Archive | février 2016

14 (roman)

27 fév

14, de Jean Echenoz, éditions Minuit

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Quatrième de couverture
Cinq hommes sont partis à la guerre, une femme attend le retour de deux d’entre eux. Reste à savoir s’ils vont revenir. Quand. Et dans quel état.

Extraits
Vous reviendrez tous à la maison, a notamment promis le capitaine Vayssière en gonflant sa voix de toutes ses forces. Oui, nous reviendrons tous en Vendée. Un point essentiel, cependant. Si quelques hommes meurent à la guerre, c’est faute d’hygiène. car ce ne sont pas les balles qui tuent, c’est la malpropreté qui est fatale et qu’il vous faut d’abord combattre. Donc lavez-vous, rasez-vous, peignez-vous et vous n’avez rien à craindre.

Or on ne quitte cette guerre comme ça. La situation est simple, on est coincés : les ennemis devant vous, les rats et les poux avec vous et, derrière vous, les gendarmes. La seule solution consistant à n’être plus apte, c’est évidemment la bonne blessure qu’on attend faute de mieux, celle qu’on en vient à désirer, celle qui (voir Anthime) vous garantit le départ, mais le problème réside en ce qu’elle ne dépend pas de vous. Cette bienfaisante blessure, certains ont donc tenté de se l’administrer eux-mêmes sans trop se faire remarquer, en se tirant une balle dans la main par exemple, mais en général ils ont échoué : on les a confondus, jugés puis fusillés pour trahison. Fusillé par les siens plutôt qu’asphyxié, carbonisé, déchiqueté par les gaz, les lance-flammes ou les obus des autres, ce pouvait être un choix. Mais on a aussi pu se fusiller soi-même, orteil sur la détente et canon dans la bouche, une façon de s’en aller comme une autre, ce pouvait être un deuxième choix.

Une terre d’ombre

27 fév

Une terre d’ombre, Ron Rash, editions du Seuil, traduit de l’anglais (américain) par Isabelle Reinharez, 240 pages.

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Quatrième de couverture
Laurel Shelton est vouée à une vie isolée avec son frère — revenu de la Première Guerre mondiale amputé d’une main —, dans la ferme héritée de leurs parents, au fond d’un vallon encaissé que les habitants de la ville considèrent comme maudit : rien n’y pousse et les malheurs s’y accumulent. Marquée par ce lieu, et par une tache de naissance qui oblitère sa beauté, la jeune femme est considérée par tous comme rien moins qu’une sorcière. Sa vie bascule lorsqu’elle rencontre au bord de la rivière un mystérieux inconnu, muet, qui joue divinement d’une flûte en argent. L’action va inexorablement glisser de l’émerveillement de la rencontre au drame, imputable exclusivement à l’ignorance et à la peur d’une population nourrie de préjugés et ébranlée par les échos de la guerre.

La splendeur de la nature, le silence et la musique apportent un contrepoint sensible à l’intolérance, à la xénophobie et à un patriotisme buté qui tourne à la violence aveugle.

Après Le Monde à l’endroit (Seuil, 2012), Une terre d’ombre prolonge une réflexion engagée par l’auteur sur la folie guerrière des hommes, tout en développant pour la première fois dans son œuvre romanesque une histoire d’amour tragique qui donne à ce récit poignant sa dimension universelle.

Né en Caroline du Sud en 1953, Ron Rash est un poète, auteur de cinq recueils de nouvelles et de cinq romans, tous lauréats de prestigieux prix littéraires —Sherwood Anderson Prize, O. Henry Prize, James Still Award, Novello Literary Award, Frank O’Connor Award. Il est titulaire de la chaire John Parris d’Appalachian Studies à la Western Carolina University.

Isabelle Reinharez fait route avec la littérature anglophone depuis fort longtemps. Parmi les auteurs qu’elle a traduits figurent Louise Erdrich, Robert Olen Butler, Anne Enright, Tim Parks. Aux editions Actes Sud, elle a dirigé la série anglo-américaine et fait entrer au catalogue des écrivains tels que Cormac Mc Carthy et Madison Smartt Bell.

Mon avis
Nous nous rapprochons de la fin de la Première Guerre Mondiale, mais l’esprit patriotique est toujours très présent dans ces contrées de Caroline du Nord. L’auteur rend hommage à ces jeunes américains, ces poilus gazés et mutilés.
Laurel est une jeune femme à la beauté certaine mais rejetée parce qu’affligée d’une tâche de naissance qui dans ces contrées retirées la fait passer pour une sorcière. Son frère Hank est rentré de la guerre avec une main en moins. Ils ont hérité de cette terre maudite, où les châtaigniers dépérissent, où les perroquets de Caroline disparaissent. La ferme se situe en contre bas d’une falaise où même la lumière du jour à du mal à s’installer, « la terre d’ombre ». Leur vie routinière est sombre. Puis un jour, Walter, un vagabond, muet et musicien entre en scène, ils vont le soigner, l’héberger.
Une fois le décor planté, l’histoire s’installe et l’intrigue se développe.
L’écriture est fine, les personnages suffisamment complexes pour faire de ce roman une lecture très agréable.

 

Extrait
La falaise la dominait de toute sa hauteur, et elle avait beau avoir les yeux baissés, elle sentait sa présence. Même dans la maison elle la sentait, comme si son ombre était tellement dense qu’elle s’infiltrait dans le bois. Une terre d’ombre et rien d’autre, lui avait dit sa mère, qui soutenait qu’il n’y avait pas d’endroit plus lugubre dans toute la chaine des Blue Ridge. Un lieu maudit, aussi, pensait la plupart des habitants du comté, maudit bien avant que le père de Laurel n’achète ces terres. Les Cherokee avaient évité ce vallon, et dans la première famille blanche à s’y être installée tout le monde était mort de la varicelle.

La Chambre des Officiers

27 fév

La chambre des officiers, de Marc Dugain aux édition JC Lattes, 172 pages

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Quatrième de couverture

« La guerre de 14, je ne l’ai pas connue. Je veux dire, la tranchée boueuse, l’humidité qui traverse les os, les gros rats noirs au pelage d’hiver qui se faufilent entre les détritus informes, les odeurs mélangées de tabac gris et d’excréments mal enterrés, avec, pour couvrir le tout, un ciel métallique uniforme qui se déverse à intervalles réguliers comme si Dieu n’en finissait plus de s’acharner sur le simple soldat. C’est cette guerre-là que je n’ai pas connue. »
Dans les premiers jours de 14, Adrien F, lieutenant du génie, est fauché par un éclat d’obus sur les bords de la Meuse. Défiguré, il est transporté au Val-de-Grâce où il séjournera cinq ans dans la chambre des officiers. Au fil des amitiés qui s’y noueront, lui et ses camarades, malgré la privation brutale d’une part de leur identité, révéleront toute leur humanité. De cette épopée dramatique, émouvante, mais drôle aussi parfois, on retiendra que des blessures naît aussi la grâce. –Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

Extrait
…car moi, le mutilé de la face, je ne vieillirai pas. La guerre m’a fait vieillard à vingt-quatre ans. Je n’ai pas eu le courage de me suicider. J’ai eu le courage de ne pas me suicider. La rancoeur, l’aigreur menacent. Je fais face à l’ennemi intérieur…

Un long destin de sang

27 fév

Un long destin de sang, de Bollée et Bedouel, BD aux éditions 12 Bis

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Quatrième de couverture
31 mars 1918. Paris est bombardée par un canon allemand à longue portée situé au nord de la capitale. Une bombe tombe sur le square du temple où se trouvent 8 personnes. Une seule va mourir. Le destin croisé de ces 8 personnages va nous conduire à nous demander si c’est bien une bombe allemande qui est responsable de ce décès…

⭐️⭐️⭐️⭐️

Célestin Louise, flic et soldat dans la guerre de 14-18

27 fév

Célestin Louise, flic et soldat dans la guerre de 14-18, de Thierry Bourcy aux editions Folio, 1110 pages.

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Thierry Bourcy est scénariste, réalisateur et a créé le personnage de Célestin Louise qu’il entraîne dans des enquêtes faisant revivre avec force et émotion la période tragique de la guerre de 14-18. Le Gendarme scalpé est le cinquième volet des Aventures de Célestin Louise, flic et soldat, publiées par Nouveau Monde Éditions.
Quatrième de couverture

La cote 512 – L’arme secrète de Louis Renault – Le château d’Amberville – Les traîtres – Le gendarme scalpé.

«J’avais pensé au départ m’inspirer de l’esprit d’Arsène Lupin, dont les aventures ont bercé mon adolescence, mais très vite l’horreur des scènes que je découvrais a chassé cette idée. Célestin Louise, ni gentleman ni cambrioleur mais flic d’origine modeste, va porter sur la guerre et ses atrocités un regard qui, au fil des enquêtes, deviendra de plus en plus désabusé, sceptique, mais jamais cynique.»

Des tranchées boueuses aux hôpitaux de campagne, du feu de la mitraille aux embusqués de l’arrière, de la première ligne aux provinces endeuillées loin du front, le soldat Célestin Louise mène l’enquête alors qu’autour de lui le monde s’écroule.

La cote 512

En novembre 1914, Célestin Louise, affecté au 134ème régiment d’infanterie, va mener une enquête sur la mort étrange de son chef. Elle le mènera peu à peu loin du front, où il découvrira la terrible vérité.

Les carnets de guerre de Victorien Mars

27 fév

Les carnets de guerre de Victorien Mars, de Maxence Fermine, aux éditions Albin Michel, 192 pages.

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Quatrième de couverture
Cette histoire commence comme ça. On est tous les cinq dans cette tranchée qui n’est pas la nôtre. Trois agenouillés au sol et deux debout. J’ai un pistolet sur la tempe. De l’autre côté du pistolet, il y a un soldat français. Et j’attends qu’il tire. »Verdun, avril 1916. En première ligne, l’épouvante des tranchées : un gouffre de peur, de faim, de froid. Mais pas seulement. Non loin de l’ennemi déclaré, un autre, plus sournois, sévit. Un adjudant qui se repaît de la souffrance de ses hommes. Un bourreau que la guerre, enfin, autorise à tuer.Dans ce roman atypique et dérangeant, Maxence Fermine explore cette « mise entre parenthèses de la vie » qu’impose la guerre. Mais plus que l’horreur du conflit, c’est, sous un angle humain, l’enfer psychologique et les sentiments extrêmes suscités par la crainte de la mort qu’il met en abyme avec un incontestable talent.

L’auteur:
Maxence Fermine est l’auteur de plusieurs romans à succès, Neige, L’Apiculteur (Prix del Duca et Prix Murat en 2001), Opium, Amazone (Prix Europe 1 en 2004), traduits dans de nombreux pays, notamment l’Italie où il est un best-seller.
Il vit en Haute-Savoie. Source: site Albin Michel.

Mon avis
C’est une fiction, mais l’Histoire est bien présente, un texte plein d’émotion, l’enfer des tranchées, un bourreau sanguinaire et les souvenirs de la vie d’avant. Victorien Mars (au nom prédestiné), le narrateur nous raconte son dégoût pour cette guerre, son enlisement, ces chefs des deux camps, à l’arrière du front, bien au chaud dans leurs bureaux, qui décident du sort de ces milliers d’hommes tapis dans la boue.
⭐️⭐️⭐️⭐️

Limon

27 fév

Limon, de Didier Desbrugeres, aux éditions Gaïa, 224 pages

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Quatrième de couverture

Des médailles militaires oubliées au fond d’un tiroir, ou des douilles d’obus ouvragées sur le manteau d’une cheminée, des boîtes à chaussures emplies de lettres et de visages de jeunes soldats sur lesquels on ne sait plus mettre un nom. Voilà l’écho, souvent, de la Grande Guerre.
Limon, ce sont des nouvelles qui viennent porter notre regard sur le conflit de 1914-1918 sous un éclairage diffracté, comme à travers un verre brisé, pour rendre hommage à ces hommes et ces femmes précipités dans un conflit qui n’était pas le leur.
Loin des faits d’armes et des actions héroïques, se pencher sur le quotidien, sur le front et à l’arrière, et sentir les cicatrices toujours vives, plus profondes que les sillons qui tentent depuis de les recouvrir.

Mon avis
5 nouvelles dont une donnera le titre a ce recueil.
- Connaissez-vous les  » Anges Noirs »? C’est le nom que l’on donnait aux veuves qui allaient annoncer la terrible nouvelle, la mort d’un mari ou d’un fils. Ces veuves ont peu à peu remplacé le maire qui ne pouvait plus supporter cette tâche….

- Mort au champs du déshonneur est une nouvelle dérangeante, un soldat se retrouve sous les feux de son supérieur antisémite, une mort orchestrée.

- Limon, cette nouvelle est consacrée à la vie, au quotidien du soldat embourbé dans les tranchées, mais aussi à celles et ceux qui espèrent son retour.

- L’appel, des années plus tard, un industriel allemand, au volant de son bolide veut rejoindre Paris. Il traverse la Lorraine, sur l’autoroute approche de Verdun et là se souvient du boulet de canon…

- Une question se pose, que ressentent les habitants d’aujourd’hui qui vivent à proximité d’un de ces cimetières, du Chemin des Dames?
La dernière nouvelle, Rémanence, comme pour clore l’histoire traite du sujet. Un homme s’identifie à tous ces soldats, négligeant les vivants pour malgré lui, vivre et faire revivre cette période douloureuse.

C’est un bel hommage, difficile mais nécessaire.

❤️

 

Toute la lumière que nous ne pouvons voir

23 fév

Anthony Doerr, traduction de Valerie Malfoy

Éditions  Albin Michel, 624 pages.

Prix Pulitzer 2015

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Véritable phénomène d’édition aux États-Unis, salué par l’ensemble de la presse comme le meilleur roman de l’année, le livre d’Anthony Doerr possède la puissance et le souffle des chefs-d’œuvre. Magnifiquement écrit, captivant de bout en bout, il nous entraîne, du Paris de l’Occupation à l’effervescence de la Libération, dans le sillage de deux héros dont la guerre va bouleverser l’existence : Marie-Laure, une jeune aveugle, réfugiée avec son père à Saint-Malo, et Werner, un orphelin, véritable génie des transmissions électromagnétiques, dont les talents sont exploités par la Wehrmacht pour briser la Résistance.

En entrecroisant avec une maîtrise éblouissante le destin de ces deux personnages, ennemis malgré eux, dans le décor crépusculaire d’une ville pilonnée par les bombes, Anthony Doerr dessine une fresque d’une beauté envoûtante. Bien plus qu’un roman sur la guerre, Toute la lumière que nous ne pouvons voir est une réflexion profonde sur le destin et la condition humaine. La preuve que même les heures les plus sombres ne pourront parvenir à détruire la beauté du monde.

« La force physique et émotionnelle d’un chef-d’œuvre. » Library Journal 

❤️

La Der’ des ders

22 fév

Des romans pour adultes, pour la jeunesse, des albums, des bd, des documentaires, quatre années de lecture pour ne pas oublier.

 

 

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Couffin au crochet

21 fév

Couffin « Coriandre » au crochet coton Drops Paris, 5 fils crochetés ensemble pour un maximum de rigidité.

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crochet n°7

30 pelotes de Drops Paris

1 matelas de 35 x 72 cm

papier pour patron.

1- faire un échantillon en mailles serrées en crochetant les 2 brins, crochet n°7 et 5 fils.

pour 10 cm j’ai obtenu 10 mailles serrées.

2- reproduire les contours du matelas sur le papier. Relier les 2 côtés rectilignes, on obtient 1 rectangle de

48 x 34 cm. 34 cm représente le diamètre du cercle formé par le contour arrondi. Cette dimension sert de base pour crocheter ma chaînette.

Le fond

1- crocheter une chaînette de 34 mailles, mettre un anneau marqueur dans la 31ème maille de la chaînette.

2- piquer le crochet dans la 32ème maille de la chaînette (la maille avant l’anneau) et crocheter toutes les mailles chaînettes en mailles serrées. Sur la 2ème maille de la chaînette place un autre anneau marqueur et crocheter 3 mailles serrées dans la 1ère maille de la chaînette.

3- crocheter en maille serrées le deuxième brin de la chaînette et terminer sur la 32eme maille (anneau) en crochetant 2 mailles serrées, la 3ème maille serrée étant formée par les mailles 33 et 34. On obtient la base de l’ovale  avec 2 x 30 mailles serrées + 2 fois 3 mailles serrées aux extrémités (Debut de l’arrondi)

4- toujours conserver les 30 mailles entre les 2 anneaux marqueurs.

5-  pour crocheter l’arrondi augmenter de la façon suivante:

rang 1: 1 augmentation dans la 1ère et dernière maille de l’arrondi, 5 mailles

rang 2 : 1 augmentation dans la maille de chaque côté de la maille centrale, 7 mailles

rang 3: 1 augmentation dans la 1ère et dernière maille, 9 mailles

rang 4: rang 2, 11 mailles

rang 5: 1 augmentation dans la première maille, 1 augmentation dans la maille centrale, 1 augmentation dans la dernière maille.

rang 6: 1 augmentation milieu entre la première maille et la maille centrale, 1 augmentation milieu entre la maille centrale et la dernière maille.

répéter les rangs 5 et 6 jusqu’à la dimension finale du matelas.

La hauteur

faire un rang en crochetant  toutes les mailles en mailles serrées en prenant qu’un seul brin, on forme ainsi un rang de cassure.

Continuer en mailles serrées pour monter la hauteur. Si l’ouvrage ne paraît pas assez tendu faire une diminution sur les premières et dernières mailles des arrondis. …

 

 

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