couverture
L’île des chasseurs d’oiseaux
Marqué par la perte récente de son fils unique, l’inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d’une enquête sur un assassinat commis à Edimburg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n’est pas revenu depuis dix-huit ans. Un cadavre exécuté selon le même modus operandi vient d’y être découvert. Cependant, dès l’autopsie effectuée par le médecin légiste, Fin ne croit plus à un lien entre les deux affaires.
Sur cette île tempétueuse du nord de l’Ecosse, couverte de landes, où l’on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin retrouve les acteurs de son enfance, à commencer par Ange, chef tyrannique de la bande dont il faisait partie. Marsaili, son premier amour, vit aujourd’hui avec Artair. Ce même Artair dont le père a perdu la vie en sauvant celle de Fin lors de l’expédition qui, chaque année, depuis des siècles, conduit une douzaine d’hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs.
Que s’est-il passé il y a dix-huit ans entre ces hommes, quel est le secret qui pèse sur eux et ressurgit aujourd’hui ?
Sur fond de traditions ancestrales d’une cruauté absolue, Peter May nous plonge au coeur de l’histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod. Fausses pistes, dialogues à double sens, scènes glaçantes : l’auteur tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Écrivain d’origine écossaise, naturalisé français depuis avril 2016, Peter May habite depuis une dizaine d’années dans le Lot Il a d’abord été journaliste avant de devenir l’un des plus brillants et prolifiques scénaristes de la télévision écossaise. Il y a quelques années, Peter May a décidé de quitter le monde de la télévision pour se consacrer à l’écriture de ses romans. Au Rouergue, six d’entre eux ont déjà été traduits, dans sa série chinoise : Meurtres à Pékin (2005, finaliste du Prix des lectrices de Elle,), Le Quatrième sacrifice (2006), Les Disparues de Shanghaï (2006), Cadavres chinois à Houston (2007, prix Intramuros 2007 du salon Polar & Co de Cognac), Jeux mortels à Pékin (2007) et L’Éventreur de Pékin (2008).

ALEX (roman)

22 juin

Alex, de Pierre Lemaitre aux éditions Albin Michel, 392 pages
Version e-book

Alex

Quatrième de couverture
Alex, une jeune femme de 35 ans, belle et attirante, essaie des perruques dans un magasin du boulevard de Strasbourg. Quelques heures plus tard, elle est enlevée par un inconnu qui la suivait, jetée dans une camionnette et séquestrée dans un hangar désaffecté. Le ravisseur a organisé sur place un théâtre de tortures qu’elle va subir jusqu’à l’horreur. Alex parvient à se libérer avant que la police ne la retrouve, et n’identifie son tortionnaire, suicidé sur le périphérique. Dès lors, l’énigme d’Alex et de son passé ne peut plus lâcher le lecteur, qui la découvre du point de vue de la victime et de ses bourreaux, jusqu’au terme d’une tragédie imprévisible et fatale. Il est impossible d’en dévoiler davantage sans déflorer une intrigue d’une intelligence et d’une construction diaboliques qui touchent à la perfection. L’écrivain se révèle dans le ton et le style du récit (d’une feinte impassibilité) à l’image du commandant Verhoeven, le flic qui élucide la tragédie d’Alex, d’une attachante complexité. Pierre Lemaître, qui déclare « je ne cherche à écrire que des livres qu’Hitchcock aurait voulu filmer », porte à son comble, sans le moindre artifice ni trucage, l’art du suspense et de la peur.

Couverture « Grow up with me »

22 juin

Petite couverture deviendra grande…

Couverture de base environ 75 X 55 cm.

 

Robe d’été 3 mois

20 juin

Robe été 3 mois

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350 m de coton compatible aiguilles 3

1 aiguille circulaire n°3

3 boutons

coton pour les fleurs et bordure, crochet n°3

Échantillon point mousse: 20 m X 44 rgs

Explications

Dos:

monter 60 m

effectuer une série de diminutions:

- à 5 cm, repartir 4 diminutions: tricoter 11 m, 1 surjet, 11 m, 1 surjet, 11 m, 1 diminution, 11 m, 1 diminution, 1 m. 56 mailles

- à 8 cm, répartir 4 diminutions: tricoter 10m, 1 surjet, 10 m, 1 surjet, 10 m, 1 dim, 10 m, 1 dim, 10 m. 52 m.

- à 13 cm, répartir 4 dim: tricoter 9 m, 1 surjet, 9 m, 1 surjet, 9 m, 1 dim, 9 m, 1 dim, 9 m. 48 m.

- à 15 cm, répartir 4 dim, tricoter 8 m, 1 surjet, 8 m, 1 surjet, 8 m, 1 dim, 8 m, 1 dim, 8 m. 44 m.

- à 18 cm, répartir 4 dim, tricoter 7 m, 1 surjet, 7 m, 1 surjet, 7 m, 1 dim, 7 m, 1 dim, 7 m. 40 m.

Emmanchures:

- à 19 cm, diminuer 1 X 2 m et à 2 mailles des bords 3 X 1 m. 30 m.

Devant:

travailler comme pour le dos. Positionner un anneau marqueur au milieu de l’ouvrage.

Empiècement:

Commencer au milieu du devant (anneau), reprendre les 15 mailles après l’anneau, ajouter 20 m (Manche), reprendre les 30 mailles du dos, ajouter 20 m et reprendre les 15 m restantes. 100 m.

tricoter 2 rgs et repartir 12 diminutions. Répartir à nouveau 12 dim à 2,5 cm, 5 cm et 6,5 cm du bord de manche.

À 7 cm du bord de manche rabattre souplement.

Finitions

Coudre les coutures de côté et crocheter 3 fleurs à appliquer sur la robe, broder les tiges. Crocheter les bords de robe en mailles serrées, faire 3 boutonnières de 3 m en l’air. Coudre les  boutons.

 

Trois jours et une vie

16 juin

Trois jours et une vie Pierre Lemaitre aux éditions Albin Michel, 288 pages   trois jours et une vie Présentation « À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir. Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… »

Pierre Lemaitre
Mon avis
Un nouveau coup de maître, le jeu de mots est facile !
On est parfois poursuivi toute sa vie par ses vieux démons. Il faut reconnaître que dans le placard d’Antoine se loge un sacré cadavre…
Ce roman est construit en trois parties,
l’année 1999, sa mémorable tempête de décembre va balayer les forêts et le terrible secret du jeune garçon. Trois jours durant lesquels va se tisser la trame qui réglera la vie d’Antoine.
2011, Antoine, interne en médecine retourne dans son village et sa vie bascule à nouveau.
2015, l’existence du jeune médecin semble réglée, mais attention au grain de sable dans l’engrenage qui risque d’enrayer la machine.
un roman coup de cœur !

Encore

6 juin

ENCORE, Hakan Günday, traducteur Jean Descat

Aux éditions Galaade, 384 pages

 

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Prix Médicis Étranger 2015

« Les clandestins montaient dans la caisse du camion et, après un voyage de deux cents kilomètres, ils montaient à bord des bateaux et se perdaient dans la nuit… »

Gazâ vit sur les bords de la mer Egée. Il a 9 ans quand, à peine sorti de l’école, il devient passeur de clandestins. Il travaille avec son père Ahad, ainsi que les frères Harmin et Dordor, commandants des bateaux qui emmènent les migrants en Grèce. Pendant des années, Gazâ et Ahad entreposent dans un dépôt cette marchandise humaine, ces individus qui viennent de parcourir plusieurs milliers de kilomètres. Jusqu’au jour où Gazâ cause la mort d’un jeune Afghan du nom de Cuma, le seul être humain qui ait fait preuve d’un peu d’humanité envers lui. Dès lors, dans ce monde violent et désabusé, Gâza ne cesse de penser à Cuma et conserve précieusement la grenouille en papier qu’il lui avait donnée – ce qui n’empêche pas Gazâ de transformer le dépôt en terrain d’observation des dynamiques de domination et de devenir le tortionnaire des clandestins qui ont le malheur de tomber entre ses mains. Cependant, un soir, tout bascule et c’est désormais à lui de trouver comment survivre…

Après Ziyan (Prix France-Turquie 2014), l’enfant terrible de la nouvelle génération des écrivains turcs, Hakan Günday, revient avec ce grand roman coup de poing à l’écriture puissante, l’histoire d’un enfant monstre né au cœur d’un réseau de trafic de clandestins. Avec Encore, on retrouve l’immense talent de conteur, le regard sans concession sur le monde contemporain et l’insolence de ton qu’Hakan Günday a révélés dans D’un extrême l’autre (Prix du meilleur roman de l’année 2011, Turquie).

« La différence entre l’Orient et l’Occident, c’est la Turquie. Nous, c’était là que nous vivions. Cela voulait-il dire que notre pays est un vieux pont entre l’Orient aux pieds nus et l’Occident bien chaussé, sur lequel passe tout ce qui est illégal ? Tout cela me chiffonnait. Et en particulier ces gens que l’on appelle les clandestins… Nous faisions tout notre possible pour qu’ils ne nous restent pas en travers du gosier. Nous avalions notre salive et nous expédions tout le contingent là où il voulait aller… Commerce d’une frontière à l’autre… D’un mur à l’autre… » — Hakan Günday, extrait d’Encore

« Magnifique ! Quel conteur ! » – Atiq Rahimi

« Le meilleur roman de 2015 ! » – Alain Mabanckou

« Prenez un homme, le plus civilisé, habité des meilleurs sentiments, honnête, droit, et même cultivé. Acculez cet homme, poussez-le dans ses retranchements, faites-lui sentir le parfum de sa propre mort, annihilez tout repère le rattachant aux codes les plus élémentaires de son humanité, et vous aurez face à vous une bête furieuse. [...] Hakan Günday, que l’on surnomme à juste titre « l’enfant terrible de la littérature turque », nous offre un roman fascinant dans une langue crue, sans artifices. Un voyage en enfer si tristement d’actualité, écrit avec un accent d’une sincérité bouleversante. » – Marie-Madeleine Rigopoulos, Transfuge

« La littérature est un sport de combat, Hakan Günday nous le montre à chacune de ses livraisons. […] En 2013 ce fut d’abord D’un extrême l’autre, traduit en français par Jean Descat, puis Ziyan en 2014. Avec Encore qui marque cette rentrée littéraire d’outre-Bosphore, les éditions Galaade persistent en permettant à ce jeune auteur d’être connu dans le monde francophone, preuve qu’au-delà d’Orhan Pamuk et d’Elif Shafak il existe une littérature turque en pleine ébullition. » – Sébastien de Courtois, Orient XXI

« Dans ce roman rageur et enfiévré, paru en août chez Galaade, Hakan Günday, 39 ans, dresse le portrait d’un personnage effrayant, puis l’accompagne dans un cheminement long et accidenté. » – Juliette Bénabent,Télérama

« Encore. La plupart des réfugiés […] qui tâchent de joindre l’Europe ne connaissent qu’un mot de la langue de leurs passeurs turcs, mais il signifie tout : Encore de l’eau, de la nourriture, de l’air, encore de l’espoir. […] Un des textes les plus intéressants de la rentrée. […] On n’avait jamais lu ça. » – Alexis Brocas, Alternatives internationales

« Gâza, 9 ans, aide son père à transporter des clandestins entre la Turquie et la Grèce. S’attaquant à un sujet périlleux et tragiquement essentiel, ENCORE s’affirme par une poésie rare (on pense au Romain Gary de La Vie devant soi). Avec ce roman coup de poing, Günday s’impose comme l’auteur à suivre de la nouvelle génération d’écrivains turcs. » – Yann Perreau, Les Inrockuptibles

« Un des romans tonitruants de cette rentrée. […] On s’abîme dans ce livre terrible. […] En lisant Günday, on se dit que c’est absolument impossible, mais en fait le réel est là. […] Très audacieux et très réussi. » – Julien de La Panneterie, librairie Le Merle Moqueur 20e

« Voilà un roman d’une force inouïe, qui pousse le lecteur dans ses retranchements, qui le force à se poser des questions, qui le bouscule. Hakan Günday nous met face à une réalité difficile à encaisser et prouve que la littérature est nécessaire dans un monde qui devient fou. Un chef d’oeuvre. » – Librairie Delamain

« Un très grand livre, qui sera, je l’espère, l’événement de cette rentrée littéraire 2015. » – Xavier Capodano, Librairie Le Genre Urbain

« Il faut se rendre à l’évidence : avec ce voyage au bout de notre nuit, la Turquie a donné naissance à son Louis-Ferdinand Céline. » – Pascal Thuot, Librairie Millepages

« Encore nous oblige à définir le mot « Humanité » et à voir le monde tel qu’il est, sans concession. Un livre bouleversant ! » – Juliette Guillot, Librairie Longtemps

« Le romancier turc Hakan Günday étonne et détonne à nouveau avec Encore, un roman sur l’exploitation de la misère des migrants. » – Sean James Rose, Livres Hebdo

« Tous les maux de la société turque et de la modernité néolibérale en général sont dénoncés avec la prose au vitriol qui a fait la réputation d’Hakan Günday. Ce francophone fasciné par Le Voyage au bout de la nuit est considéré comme “l’enfant terrible” de la nouvelle génération des écrivains turcs. Un roman coup de poing. » – Marc Semo,Libération

« La révélation de l’année, une réelle découverte. D’un extrême l’autre est une critique des crispations identitaires comme des reliquats de l’orientalisme, du Bollywood version turque mâtiné de sarcasmes swiftiens. » – Numéro

« Les fantômes de l’histoire. Après D’un extrême l’autreacclamé par la critique, voici Ziyan, plongée dans une Turquie profondément tentée par l’Europe, mais hantée par son passé. » – Marie-Hélène Fraïssé, France Culture

« Hakan Günday, culotté ! Emballés, émus, choqués aussi. » – Marie-Madeleine Rigopoulos, « Cosmopolitaine », France Inter

« Le livre le plus abouti d’Hakan Günday. » – Cumhuriyet

« Hakan Günday fut l’une des plus grandes surprises littéraires du début des années 2000. […] Avec Encore, il nous surprend à chaque page. […] Hakan Günday n’a pas encore 40 ans, mais on en veut encore. » – Milliyet

Mon modeste avis

C’est un roman extrêmement dur, la réalité est déroutante.

Comment puis-je qualifier ce roman de » coup de coeur » ? Lisez-le, tout simplement…

Les heures silencieuses

5 juin

Les heures silencieuses, Gaelle Josse

Aux éditions Autrement, 135 pages

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Delft, novembre 1667. Magdalena Van Beyeren se confie à son journal intime. Mariée très jeune, elle a dû renoncer à ses rêves d’aventure sur les bateaux de son père, administrateur de la Compagnie des Indes orientales. Là n’est pas la place d’une femme… L’évocation de son enfance, de sa vie d’épouse et de mère va lui permettre l’aveu d’un lourd secret et de ses désirs interdits. Inspiré par un tableau d’Emmanuel De Witte, ce premier roman lumineux, coup de coeur des lecteurs et de la presse, dessine le beau portrait d’une femme droite et courageuse dans le peu d’espace qui lui est accordé.

« À l’heure où mes jours se ternissent comme un miroir perd son tain, le besoin de m’alléger de ce qui m’encombre devient plus fort que tout. Je garde l’espoir, naïf peut-être, qu’un tel aveu sera comme l’amputation d’un membre inguérissable qui, pour douloureuse qu’elle soit, permet de sauver le reste du corps. »
Tout paraît à sa juste place dans la vie de Magdalena, épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes orientales à Delft. Rigoureuse, maîtresse d’elle-même, elle aurait pu succéder à son père. Mais le commerce est réservé aux hommes. Sa place est au foyer. Magdalena doit se limiter à cet espace intérieur, où elle a souhaité se faire représenter à son épinette, de dos. Un décor à secrets, que son journal intime dévoile. Déceptions, souvenirs, drames familiaux, mais aussi joies, et désirs interdits…
Dans le silence de l’heure, derrière le précaire rempart de l’ordre et de la mesure, Magdalena transcrit les vacillements de son coeur, explorant les replis les plus secrets de l’âme.

Mon avis

XXVIIe siècle

Comme un prélude de son autre roman « L’ombre de nos vies », Gaelle Josse invite le lecteur pour un voyage à l’intérieur d’un tableau du peintre flamand Emmanuel De Witte; l’héroïne Magdalena étant le modèle de ce tableau. Nous sommes en 1667, aux Pays-Bas, en plein coeur de l’hiver. Magdalena se livre sur les pages de son journal intime.

Un très beau portrait de femme, d’un autre siècle.

Emmanuel De Witte

Cet article est extrait de l’ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre néerlandais (Alkmaar v. 1617  –  Amsterdam 1691 ou 1692).

Élève d’Evert Van Aelst à Delft, Emmanuel de Witte débuta comme peintre de portraits. En 1636, il est inscrit à la gilde de Saint-Luc d’Alkmaar ; il séjourne à Rotterdam en 1639-40, puis à Delft de 1641 à 1650, où il peint un tableau à sujet mythologique, Vertumne et Pomone (1644, Rotterdam, B. V. B.), dont le paysage fait penser à ceux de Poelenburgh. Il subit pendant cette période l’influence de G. Houckgest et de H. Van Vliet. En 1652-53, il est à Amsterdam, en 1654-55 à Delft, puis il s’installe à Amsterdam en 1656. Rien n’est venu confirmer l’affirmation de Houbraken selon laquelle il aurait eu un caractère difficile ; et, de même, il ne se serait pas suicidé.

Si l’on met à part quelques scènes de genre, telles que l’admirable Intérieur au clavecin (1667, Rotterdam, B. V. B.) — qui évoque d’une façon précise l’art de Pieter De Hooch et dont le lumière, à la fois calme et forte, s’irise d’une poésie vermérienne — et divers Marchés aux poissons à Amsterdam (Londres, N. G. ; 1672, Rotterdam, B. V. B. ; Rijksmuseum ; Moscou, musée Pouchkine), Emmanuel de Witte apparaît comme un peintre spécialisé dans les vues d’intérieur d’édifices religieux. Ses motifs sont tantôt des églises gothiques — indifféremment catholiques ou protestantes —, traitées d’ailleurs avec assez de fantaisie pour que les éléments en soient empruntés à plusieurs édifices ou à plusieurs styles, comme dans l’Intérieur d’église du musée de La Fère (citons les deux Intérieurs d’église du Rijksmuseum, la Nieuwe Kerk d’Amsterdam, 1656, Rotterdam, B. V. B. et Rijksmuseum ; l’Intérieur d’église, 1668, Mauritshuis), tantôt des synagogues (Intérieur de la synagogue portugaise d’Amsterdam, Rijksmuseum) ou bien encore l’admirable Intérieur de la Nieuwe Kerk à Delft (1656, musée de Lille), chef-d’œuvre de luminosité et de contrastes où la tache rouge du manteau du visiteur du premier plan se détache sur le blanc des colonnes, caressées par une lumière subtile. Son iconographie est intéressante et s’oppose très fortement à celle de Pieter Saenredam. Il aime peindre les édifices religieux pendant les services ou, en tout cas, animés par des personnages : c’est qu’il est aussi un excellent peintre de figures et qu’il sait à merveille les insérer dans ses architectures. De Witte excelle également à rendre la lumière venant du dehors et à évoquer une atmosphère de calme et de silence que ne troublent pas, bien au contraire, de discrètes allusions à la réalité quotidienne : petits détails anecdotiques comme la présence de chiens ou de personnages conversant dans des églises conçues comme des intérieurs avec de subtils jeux de lumière sur les carrelages blancs et noirs. La qualité en quelque sorte moelleuse de sa lumière reste à peu près sans égale dans la peinture néerlandaise d’église, qui n’évite pas toujours la froideur de la minutie ni la sécheresse des mises en perspective d’un Saenredam et plus encore d’un Houckgeest ou d’un Van Vliet. À ce titre, de Witte doit être rattaché, dans l’école de Delft, au courant illustré par Fabritius, et, par sa poésie, surtout dans des toiles comme celles de Moscou et de Rotterdam (Intérieur au clavecin), mérite d’être nommé en face de Vermeer.
En savoir plus sur http://www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/Witte/154952#H6Xsd9HjbDYWoi5m.99

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Intérieur avec une femme jouant du virginal, huile sur toile, 97,5 x 109,7 cm, (1660 – 1667), Musée des Beaux Arts de Montréal,restauré avec le soutien de la fondation BNPParibas

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Intérieur d’église, huile sur toile, 55 x 44 cm, vers 1669, Musée du Louvre, Richelieu 2ème étage, Hollande deuxième moitié du XVIIe siècle, salle 38

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Intérieur de la Nieuwe Kerk de Delft, avec vue de la tombe de Guillaume le Taciturne, huile sur toile, 97 × 85 cm, (1656), Palais des beaux-arts de Lille

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Intérieur d’église gothique, huile sur toile, 63,5 x 49,5 cm, (1679), Musée des beaux-arts de Strasbourg

l’épouse hollandaise

5 juin

l’épouse hollandaise, Eric McCormack, traduit de l’anglais (Canada) par Sabine Porte

Aux éditions Christian Bourgois, collection Fictives, 330 pages

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Quatrième de couverture

Thomas Vanderlinden raconte l’histoire remarquable de sa mère, Rachel, et des deux hommes avec lesquels elle a partagé sa vie. Tous deux s’appelaient Rowland Vanderlinden. Le premier, parti en voyage, n’est jamais revenu. Le second Rowland, un homme que Rachel a accepté sans poser aucune question, était un mystère. Qui était-il ? et qu’est-il arrivé au premier Rowland Vanderlinden ? Déterminé à percer les secrets des deux hommes, Thomas part à la recherche du premier Rowland, et le retrouve finalement sur une île isolée au milieu de l’océan Pacifique. Le premier Rowland raconte alors à Thomas ses nombreuses mésaventures et peu à peu Thomas apprend à le respecter. Il découvre aussi la véritable identité de l’autre Rowland Vanderlinden, un homme avec qui sa mère vécut heureuse de nombreuses années, bien qu’il fut loin d’être la personne qu’il incarnait.
Le lecteur ne peut que se laisser envoûter par cette étrange épopée vibrante d’échos de Conrad et Borges où McCormack dévoile autant qu’il dissimule, et qui est tout à la fois un roman d’aventure jubilatoire, un énigmatique portrait de femme, entre apparente résignation et vraie liberté, une plongée au cœur du mystère de chaque être.

Mon avis

Rachel a une telle confiance en son époux qu’elle accepte la chose la plus incroyable qui soit, le substitut de l’être aimé… roman étonnant qui entraine le lecteur dans un voyage culturel, confrontant deux mondes presque irréels.

Illustration de couverture : Reliquaire korwar, fin XVIIe siècle
Baie de Geelvink, Irian Jaya
Musée du quai Branly
Dépôt du Muséum national d’Histoire naturelle – musée de l’homme

 

 

 

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