Avis d’obsèques, Michel Embareck, éditions L’Archipel, 300 pages

avis d'obsèques

Quatrième de couverture

Un matin d’automne, dans une ville de province, le corps de Fabrice Kerbrian du Rescouet, alias « Fabulous Fab », est retrouvé en bordure d’un jardin public. L’autopsie révèle qu’il a été abattu à bout portant d’une balle derrière la tête. Fait étonnant, l’arme utilisée par l’assassin est un pistolet japonais datant des années 1940.

Pour quelles raisons cet héritier d’un empire de presse régionale – au bord de la faillite – a-t-il été tué ? Et par qui ? Un mari jaloux – l’homme était coureur -, des investisseurs mécontents ? Ou un fantôme du passé au courant de quelques lourds secrets de la famille Kerbrian du Rescouet ? Sous la pression d’un procureur carriériste, les policiers de la PJ explorent de multiples pistes.

En même temps, Victor Boudreaux, l’ancien lanceur de marteau devenu détective privé, enquête sur un trafic d’oeuvres d’art volées dans les églises. Ce faisant, il dérange le microcosme local, qui n’aime pas les vagues. D’autant que se profilent les élections municipales…

 

Mon avis

Après La mort fait mal et Le rosaire de la douleur, le lecteur retrouve avec plaisir Victor Boudreaux, ancien lanceur de poids, brute épaisse, partisan d’une justice expéditive et détective privé à ses heures.

Le meurtre est commis dans une petite ville de province Saproville-sur-mer, il faut noter que Michel Embarek est très friand de noms évocateurs, (Sapro-ville comme Saprophage).

L’enquête de Boudreaux oscille entre meurtre, trafic d’oeuvres d’art, corruption, politiciens véreux et journaleux revanchards.

L’écriture est très imagée, c’est un réel plaisir.

 

Extrait:

Ce crime constitue la pièce supplémentaire d’un puzzle criminel. Le sel de la profession. Autre chose que d’écouter des heures de conversations codées entre dealers benêts tout étonnés de trouver des argousins au rendez-vous des go-fast chargés de shit remontant d’Espagne. Autre chose que d’éplucher la comptabilité grossièrement maquillée de petits patrons roulant sur l’or des abus de biens sociaux. Ah, ils ont bonne mine, les scénaristes télé, les polardeux avec leurs tueurs en série habités par Saint Psychopathe et pourchassés par des experts en astro-profilage diplômés de l’université de Bourlemoule-Gogos. Dans la plupart des cas, le bouleau se borne à coincer des têtes de nœud dotés du quotient intellectuel d’un cancrelat. Après deux heures d’interrogatoire, ils s’affolent telles des serpillières, dépités de voir leurs ambitions crapuleuses converties en numéro d’écrou.

 

Sur la table du salon, Edgar Ouveure fait glisser le Glock M 21, enveloppé dans un T-shirt de l’Armée du Salut, en direction de Victor qui l’osculte d’un œil soupçonneux. Il ne sous-estime pas l’efficacité de l’arme, mais sa modernité autant que sa médiocre esthétique le consternent.

-     l’extrême-onction ne ressemble plus à rien, médite-t-il en soupesant le pistolet en matériau composite. À côté de ça un Colt .45, un Makarov et même un .38 Smith & Wesson prennent des allures d’objets d’art. Et quand ils crachent, pfuuu, les grandes orgues, la cathédrale…

-     Ce truc dit la messe tout pareil. On est simplement passé du bénédicité au béni des cités.

-     Dans ce cas, effectivement, « je vais fumer ta race » sonne mieux que « ad pâtres, sacripant! ». Tu as les chargeurs?

 

Edgar Ouveure, le fondu des renseignements intérieurs, lui a préconisé de fouiller du côté des anciens d’Indochine. Un de ses informateurs se souvient avoir tripoté une arme semblable en Extrême-Orient dans les années 1970. Ouveure… Un sniper aussi habile à tirer les ficelles pour son compte qu’à fourrer le dawa sur son passage. Évidemment, les gars de la PJ ont sondé les rares et à moitié liquides survivants de Dien Biên Phu. Peau de balle.

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