Archive | mars 2016

Soixante-neuf tiroirs

20 mar

Soixante-neuf tiroirs de Goran Petrovic
aux éditions du rocher, collection Motifs, 450 pages

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Quatrième de couverture

Lire n’est pas une activité innocente.
C’est aussi vivre dangereusement, comme le montrent les aventures extraordinnaires des personnages de ce roman, lecteurs passionnés qui mènent une double vie et qui se rencontrent entre leur réalité quotidiennes et leurs lectures.
Ainsi, Adam se plongeant littéralement dans un texte, s’aperçoit vite qu’il n’est pas seul. D’autres lecteurs le hante, parmi lesquels une vieille dame excentrique, un ancien agent d’une section très spéciale des services secrets, une jeune fille au parfum câlin.
Ecrite par l’un des meilleurs écrivains serbes contemporains, l’histoire surprenante qui tisse ce roman est un éloge ludique des grands espaces de lectures sans lesquels certains d’entre nous ne sauraient respirer.

Traduit du serbe par Gojko Lukic et Gabriel Iaculli.

Mon avis
C’est un roman surprenant et original, soixante-neuf paragraphes pour inciter le lecteur, le personnage de l’histoire qui, s’il en possède les capacités, entre à l’intérieur du roman (ou du journal) et croise d’autres lecteurs, déambule dans un jardin, s’installe à une terrasse, prend possession du décor. Ainsi, en plein hiver, il peut se retrouver sur une plage ensoleillée et une fois sa lecture terminée, de retour dans son fauteuil secouer ses chaussures pleines de sable… constater des petits changements dans sa tenue.

C’est une lecture agréable, les personnages de ce roman oscillent entre présent et plaisir de la rencontre imaginaire.

La Fin du Monde

20 mar

La fin du monde, Camille Flammarion,
Publié par Ernest Flammarion, 394 pages, 1894.

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En résumé : La fin du monde, source: actusf.com.
Autour d’une histoire de probable fin du monde (cette comète-ci sera t’elle enfin la bonne?) l’auteur dresse la liste des fins possibles de notre planète et du système qui l’abrite. Il en profite aussi pour nous rappeler comment l’humanité a pu craindre depuis toujours ce que serait sa propre fin… Cet ouvrage est à la frontière du roman, de l’essai philosophique, et du documentaire scientifico-historique.
En 1893, dans la Revue illustrée (puis en 1894 aux éditions Flammarion), Camille Flammarion, astronome et vulgarisateur scientifique, évoque dans La Fin du monde d’un moyen de détruire la Terre qui connaît une fortune jamais démentie : une immense comète risque d’entrer en collision avec notre planète. La Fin du monde a des aspects apocalytptiques mais c’est aussi une anticipation car l’action se situe au XXVe siècle puis dans dix millions d’années. Flammarion décrit une société apaisée et guidée par la science mais il ne s’agit pas d’une pure utopie, on y trouve aussi la critique d’un monde devenu entièrement marchand, où même la presse est au service de l’argent avant de connaître l’apogée grâce à la science.

Mon avis
Première partie:
Nous sommes au vingt-cinquième siècle.
C’est à cette période qu’une comète verdâtre doit entre en collision avec la terre, plus précisément dans la nuit du 13 au 14 juillet.
« … C’était la terreur même suspendue au-dessus de toutes les têtes et s’avançant lentement, graduellement, épée formidable, inexorablement. Un dernier essai était tenté, non pour la détourner de sa route, – idée émise par la classe des utopistes qui ne doutent jamais de rien, et qui avaient osé imaginer qu’un formidable vent électrique pourrait être produit par des batteries disposées sur la face du globe qu’elle devrait frapper- mais pour examiner de nouveau le grand problème sous tous ses aspects, et peut-être rassurer les esprits- ramener l’espérance en découvrant quelque vice de forme dans les sentences prononcées… »
J’ai été agréablement surprise, la lecture est facile, mise à part quelques longueurs dans les chapitres 3, 4, 5, 6 qui relatent une conférence où différents orateurs, éminents scientifique se succèdent pour évoquer le sort réservé à la planète, géologues, physiciens, chimistes, biologistes, météorologistes, astronomes. Du concile du Vatican aux astronomes de la ville équatoriale de Mars, dans un message photophonique, bien que obscur, tous font part de leurs analyses. Pour mettre les populations à l’abris, l’auteur a imaginé un mode de déplacement, « …les transatlantiques aériens électriques assez nombreux et assez bien aménagés pour transporter des millions de voyageurs d’ici samedi.. »
Puis finalement, Le Choc (chap.7),  » les calculs définitifs ne s’étaient pas trompés d’un iota. Les deux voyageurs célestes, la Terre et la comète allaient se rencontrer, comme deux trains lancés l’un vers l’autre au fantastique et aveugle galop de la vapeur… lances l’un sur l’autre à la vitesse de cent kilomètres à l’heure chacun… Toute la voûte du ciel sembla se déchirer de haut en bas, et, par l’ouverture béante, on crut voir une gueule énorme vomissant des gerbes de flammes vertes, éclatantes; et l’on fut frappé d’un éblouissement si effroyable… Il y eut une multitude de morts »

Deuxième partie
L’avenir
« La terre avait continué de tourner, le soleil avait continué de briller; les petits enfants étaient devenus des vieillards; les siècles, les périodes séculaires s’étaient succédées; le Progrès, loi suprême avait conquis le monde ».
Dans cette deuxième partie, la plus intéressante, l’auteur, parfois visionnaire nous dépeint une société idéale, la femme devient l’égal de l’homme, encourageant la suppression des armées, les peuples de l’Europe se confédèrent en un seul État. Au vingt-cinquième siècle,  » le sentiment étroit de la patrie fut remplacé par le sentiment général de l’humanité, et la sauvagerie internationale fit place à une fédération intelligente ».
Après avoir atteint l’apogée, le déclin s’amorce… La Terre va-elle renaître?
Dommage que ce texte ne soit plus publié, mais il est disponible en version ebook gratuit, je vous le recommande.

 

 

Chers Disparus

20 mar

Chers Disparus de Claude Pujade-Renaud,
éditions Actes Sud 2004,
323 pages

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Quatrième de couverture:
Leur « cher disparu » s’appelle Jules Michelet, Robert Louis Stevenson, Marcel Schwob, Jules Renard ou Jack London. Elles ne se connaissaient pas mais ont en commun d’être veuve d’écrivain et, depuis lors, de veiller sur l’œuvre. Tour à tour, elles prennent la parole, évoquent le passé, se remémorent la vie conjugale, feuillettent les livres, raturent les journaux intimes et parfois découvrent, avec amertume ou résignation, quelque turpitude qu’il eût fallu ignorer. Mais par-delà toute indiscrétion, c’est au cœur des obsession et du mythe personnel qu’elles plongent un regard attentif, où entre une part d’amour fidèle et indulgent.
Cinq disparus, et donc cinq portraits subtilement agencés, dont la finesse nous ouvre de nouvelles clés de lecture, en même temps que Claude Pujade-Renaud dévoile le versant caché de la littérature des hommes: celui, bien sûr-dont seule une femme pouvait témoigner.

Mon avis:
Etre l’épouse d’un écrivain est une charge complexe. Ces cinq femmes l’ont vécu de manières différentes, accompagnatrices dévouées ou femmes attendries gérant le quotidien, ou équipière assumée, elles ont pour mission de finaliser l’œuvre de l’Homme. Commence alors pour chacune le tri, la relecture, le classement et parfois la censure. Ces ultimes étapes à la fin de leur vie, sont autant d’occasions de revivre ces instants de bonheur, de crise au détour d’une lettre d’amour ou d’un manuscrit oublié.
Claude Pujade-Renaud nous offre par cinq fois l’occasion de découvrir l’auteur par le biais de la femme, que serait-il sans elle

Kinderzimmer

20 mar

Kinderzimmer Valentine GOBY

Actes Sud Littérature Domaine français Août, 2013, 224 pages

Romans et nouvelles
Prix des Lecteurs du Maine Libre – 2013
Prix SOS Libraires Littérature française – 2014

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Quatrième de couverture:
“Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?
– Je ne sais pas.
– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne :
– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?
– La même chose que toi. Une raison de vivre.”

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.
Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

L’auteure:
«D’abord, il y eut cette rencontre, un jour de mars 2010 : un homme de soixante-cinq ans se tient là, devant moi, et se présente comme déporté politique à Ravensbrück. Outre que c’est un homme, et à l’époque j’ignorais l’existence d’un tout petit camp d’hommes non loin du Lager des femmes, il n’a surtout pas l’âge d’un déporté. La réponse est évidente : il y est né. La chambre des enfants, la Kinderzimmer, semble une anomalie spectaculaire dans le camp de femmes de Ravensbrück, qui fut un lieu de destruction, d’avilissement, de mort. Des bébés sont donc nés à Ravensbrück, et quoique leur existence y ait été éphémère, ils y ont, à leur échelle, grandi. J’en ai rencontré deux qui sont sortis vivants de Ravensbrück, ils sont si peu nombreux, et puis une mère, aussi. Et la puéricultrice, une Française, qui avait dix-sept ans alors. C’était un point de lumière dans les ténèbres, où la vie s’épuisait à son tour, le plus souvent, mais résistait un temps à sa façon, et se perpétuait : on y croyait, on croyait que c’était possible. Cette pouponnière affirmait radicalement que survivre, ce serait abolir la frontière entre le dedans et le dehors du camp. Envisager le camp comme un lieu de la vie ordinaire, être aveugle aux barbelés. Et donc, se laver, se coiffer, continuer à apprendre, à rire, à chanter, à se nourrir et même, à mettre au monde, à élever des enfants ; à faire comme si. J’ai écrit ce roman pour cela, dire ce courage fou à regarder le camp non comme un territoire hors du monde, mais comme une partie de lui. Ces femmes n’étaient pas toutes des héroïnes, des militantes chevronnées, aguerries par la politique et la Résistance. Leur héroïsme, je le vois dans l’accomplissement des gestes minuscules du quotidien dans le camp, et dans ce soin donné aux plus fragiles, les nourrissons, pour qu’ils fassent eux aussi leur travail d’humain, qui est de ne pas mourir avant la mort. Mila, mon personnage fictif, est l’une de ces femmes. Kinderzimmer est un roman grave, mais un roman de la lumière.» V.G
Mon avis:
Un bel hommage… Un bel hommage à la femme, à la mère, à la vie.
Valentine Goby, elle est tout simplement talentueuse. Mais qu’est ce qui nourrit l’écriture de cette auteure?
On ne ressort pas indemne de cette lecture. J’imagine, au combien, le travail de recherche et d’écriture a dû être douloureux. Je l’en remercie d’autant plus!
Le sujet est extrêmement grave, la lecture est rude. Ces femmes, déportées dans le camp de Ravensbrück, sont totalement déshumanisées par la barbarie nazie, sont-elles encore des femmes?
Et pourtant, elles sont là, elles survivent, solidaires et tellement humaines, et tellement bienveillantes.
Mila débarque dans ce camp, enceinte. La durée de vie dans de telles conditions est courte. Elle n’est plus une femme, est-elle encore un être humain? De surcroît, pourra-t-elle être une mère? Où sont les nourrissons, y en a-t-il dans cette puanteur, dans cette antichambre de la mort?
L’enfant est là, en elle, sans y être vraiment. De toute façon, avec le typhus, la dysenterie, les rats, la faim, son propre corps mourant, décharné, l’aura mangé en attendant sa propre mort.
Mila ne se sent pas devenir mère, Elle Naît Maman en donnant la Vie à ce petit Etre qui doit Absolument Survivre pour le Bien de Toutes.

Sept jours

20 mar

Sept Jours de Valentine Goby

Roman éditions Gallimard, 2003, 165 pages

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Quatrième de couverture:

« Comme ils sont beaux. Mes enfants.
ils sont assis, tous les quatre sur le muret. Immobiles. Silencieux. La maison dans le dos. En face, la mer.
Ils regardent loin devant. et loin derrière; un soupir, un sourire pâle, un battement de cils. Les volets clos, les bagages posés sur le gravier, le soleil de septembre… c’est le décor d’un commencement; un épilogue. L’un et l’autre peut-être.
Un homme remonte l’allée, aveuglé de lumière. Dans sa main, il tient une bible, le livre du début et de la fin; ou l’inverse. il ne sait pas que les quatre ombres assises là-bas, sur le muret, ont elles aussi peuplées un vide immense.
Ebauché un monde.
En sept jours. »

Quatre frères et sœurs se retrouvent, entre les murs de la maison où ils ont grandi. Seuls pour la première fois. En quête d’une rencontre. A la recherche d’un point de départ, au-delà des liens du sang.

Valentine Goby a vingt-neuf ans. Sept jours est son second roman.

Mon avis

Deux sœurs, deux frères, après le décès de leur mère, se retrouvent dans la maison familiale, une dernière fois. Entre partage et retrouvailles, les souvenirs d’enfance remontent, et font revivre sept jours durant cette bastide provençale. L’automne se fait attendre…
Quatre parties constituent ce court roman. Chacun des quatre enfants nous fait vivre ses joie, ses peines d’enfance et ses remords…
Une écriture simple, douce comme leur mère, aucune fausse note, de la mélancolie mais pas de tristesse. Un roman vraiment touchant

Le restaurant de l’amour retrouvé

20 mar

Le restaurant de l’amour retrouvé de Ito Ogawa

Traduit par Myriam Dartois-Ako
aux éditions Philippe Picquier,
254 pages

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Présentation de l’éditeur
Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d’un chagrin d’amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière. Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.
Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de la jeune Rinco, dont l’épice secrète est l’amour.
Sortie en septembre 2013

Mon avis

Cette lecture a été pour moi un vrai régal. La finesse du texte, des phrases courtes, une narratrice touchante par sa verve qui n’a d’égale que son imagination culinaire.
Rinco ouvre un restaurant peu ordinaire… Elle cuisine pour son ou ses hôtes, une seule table, des mets qui leurs ressemblent. Elle reçoit ses convives pour un entretien préalable et à partir de leur conversation, elle va établir son menu.
Sa mère et sa truie Hermès, le souvenir de sa grand-mère, son ex qui a vidé l’appartement avant de disparaître, son enfance dans ce village isolé, tous ces ingrédients composent son imaginaire culinaire.

Extrait
De la paume des mes mains fraîchement lavées, j’ai délicatement effleuré les aliments. Puis, comme on berce une vie nouvelle à peine éclose, un par un, je les ai pris entre mes mains, les ai portés jusqu’à mon visage et, les yeux clos, j’ai parlé avec eux pendant quelques secondes.
ce n’était pas quelque chose que l’on m’avait appris et je ne savait d’ailleurs pas exactement quand j’avais commencé à le faire, mais avant de cuisiner, je suivais toujours le même rituel. J’approchais mon visage, mon nez, des aliments, j’écoutais leur « voix ». Je les humais, les soupesais, leur demandais comment ils voulaient être cuisinés.

Le sang des bistanclaques

20 mar

Le sang des bistanclaques d’Odile Bouhier
aux éditions Presse de la Cité Terre de France

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Quatrième de couverture

A Lyon, chez les soyeux, une série de crimes allume le feu entre la police traditionnelle et la toute nouvelle police scientifique. Pour tout savoir sur les bistanclaques : onomatopée figurant le bruit des métiers à tisser des canuts !

Lyon, mai 1920. Une enquête est ouverte à la suite de la découverte du cadavre putréfié d’une vieille femme. Pour ne pas ternir la réputation de sa ville, rivale de Paris et ses Brigades du Tigre, le procureur confie l’affaire au tout nouveau laboratoire de la police scientifique de Lyon, le premier au monde, dirigé par deux experts : l’éminent professeur Hugo Salacan, et le commissaire Victor Kolvair, rescapé des tranchées. L’autopsie du corps révèle d’étranges sévices… Cette enquête criminelle dévoile deux visions de la police et de la science, dans une France en pleine mutation…Le Sang des bistanclaques est une formidable reconstitution du monde des soyeux et celui de la police, une plongée dans la société lyonnaise des Années folles. C’est aussi le parcours d’une folie individuelle, le portrait d’un enfant de la Croix-Rousse devenu tueur en série.

Scénariste formée à la Femis-Ensmis (Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son), Odile Bouhier a déjà écrit, aux Presses de la Cité, Le Sang des bistanclaques (2011), De mal à personne (2012). La nuit, in extremis est son troisième roman.

Mon avis:

le mouvement du métier à tisser est constitué de 3 phases qui s’enchainent, au son elles font Bis-Tan-Clac.

Le sang des bistanclaques est un roman policier plutôt bien ficelé, bien que l’enquête mette du temps à trouver sa place. Nous faisons la connaissance de nombreux personnages qui vont servir la suite.

On y découvre les premiers pas de la toute nouvelle police scientifique avec le binôme Kolvair et Salacan. Apparait aussi une jeune psycho pathologiste Bianca qui étudie la démarche des meurtriers, la toute première profileuse.

Odile Bouhier nous conduit dans la cité lyonnaise, la bourgeoisie et l’univers des soyeux après la première guerre et ses blessures.

C’est un polar « de terroir » intéressant pour qui apprécie le genre.

J’ai passé un bon moment.

Le Peigne de Cléopâtre

20 mar

Le peigne de Cléopâtre

Aux éditions Gaïa.
Roman traduit du suédois par Esther Sermage et Ophélie Alegre, 318 pages

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Quatrième de couverture
Mari, Anna et Fredrik, trois amis de longue date, ont monté une société au doux nom du Peigne de Cléopâtre. Leur créneau : résoudre les problèmes des gens. Chacun apporte ses compétences, qui en jardinage, qui en déco d’intérieur ou en comptabilité… et la PME se développe avec succès.
Chacun patauge quelque peu dans sa propre existence, en quête d’identité ou d’âme soeur, et trouve un réconfort non négligeable dans l’idée de venir en aide à autrui.
Jusqu’au jour où une vieille dame se présente avec une étrange requête : elle souhaite que Le peigne de Cléopâtre élimine son mari.
Difficile de résister à un filon qui promet d’être lucratif, et les candidats se bousculent bientôt au portillon.

L’auteure
Maria Ernestamest suédoise, elle vit à Stockholm. Éclectique, elle a multiplié les expériences artistiques: chanteuse, danseuse, mannequin, comédienne, journaliste et auteur. L’écriture s’est imposée naturellement comme son moyen d’expression privilégié.
Le Peigne de Cléopâtre est son troisième roman traduit en français, après Toujours avec toi (2010) et Les oreilles de Buster (2011), prix Page des Libraires et Prix des lecteurs de l’Armitière.

Mon avis
De la belle ouvrage Madame!
C’est une belle histoire d’amitié avec suffisamment d’intrigue pour captiver le lecteur.
il faut dire que cette histoire est peu banale.
Trois amis créent leur société de service en tout genre, mais respectable, jusque là rien de particulier, juste un concept innovant. Des petits travaux de routine sont exécutés par les trois compères, Mari, Anna et Fredrik.
Tout est dans leurs cordes, jusqu’au jour où… Une vieille dame débarque dans le café qui abrite leur QG, elle a une demande étrange. Anna la connaît bien cette vieille dame, Elsa, qui est harcelée et molestée par son mari, Anna voit tout de la fenêtre de son appartement. La joyeuse bande d’amis hésite, le meurtre, requête de cette adorable mamie n’est pas au menu des services, ni de leurs compétences. Elsa leur propose une somme rondelette pour ce travail, une belle enveloppe qui arrangerait bien les affaires de chacun. Mais ils ont une conscience professionnelle et ils hésitent… Pourtant ce serait si facile, le bonhomme est âgé, malade du cœur, alcoolique et méchant…
Finalement, lequel des trois a accepté l’offre? Le doute s’insinue, personne n’a eu une vie banale, alors tout est possible.
Avec ce roman, on ne sombre pas dans la monotonie. Une intrigue, plusieurs petits secrets et un soupçon d’humour sont les ingrédients de la recette.
La lecture est facile, les personnages émouvants et tellement sincères, afin presque.
J’ai passé un très bon moment et je recommande vivement cet ouvrage

Le réseau Corneille

20 mar

Le Réseau Corneille

Ken Follett 

Éditions Le Livre de Poche, 600 pages. Éditions Robert Laffont 2002

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Quatrième de couverture: 1944. Betty à vingt-neuf ans, elle est officier de l’armée anglaise, l’une des meilleures expertes en matière de sabotage. A l’approche du débarquement allié, elle a pour mission d’anéantir le système de communication allemand en France.

Après une première tentative catastrophique et coûteuse en vies humaines, Betty va jouer le tout pour le tout en recrutant une brigade unique en son genre: le Réseau Corneille, une équipe de choc. Six femmes à la personnalité hors du commun: l’aristocrate, la tau larde, l’ingénue, la travestie… Chacune va apporter sa touche personnelle au grand sabotage.

Note de l’auteur: Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les services britanniques envoyèrent en France cinquante femmes agents secrets. Trente-six d’entre elles survécurent. Les quatorze autres firent le sacrifice de leur vie.
C’est à elles toutes que ce livre est dédié.

Les premiers mots: Le premier jour – Dimanche 28 mai 1944
Une minute avant l’explosion, le calme régnait sur la place de Sainte-Cécile. Dans la douceur du soir, une couche d’air immobile s’étendait sur la ville comme une couverture. La cloche de l’église tintait paresseusement pour appeler, sans grand enthousiasme, les fidèles à vêpres. Mais Elizabeth Clairet l’entendait comme un compte à rebours…

Mon avis: très bien ficelé, encore une fois. J’ai beaucoup aimé « Les Piliers de la Terre » et là, un autre contexte, la France sous l’Occupation. J’ai trouvé un bon rythme dans cette lecture, un sabotage décrit jour après jour jusqu’au point final Le Débarquement. Deux protagonistes, une femme Betty (Elizabeth Clairet, britannique) et un homme Dieter (le militaire nazi) s’affrontent, se trouvent, se reconnaissent en ennemis jurés. La gentille et le méchant (très manichéen) chapitre après chapitre, c’est une chasse à l’homme (à la femme) qui m’a tenue en haleine avec force et parfois violence jusqu’au « D Day

Et mon cœur transparent

20 mar

Et mon cœur transparent de Véronique Ovaldé
Édition Poche: J’ai lu 220 pages. Éditions de l’Olivier 2008

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Quatrième de couverture:
Sait-on jamais avec qui l’on vit? Lorsque Lancelot apprend la mort de sa femme, qu’il aimait à la folie, son univers s’écroule. Et il va. Vivre un « Très Grand Choc Supplémentaire » en découvrant qu’Irina n’était que mystères.
Malgré la violence de son chagrin, Lancelot décide d’enquêter sur celle dont il ignorait tout, qui posait des bombes, qui était orphelines un père bien vivant, celle qui est morte dans la voiture d’un inconnu…

Premiers mots: la femme de Lancelot est morte cette nuit. Le jour de leur rencontre, quand il lui avait annoncé, Je m’appelle Lancelot, il avait pris un air désolé, un air conquis qui l’avait conquise. Elle avait répondu, Eh bien, qu’à cela ne tienne, je t’appellerai Paul.

Mon avis: je choisis un livre après avoir lu sa quatrième et la première page. Je fondais beaucoup d’espoir dans celui-ci et… je ne suis pas déçue!
Ce roman n’a rien de triste, c’est un hymne à l’amour que porte Lancelot/Paul à sa femme envoûtante, imprévisible et énigmatique. Il ne connaît rien d’elle, au fil des pages il remonte le cours de sa vie à ses cotés. Seul point d’ancrage dans sa réalité, Lancelot remarque la disparition d’un meuble, d’un objet, un simple constat sans questionnement.
Ce roman est plein de poésie.

 

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